v  Département françaisv Radio Chine Internationale

 
Culture

 
Tourisme

 
Panorama

 
Economie

JO de Beijing
Accueil | Actualité | Dossiers spéciaux | Apprenons le chinois | Radio en ligne | Services | Chine ABC
Où en est l'éducation des enfants de la campagne?
2007-09-27 10:10:44 cri
D'autant que ce sujet est plutôt d'actualité puisque, depuis la dernière rentrée du printemps, en mars dernier, les enfants des zones rurales de Chine sont censés être exemptés de frais de scolarité pour le parcours éducatif obligatoire long de 9 ans. Bref, plutôt une bonne nouvelle pour des dizaines de milliers de foyers ruraux, comme celui de Wang Xiaojing, dont le fils unique est inscrit en primaire. Elle vient d'un petit village reculé au fin fond de la province du Shandong, au sud de Beijing.

« Depuis le printemps, nous sommes exemptés de frais de scolarité. Du coup, ça fait plus de 200 yuans de moins à débourser par an. Ce qui nous soulage pas mal. Avec cette somme d'argent, je peux acheter d'autres choses pour mon fils, du matériel de sport ou des livres extra-scolaires, par exemple. »

Il y a deux ans, les autorités chinoises avaient promis d'exempter les frais de scolarité concernant l'instruction obligatoire dans les campagnes, ce qui devait profiter aux 150 millions d'enfants ruraux. Un changement considérable, puisque si l'instruction gratuite et obligatoire est un principe de base du système éducatif chinois, il faut tout de même payer des frais de scolarité, comme les manuels, les cahiers, etc.

Et tout cela peut coûter 200 yuans par an, ce qui, dans certains cas, représente un véritable poids pour les familles les plus pauvres. Au point que certaines se retrouvent obligées d'emprunter de l'argent pour s'acquitter des frais de scolarité de leur progéniture, tandis que, plus souvent, d'autres préfèrent dans ce cas garder leur enfant auprès d'elles et renoncer à son instruction.

Pour remédier à cette situation, la Chine a commencé l'an dernier à exempter de frais de scolarité les enfants inscrits dans les écoles primaires des zones rurales du grand ouest du pays. Une politique étendue cette année à l'ensemble des zones rurales du pays. Selon Zhou Ji, le ministre chinois de l'Education, cette mesure devrait apporter un soutien conséquent aux familles rurales :

« Nous avons calculé que, grâce à cette politique, les élèves de primaire devraient être exemptés de 140 yuans par an, et les collégiens devraient bénéficier d'une réduction des frais de 180 yuans. »

Par ailleurs, l'Etat a promis de mettre gratuitement des manuels à disposition des enfants défavorisés et de soutenir les pensionnaires démunis à travers une série de subventions. D'après les statistiques, environ 200.000 élèves qui avaient dû suspendre leur scolarité ont pu reprendre la route du pensionnat.

Malgré tout, dans un pays om subsistent d'aussi grandes disparités entre villes et campagnes comme la Chine, tout le monde ne peut pas bénéficier de ressources éducatives de qualité. Infrastructures vétustes, budgets inexistants, pénurie d'enseignants, tous ces problèmes sont bien réels, et ne se règlent pas par le simple coup de baguette magique d'une subvention. Une situation que connaît bien quelqu'un comme Wang Yue'e. Elle est en effet directrice d'une école primaire située dans une zone reculée de la province du Hubei, au centre-est de la Chine. Ce qu'elle déplore par-dessus tout, ce sont les conditions devenues intolérables dans lesquelles doit se faire l'enseignement.

« Le taux de scolarité chez nous dépasse déjà 90%, mais il existe des difficultés pour le pensionnat. Dans notre cas, les élèves sont pensionnaires et habitent à l'école dès la première année, mais nous n'avons pas de budget pour construire les infrastructures nécessaires comme des cuisines, des toilettes, ni même pour nous procurer des couverts? Tout cela nécessite au moins plusieurs centaines de milliers de yuans. »

Mais cette année, les inquiétudes de Wang Yue'e ont retenu l'attention des autorités. A commencer par celle du premier ministre chinois, Wen Jiabao.

en effet, dans un discours prononcé au début de l'année, il a annoncé une augmentation des investissements pour soutenir l'éducation obligatoire en zone rurale et rendre plus équitable l'accès à l'instruction pour les enfants.

« Nous allons verser cette année un total de 223,5 milliards de yuans pour l'éducation obligatoire en zone rurale, c'est-à-dire 39,5 milliards de yuans de plus que l'an dernier. Le gouvernement central va attribuer 10 milliards de yuans durant le onzième plan quinquennal pour le réaménagement des écoles rurales, et les autorités locales devront, pour leur part, augmenter aussi leurs investissements en la matière. »

Voilà pour le volet matériel. Reste encore le volet humain : une école toute neuve n'a aucun sens si on n'y trouve pas d'enseignant. C'est le sens d'un programme selon lequel beaucoup de diplômés universitaires sont affectés dans les zones rurales, tandis qu'une formation plus exigeante doit être fournie aux instituteurs et professeurs qui enseignent à la campagne. C'est ce que confirme le directeur des services de l'éducation de la province du Yunnan, en Chine du sud, He Tianchun :

« Nous sommmes plus exigeants lors qu'on recrute des professeurs et on met davantage l'accent sur leur formation. Depuis l'an dernier, nous avons organisé des stages, en profitant de leurs périodes de vacances. Nous organisons pour eux des tournées pour les sensibiliser aux différents types de cours, par le biais des organisations populaires ou des associations. Et nous invitons des professeurs qualifiés à donner des cours en zone rurale pour servir d'exemple. »

Une autre piste suivie, c'est celle de l'informatique. En 2004, un programme d'enseignement primaire et secondaire à distance a été lancé. De sorte que les enfants perdus au fin fond d'une campagne peuvent suivre les cours de professeurs reconnus par l'intermédiaire de l'ordinateur ou d'un réseau satellite et télévisé. Li Xiang, un élève en cours moyen à l'école de Huizhai, dans la province du Guangdong, au sud-est de la Chine, est sorti de sa timidité pour nous donner ses impressions :

« C'est un peu comme un film... Il y a l'image, le son, c'est joli et c'est intéressant à regarder. »

Un projet qui devrait désormais être réactualisé puisqu'à la fin de l'année 2007, toutes les écoles primaires et les collèges devraient bénéficier d'un accès à la télévision par satellite et tous les établissements du secondaire seront censés être équipés d'au moins une salle informatique. Le but, c'est que les enfants des zones rurales reçoivent le même niveau d'instruction que leurs camarades des villes. Un point jugé absolument fondamental par les autorités chinoises dans leur lutte pour un rééquilibrage du niveau de développement entre zones urbaines et zones rurales.

Sur le même sujet Commentaire

  • Interviews
  • Information
  • Contactez nous |