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Lenovo, un des trois premiers fabricants mondiaux de PC à l'heure actuelle
2008-12-22 10:08:47 cri
« Sans imagination, que deviendra l'homme ? »... Cette question, ce n'est pas moi qui la pose... C'était tout simplement l'ancien slogan d'une entreprise informatique chinoise qui en l'espace de 20 ans se sera développée de manière tout à fait impressionnante. Cette entreprise, c'est Lenovo. Un des trois premiers fabricants mondiaux de PC à l'heure actuelle. Partenaire des Jeux olympiques durant deux éditions. L'entreprise qui a racheté en 2004 la branche ordinateurs personnels de IBM...

Une grosse machine, donc, dont la rapidité de développement étonnante est à mettre au crédit de la politique de réforme et d'ouverture, au crédit des employés du groupe, mais également de son fondateur et ancien patron, Liu Chuanzhi, aujourd'hui âgé de 64 ans.

Un homme qui, aujourd'hui, dans cette matinée ensoleillée de l'automne 2008, est en train de méditer sur un contrat d'investissement de plus de 10 millions de dollars. Mais il y a trente ans, en 1978, la première année de la politique de réforme et d'ouverture, que faisait Liu Chuanzhi ?

« Qu'est-ce que je faisais ce jour-là ? Je ne m'en souviens bien sûr pas. Peut-être que j'étais en train de jouer au poker avec des collègues à l'heure des exercices de gym, pendant la pause. Pourquoi on était comme ça ? Parce qu'à l'époque, c'était le début de la mise en application de la réforme et de l'ouverture. Quelle direction il fallait prendre ? Qu'est-ce qu'il fallait faire ? On n'en était pas très sûrs... Mais chacun de nous avait ses propres rêves. »

Le gouvernement chinois lançait alors une nouvelle ligne directrice, en affirmant, je cite que « la science et la technologie sont des forces productives ». C'était lors de la Conférence nationale sur la science et la technologie.

Une idéologie qui s'est traduite assez rapidement par des mesures concrètes. Plus d'une centaine d'entreprises spécialisées dans les hautes technologies ont alors été créées dans un quartier de Beijing. Le quartier de Zhongguancun, sorti de terre pour l'occasion, a permis de redynamiser un secteur alors en berne.

Et surtout, cette nouvelle idéologie a fortement marqué les consciences. Traditionnellement, le secteur publique était gage de sécurité et personne, ou presque, n'osait lancer sa propre entreprise.

Jusqu'à ce qu'en novembre 1984, quelques employés de cet institut décident finalement de créer leur propre entreprise. Une entreprise qui s'appelait alors très sobrement la « société de développement des nouvelles tecnologies de l'institut informatique de l'Académie chinoise »... Un de ces pionniers, c'était Liu Chuanzi, qui, à l'époque, malgré les risques, a quitté le confort du travail à l'Institut pour une aventure autrement plus risquée...

« Malgré tout ça, il n'y a pas eu beaucoup de personnes comme moi qui pensaient qu'il y avait véritablement des opportunités importantes à saisir. La plupart des gens ont choisi de continuer à travailler à l'institut. Parce qu'ils estimaient qu'on y était bien payé en tant que chercheur, et qu'on pouvait y avoir un bel avenir. Devenir scientifique, c'était devenu un rêve pour beaucoup de jeunes. Les enfants étaient studieux, à l'école, pour pouvoir atteindre ce but. Il y avait très peu de gens qui pensaient qu'il fallait utiliser, transférer les résultats scientifiques et technologiques qu'on obtenait en force productive à travers la création d'entreprises. »

Mais malgré les ambitions et les efforts de Liu Chuanzhi, les débuts de l'entreprise n'étaient pas faciles. La première difficulté de l'entreprise : trouver les moyens de la faire fonctionner :

« Le manque de moyens, c'est le plus gros problème qu'on ait rencontré, à l'époque. Notre institut n'a accepté d'investir que 200 000 yuans pour démarrer l'entreprise. Pas mal de personnes pensent que 200 000 yuans est une grosse somme. Mais imaginez seulement qu'à l'époque, notre "outil de production"?un ordinateur, coûtait déjà 70 000 yuans. Avec les moyens qu'on avait, on ne pouvait donc en acheter que trois. Et le plus malheureux, dans l'histoire, c'est que nous avons été escroqués de 140 000 yuans un peu plus d'un mois après la création de l'entreprise. »

Pour que les produits Lenovo puissent bénéficier le plus rapidement possible à la société chinoise, Lenovo a cherché à maîtriser tous les maillons de la chaîne, de la conception au service après-vente, en passant par la production et la vente. Une méthode qui a permis à Lenovo de réellement être compétitif et d'être présent sur un marché très concurrentiel.

En moins d'un an, par exemple, Lenovo a réussi à modifier le système de langage de l'ordinateur, de l'anglais au chinois, l'a mis sur le marché, et en a tiré des profits immédiats, l'année même de sa commercialisation.

Dans les années 90, dopé par un secteur recherche particulièrement actif, le développement de l'entreprise a atteint des sommets. Et surtout, il n'est pas passé inapperçu.

A l'époque, presque toutes les multinationales en réussite appliquaient la même recette, en trois étapes : d'abord la conception, puis la production et la vente. Mais après plusieurs enquêtes et analyses, Liu Chuanzhi, qui n'avait alors pas encore beaucoup d'expérience, a estimé que les conditions n'étaient pas encore mûres pour Lenovo. Il a donc décidé de prendre une nouvelle initiative en lançant une autre stratégie de développement pour l'entreprise. Une évolution tout en douceur, qui entendait tout d'abord apprendre des autres entreprises, et qui fonctionne, comme l'explique Liu Chuanzhi, à l'inverse du schéma « conception-production-vente » évoqué plus haut.

« Quand l'économie de marché a commencé à s'appliquer en Chine, nous avions pour tâche de rechercher la clientèle. Donc pour savoir ce que voulaient nos clients, nous étions obligés de nous lancer tout de suite dans le commerce. Au début, nous étions agents commerciaux pour des sociétés étrangères, tout en apprenant à faire des études de marché. Petit à petit, on a compris ce que c'était que le développement du marché, la vente et le service après-vente. Et aussi ce que voulait vraiment notre clientèle. Au bout de quelques années, on a eu une bonne connaissance du marché et on avait accumulé assez de fonds. Ensuite, nous avons commencé à construire des usines, à lancer des programmes de recherche sur les nouvelles technologies en la matière. Donc on a fait d'abord de la vente, puis de la production, et enfin de la conception, pour ensuite réembrayer sur la vente.

Grâce à un secteur innovation particulièrement actif, Lenovo a connu un développement rapide. En 1998, le millionième ordinateur Lenovo sortait des usines. Andrew Grove, le PDG d' Intel, le fabricant de circuit intégrés américain, a assisté personnellement à la cérémonie et a décidé de conserver l'ordinateur dans le musée Intel, qui se trouve à Santa Clara, en Californie.

Dans le même temps, Lenovo lançait un logiciel nommé Happyhome. Un logiciel avec lequel même les utilisateurs débutants pouvaient facilement maîtriser l'ordinateur. Un produit Lenovo qui a permis de faire grimper la part de marché de l'entreprise à 14,4%.

C'est à cette époque qu'a été créé à Beijing la première boutique Lenovo du pays. Depuis, c'est un gigantesque réseau qui a été constitué. Et les succès de l'entreprise ont fait prendre confiance à Liu Chuanzhi. En 2002, alors qu'il participait à la XVIe Assemblée populaire nationale, en tant que député et représentant du Parti communiste chinois, Liu Chuanzhi déclarait d'un ton humourisque, je cite, que « quand l'économie se développe, les gens ont davantage les moyens de s'acheter un ordinateur. Donc la XVIe Assemblée populaire nationale représente beaucoup de choses pour Lenovo ».

En l'espace de 20 ans, Liu Chuanzhi aura occupé de nombreux postes : chercheur, entrepreneur, fondateur du plus grand fabricant chinois d'ordinateurs...

Mais en 2002, il a décidé de se retirer petit à petit de la direction du groupe Lenovo, au profit de Yang Yuanqing. Il a alors décidé de rester un peu plus dans l'ombre, en étant tout simplement président du conseil de surveillance, puisque c'est lui qui possédait alors le plus d'actions de l'entreprise.

« Après la XVIe Assemblée populaire nationale, le pays s'est encore davantage engagé dans la voie de l'économie du marché. Toutes les entreprises ont été encouragées à poursuivre leurs recherches sur la question de comment mieux gérer une entreprise dans le contexte qui prévalait alors. La gestion est un élément très important si on veut développer les entreprises. »

Cinq ans après cette XVIe Assemblée populaire, en 2007, Lenovo suivait encore la courbe de développement de l'économie chinoise, en affichant une progression ultra rapide. Cinq ans en l'espace desquels Lenovo est devenue une véritable multinationale, en rachetant en 2004, pour un montant de 1,75 milliards de dollars, la branche ordinateurs personnels de l'américain IBM.

Un rachat que nombre d'éditorialistes des journaux occidentaux ont interprété comme un signe important : la Chine, à ce moment-là, pour eux, commençait à véritablement avoir une vision globale du marché international.

« J'ai l'impression que Lenovo se développe toujours au diapason de l'économie chinoise, voire de la politique chinoise. »

Liu Chuanzhi prononce ces quelques mots l'air posé. Ses yeux regardent le quartier de Zhongguancun, à travers la fenêtre de son bureau. Les rayons d'un soleil très brillant se reflètent sur un panneau de publicité Lenovo tout proche du siège de l'entreprise...

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