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Quel genre de serpent utilise-t-on pour le ''bouillon au 5 serpents'' ?
2007-09-20 14:01:11 cri
Une auditrice française, Marie-Reine GREMBLEWSKI, a fait preuve d'une certaine curiosité au plat du serpent qu'on a évoqué « Quel genre de serpent utilise-t-on pour le ''bouillon au 5 serpents'' ? Sont-ce des serpents venimeux comme la vipère ? Et comment réalise-t-on cette recette ? Je pose cette question car en France, on ne consomme pas de serpents ; bien au contraire, c'est un reptile qui me tétanise, au même titre que les lézards. J'ai la phobie des serpents. Est-il vrai, également, qu'en Chine on fait des brochettes avec les souris ? Merci pour vos éventuelles reponses. »

La réponse est oui, les souris, les serpents, les chrysalides... Tous ces ingrédients, que la plupart de gens trouvent répugnants, peuvent se manger dans la province de Canton. C'est d'ailleurs pourquoi les autres chinois se moque gentiment des Cantonnais en disant qu'ils mangent tout ce qui est sur terre sauf la table, et tout ce qui vole dans l'air sauf les avions. Mais à leur décharge, il faut tout de même savoir que ces habitudes culinaires assez bizarres sont en fait dues à la situation climatique et géographique de Canton :

Le climat très chaud et très lourd du lieu fait monter la température interne de chacun. On dit souvent qu'ils attrapent plus facilement des boutons sur le visage, qu'ils ont une haleine pas très fraîche ou qu'ils souffrent d'insomnies. Alors ils ont donc adopté l'habitude de recourir à ces types d'ingrédients excentriques qui, selon eux, auraient des vertus curatives et apaisantes.

Par ailleurs, les conditions géographiques de la région de Canton ne sont pas favorables à la culture du blé et du riz. Il y a eu dans l'histoire des pénuries de nourriture, et cette situation s'est aggravée à la suite de la venue d'immigrés en provenance du nord du pays. Logique, donc, qu'ils cherchent à manger un peu de tout, parfois de tout et n'importe quoi. Et c'est ainsi que cette tradition culinaire s'est forgée au fil des années.

Aujourd'hui, nous n'allons de toute façon pas remettre en cause ces habitudes millénaires, et on va plutôt s'intéresser à ce fameux bouillon aux cinq serpents et à son mode de préparation. Comme son nom l'indique, il y a vraiment cinq sortes de serpents, à savoir le serpent corail, banded krait (ou bungale annelé), le serpent d'eau, le cobra royal et la couleuvre aux cent fleurs. Cinq espèces de serpent qui sont toutes venimeuses. Il n'en resta pas moins qu'on dit ici que la viande de serpent est beaucoup plus onctueuse et savoureuse que celle du poulet.

Mais alors, comment prépare-t-on ce plat si original ?... Il faut d'abord enlever la tête et la peau des serpents. Les émincer ensuite en fines lamelles et les faire cuir à feux doux. On y incorpore alors un émincé de poulet et une soupe à base de poulet et de chrysanthèmes, et on obtient alors ce bouillon aux cinq serpents.

En général, les Cantonnais utilisent de la sauce soja pour faire revenir les serpents à feu doux. Mais aujourd'hui, la fondue de serpent devient ces dernières années de plus en plus populaire. En fait, la tradition veut qu'on mange surtout la vésicule biliaire du serpent, et pas tant la viande elle-même, et ce essentiellement pour des raisons thérapeutiques : la vésicule aurait un effet important sur les rhumatismes, elle améliore la vue et joue un rôle fortifiant sur les corps faibles. Ou en d'autres termes, comme le disent les Cantonnais, elle dissipe la chaleur interne.

Il y a déjà 2000 ans, le serpent servait déjà de nourriture aux habitants des régions du sud. Mais les serpents qu'ils consommaient étaient Ces serpents étaient des animaux assez gros et - il faut le dire - un peu stupides. D'où une grande facilité pour les attraper. Les gens de l'époque trouvaient cette viande tendre et succulentes et, par le bouche-à-oreille, on l'a vite retrouvée sur la table des plus riches gourmets.

Et les Cantonnais ont donc hérité de leurs ancêtres cet appétit particulier pour les reptiles. A la différence près qu'ils ne mangent ces plats qu'au restaurant, car personne n'ose vraiment ramener cinq serpents vifs et venimeux chez soi pour les préparer? Car au-delà du savoir-faire culinaire, c'est un plat qui demande beaucoup de technique et une certaine dose de courage.

Reste que cette tradition suscite des controverses. Selon la loi chinoise, tous les serpents peuvent être servis et mangés ici, à l'exception du boa. Mais à cause de la baisse du nombre du serpent, et surtout avec l'irruption du SARS en 2003, le pays a mis en place des règlements visant à interdire la consommation de certains animaux sauvages.

En fait à l'échelle mondial, pas mal d'animaux sauvages sont menacés de disparition à cause des insatiables caprices des papilles humaines, comme le gorille, la baleine, etc. Mais aujourd'hui, dans le monde, on commence à prendre conscience de la nécessité de vivre en harmonie avec la nature. Alors c'est peut-être l'heure de changer certaines habitudes, non ?

Quelques précisions sur cet animal « terrible » pour beaucoup de gens : on compte dans le monde plus de 3000 espèce de serpents, dont 170 se trouvent en Chine.

Comment peut-on distinguer un serpent venimeux d'un serpent inoffensif ? Vu de l'extérieur, le premier porte souvent des ornements très vifs sur le corp, sa tête est petite et de forme triangulaire, et ses dents sont décorés de crochet. Et il aime plutôt sortir dans la nuit.

Mais en fait, le serpent n'est pas aussi effrayant que ça. On peut rappeler qu'il est très utilisé en médecine et en pharmacie. Sa viande, sa vésicule biliaire ou ses oeufs, entre autres, peuvent devenir d'excellents remèdes. Il suffit de le connaître un peu mieux et on a moins de peur de lui.

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