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L'entreprise Yuesheng, spécialisée dans la fabrication de chaussures
2008-12-22 10:45:15 cri

Le Fujian, une province côtière du Sud-Est de la Chine, n'est séparé de l'île de Taiwan que par un détroit, le détroit de Taiwan. Une proximité géographique qu'on retrouve également dans les traditions. Beaucoup de Taiwanais sont ainsi originaires de cette province du Fujian.

Parmi eux, il y a Wang Jiankun. Depuis qu'il est jeune, son rêve était de pouvoir aller un jour sur le continent et d'y fonder sa propre entreprise. Un rêve qui est aujourd'hui devenu réalité. Il a ainsi réussi à créer sa propre entreprise de chaussures à Fuzhou, la capitale du Fujian. Des chaussures qui rencontrent un relatif succès sur les marchés étrangers. Découverte aujourd'hui de Wang Jiankun et de son histoire.

La Chine, avec son histoire vieille de plus de 5 000 ans, possède aujourd'hui une des cultures les plus riches du monde. Le patrimoine culturel chinois est également très important. Un patrimoine dont la majeure partie se trouve aujourd'hui sur le continent et attire des millions de visiteurs chaque année. Wang Jiankun est l'un d'eux.

« J'avais toujours envie de revenir dans ma patrie. Depuis les années 80, cette envie est devenue de plus en plus forte. Je me suis dit qu'un jour j'allais sûrement y retourner. Et très vite, dix ans après, en 1990, mon rêve s'est réalisé. »

Dans les années 90, la partie continentale de Chine a commencé petit à petit à ouvrir sa porte à Taiwan, tout en lançant des mesures en faveur des entrepreneurs taiwanais. Les échanges culturels et économiques entre les deux rives se sont alors multipliés très rapidement. Wang Jiankun et son ami, un autre entrepreneur taiwanais, ont alors décidé de se rendre à Shenzhen, qui fut la première ville chinoise où la politique de réforme et d'ouverture a été appliquée. Wang Jiankun avait alors moins de 40 ans.

« Je suis venu sur le continent chinois en 1990. Durant les trois premières années qui ont suivi mon arrivée, j'ai accumulé beaucoup d'expériences... Sur comment créer une usine, ici, sur le continent chinois... Sur comment vendre ses produits à Taiwan... Sur comment transporter nos produits jusqu'à Taiwan, qu'on devait alors faire transiter par Hong Kong... »

Après sa création, l'entreprise s'est développé très rapidement... Un succès que Wang Jiankun dit attribuer à deux personnages historiques qu'il respecte beaucoup. Le premier, c'est Mao Zedong. L'autre, c'est Wang Shenzhi, un gouverneur militaire de la province du Fujian, qui a vécu au XXe siècle. Deux personnages qui, par leurs pensées, assure Wang Jiankun, l'ont beaucoup aidé à réaliser ses objectifs.

Dans la vitrine du bureau de Wang Jiankun, on peut ainsi voir plusieurs statuettes de Mao. Certaines en porcelaine blanche. D'autres en porcelaine multicolore. Il a même une série de statuettes qui sont aujourd'hui presque introuvables sur le marché. Wang l'assure, il a souvent recours à la pensée de Mao Zedong dans la gestion de son entreprise. Pour lui, deux pensées de Mao, au niveau de la gestion, l'ont beaucoup aidé pour gérer son entreprise. La première, c'est, comme disait Mao et comme le rappelle Wang, en matière de gestion, il faut toujours établir une distinction entre les questions prioritaires et celles qui le sont moins. Il faut bien analyser le problème et, finalement, essayer de trouver une solution pour le résoudre. Et puis deuxièmement, deuxième « pensée » : en matière de gestion, il faut toujours combiner fermeté et flexibilité.

En 2003, on se rappelle, une épidémie de Sras ravageait le continent chinois. L'entreprise de Wang, elle-aussi, a été aussi touchée par l'épidémie et s'est retrouvée dans une situation difficile. Il a rapidement été contraint de trouver une solution. Et face au chômage technique qui devenait inévitable, il a, au lieu de fermer l'usine, eu une autre idée. Celle de donner une formation à tous ces salariés brusquement désoeuvrés. Une idée qui est venu à Wang, encore une fois, rappelle-t-il, de Mao. Mao, rappelle-t-il, arrivait toujours à surmonter les difficultés grâce à son courage et à son intelligence. Parce que, comme disait Mao, il y a toujours plus de solutions que de problèmes.

« J'ai profité de cette période de chômage technique pour renforcer la formation de mes salariés. Comme ça, je n'ai pas perdu mon temps et je savais que j'aurai une équipe plus dynamique lorsqu'on reprendrait le travail »

Oui, Wang a aussi appliqué un diction chinois qui dit qu' « on ne perd pas son temps, quand on aiguise son outil ». C'est exactement ce qu'a fait Wang avec son entreprise. Ça a permis de créer une base plus solide pour son futur développement.

L'autre personnage historique qui a beaucoup influencé Wang, c'est Wang Shenzhi, un fonctionnaire local de la dynastie des Tang, qui, à l'époque, a lancé de nombreuses mesures pour protéger l'environnement et surtout pour choisir des collaborateurs uniquement en fonction de leurs compétences professionnelles. Un Wang Shenzhi qui attachait également beaucoup d'importance à l'éducation ou encore aux travaux d'aménagement qui avait trait à l'hydraulique... Il a gardé l'image de quelqu'un qui prenait des mesures uniquement pour le bien du peuple. Il avait également, dit-on, de nombreuses qualités : intelligence, tolérance, sagesse... C'est comme ça qu'il a su gagner l'amour et le respect de la population. Et plus d'un millénaire après, Wang Jiankun le considère encore comme un exemple à suivre.

Et Mme Yin, la responsable du service comptabilité de l'entreprise Wang, va même jusqu'à penser que son patron a les mêmes qualités que cet ancien fonctionnaire :

« C'était il y a deux ans... On a commis une grave erreur dans le travail, et cela a risqué de faire perdre plus d'un million de yuans, environ 100 000 euros, à notre société. On avait très peur. Mais contrairement à ce qu'on craignait, notre patron ne nous a pas licencié, même pas critiqué. Pas la moindre punition. On en était très ému, et on trouvait alors que notre patron était vraiment quelqu'un de bien. »

En l'espace de quelques années de travail, Wang Jiankun a pu accumuler beaucoup d'expérience en matière de production, de gestion ou encore de vente. Son entreprise s'est alors développée sans heurts. Tout en profitant de son réseau relationnel et après des études approfondies du marché, Wang et ses employés ont réussi à produire des articles qui répondent au mieux aux besoins des consommateurs. En espace de trois ans, le chiffre d'affaire a été triplé, et les effectifs ont été portés de 300 à 2 000 personnes. Tandis que Wang Jiankun, dans le même temps, était élu à deux postes. Celui de vice-président de la Fédération de l'industrie et du commerce du district de Jin'an, dans la province du Fujian. Et celui de vice-président de l'Association d'investissement des entrepreneurs taiwanais.

Mais Wang Jiankun est un éternel insatisfait, et malgré les succès qu'il a obtenu, il garde la tête froide. Son objectif reste de faire de son entreprise une entreprise dont les produits plaisent aux consommateurs de tous les pays et puisse conquérir tous les marchés étrangers.

« Notre entreprise est une entreprise dont les produits partent à l'export et nos produits se sont vendus non seulement aux Etats-unis, mais aussi au Canada ces dernières années. Nos ventes se développent très vite, à l'image du nom de notre entreprise « yuesheng », qui signifie « avancer en sautant ».»

2007 aura été une année cruciale dans le développement de l'entreprise. C'est cette année-là qu'est née la série de chaussures de sport « Shaq », en référence à Shaquille O'Neal, le joueur de basket américain. Une série de chaussures qui a été conçue et fabriquée avec l'équipementier sportif chinois Li Ning. Une série avec laquelle les deux entreprises ont réussi à conquérir le marché américain, puisque les chaussures de cette marque se trouvent actuellement dans plus de 20 000 boutiques de chaussures aux Etats-Unis. Chaque année, plus de 10 millions de paires s'y vendent. Et ceux qui s'intéressent au basket et en particulier au championnat NBA connaissent certainement Shaquille O'Neal. Par contrat, l'actuel pivot des Phoenix Suns ne peut ainsi porter en public que des chaussures de la marque. Chaque année, l'entreprise lui fournit donc la bagatelle de 300 paires de chaussures !

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