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La vie au naturel d'un village de l'ethnie dong
2009-03-19 10:16:46 cri
Ethnie dont l'origine remonte à 2 500 ans, les Dong constituent 31,5 % de la population locale. Connue pour avoir « des coiffures à la mode des Tang, le sens de l'habillement des Song et des maisons du style des Ming et des Qing », la région a été profondément influencée par la culture de cette ethnie.

Peu après être arrivés à Kaili, chef-lieu de la préfecture Qiandongnan, nous avons entendu dire que le Guizhou « n'a pas plus de 3 m2 de terrains plats et n'a jamais 3 jours de beau temps d'affilée ». C'est dans cet esprit que nous nous sommes dirigés vers la région des Dong, en empruntant une route sinueuse de montagne et au milieu d'une bruine qui, de temps en temps, se transformait en orage et même en grêle. Puis, arrivés à proximité de la rivière Duliu, les maisons en bois des Dong ont fait leur apparition dans les collines.

Les Dong construisent leurs villages sur les pentes méridionales des collines, près des rivières et au milieu des sapins et des banians. La brume matinale qui se dégageait de la rivière couvrait de son manteau la moitié des collines ? y compris les maisons ? créant une scène féerique. Les Dong accueillent chaleureusement leurs invités et leur offrent du thé ou de l'alcool.

Un village moyen de l'ethnie dong se compose de 100 à 200 ménages. Au centre du village, on trouve une petite place, une tour du Tambour et une scène. C'est là que la communauté tient toutes ses activités publiques, comme celle qui aide les jeunes à trouver une âme s?ur.

Dans les villages dong, la tour du Tambour est le bâtiment le plus important. Elle peut être carrée, hexagonale ou octogonale et avoir de cinq à treize étages. Elle est ornée de nombreux avant-toits. Ce qui est le plus étonnant, c'est que ces structures en bois sont érigées sans aucun clou. Autrefois, s'il y avait une urgence ou un événement important, on battait un tambour géant en peau de b?uf. Les villageois se rassemblaient alors sur la place pour recevoir les instructions du chef de clan. De nos jours, la tour sert de lieu de réunion pour les hommes qui causent près du feu, tout en tirant quelques bouffées d'une longue pipe traditionnelle.

Le pont du Vent et de la Pluie est une autre caractéristique des villages dong. Avec ses piliers en pierre, ses travées en bois et ses pavillons à avant-toits, c'est une merveille à regarder. Les gens disent que sa conception complexe est basée sur la géomancie. Connu également comme le pont aux Fleurs en raison de ses peintures complexes, le pont est en tout temps un lieu de rendez-vous pour les villageois qui s'y réunissent pour bavarder, prier ou chanter.

Après avoir quitté la préfecture Qiandongnan et conduit sur la route nationale 321, nous sommes arrivés au village de Darong, dans le district de Congjiang. Une rangée de huttes sur pilotis et sans fenêtres qui se dressaient le long de la route, a été la première chose qui a attiré notre regard. Chacune avait environ 5 m de long et une porte minuscule à doubles verrous. Les enfants qui jouaient à proximité nous ont dit que ces huttes étaient des granges où les villageois entreposent la moisson de l'année. Les pilotis ont été conçus davantage pour se prémunir contre les rats que pour décourager les voleurs.

Quand nous sommes entrés dans le village, d'autres enfants, toujours curieux, nous ont immédiatement entourés. Le chahut a fait sortir quelques femmes de leur maison, et celles-ci ont semblé ravies de nous voir. Elles portaient des manteaux courts fendus du côté gauche et un pantalon ample, noir ou bleu ? les couleurs traditionnelles des Dong. Les poignets et les tabliers étaient brodés de motifs de fleurs très brillants. Quand ils ont remarqué notre caméscope, les enfants se sont bousculés pour tenter de voir leur hameau par le viseur.

Le village de Darong est construit en trois paliers dans la montagne. Pour notre part, intrigués par le bruit d'un coup de canon, nous nous sommes rendus au palier inférieur du village. Assis à une dizaine de tables rondes placées dans une clairière, les gens semblaient se régaler. Dès que nous sommes arrivés, à chacun de nous, l'hôte a offert un siège et une tasse d'alcool maison, et ce, sans demander qui nous étions ou d'où venions. Puis, il nous a tendu un plat de nourriture prise directement d'une grosse marmite.

Suivre l'étiquette de la vie urbaine aurait été considéré comme faire des manières par les Dong; nous avons donc gentiment accepté ce festin. Tous les aliments et les boissons avaient été préparés par les familles locales, y compris les boulettes de riz glutineux, le vin de riz et les légumes marinés. Les aînés étaient assis aux tables centrales, tandis que les plus jeunes convives les entouraient. Une chose nous a paru étrange : les femmes et les enfants semblaient avoir été exclus de la fête. On nous a dit que les jeunes hommes du palier inférieur du village avaient invité les filles du palier supérieur à une fête de chants en canons et que, selon la coutume, ils avaient organisé ce dîner pour les garçons du palier supérieur.

Le lendemain, le palier central a accueilli ce gala de chants. Les filles s'étaient levées à la pointe du jour pour se faire belles, et entre autres, se coiffer. L'aide de la mère est cruciale. Quand la robe de gala est mise, les cheveux des filles qui tombent jusqu'à la taille sont enroulés en chignon et ornés d'une rangée de parures en argent. Couronnes, colliers, rubans, bracelets sont ajoutés jusqu'à ce que le « processus d'embellissement » soit complété. Cet assortiment de parures augmente considérablement le poids de la personne.

Cette tâche d'embellissement était à peine terminée que trois salves résonnaient dans la vallée. Les « blindées d'argent » sont alors sorties de chaque ruelle et se sont dirigées vers la place de la tour du Tambour, faisant tinter et résonner leurs parures par leur course.

Le village au grand complet s'était rassemblé sur la place pour célébrer l'un des événements les plus importants du calendrier dong ? le rituel du passage à la maturité. Les villageois plus âgés flânaient autour, tout en bavardant et en fumant. Des pétards ont été lancés au bruit des battements de tambour et de gong, et les jeunes hommes et jeunes femmes ont fait un cercle autour d'un feu, en se tenant les mains. Puis, tous ont exécuté la Caigetang, une danse traditionnelle. Cette danse était autrefois une commémoration d'une héroïne de l'Antiquité, mais maintenant elle est exécutée lors de chaque événement important. Pendant que les danseurs tourbillonnent, avançant et reculant tour à tour, les parures argentées des filles tintent et scintillent dans le miroitement des flammes.

Après la danse, les filles ont occupé la place centrale pour présenter Le Chant des Dong. À ce moment-là, la soprano soliste se tient au centre du groupe et entonne chaque verset. Les filles du ch?ur ? réparties selon la tonalité de leur voix ? soutiennent la voix pénétrante de la soprano et y font écho. Alors que ces jeunes femmes chantent sans aucun accompagnement instrumental, leurs voix suaves semblent venir directement du Ciel.

Depuis des siècles, c'est par des chansons que les Dong ont légué leur culture et leur histoire. C'est une tradition qui, pour eux, est antérieure à l'écriture. Les chants solennels sont ceux qui sont présentés lors des célébrations et des événements importants par des groupes, sans accompagnement musical. Les chansons plus courantes sont fredonnées par les gens en effectuant leur tâche domestique, et habituellement, mais pas toujours, sous l'accompagnement d'instruments musicaux. Le Chant des Dong est considéré comme l'un des airs les plus doux en Chine. En juillet 2006, un ch?ur d'enfants dong s'est vu décerner le premier prix aux IVes Jeux mondiaux des ch?urs à Xiamen. Ce prix international est venu s'ajouter aux six récompenses nationales déjà remportées auparavant.

Malgré toute la reconnaissance, même internationale, cet héritage vocal est malheureusement menacé d'extinction en raison du manque de chanteurs doués. Étant donné que la plupart des adultes vont dans les villes pour trouver du travail, ce sont des adolescents qui doivent être recrutés pour chanter et danser lors des cérémonies traditionnelles.

En quittant le village de Darong, nous avons fait monter dans notre voiture une jeune fille dong qui faisait de l'auto-stop pour rentrer dans son village. Elle était très différente de celles à qui nous venions tout juste de dire au revoir. Elle vivait en ville depuis trois ans, portait des jeans serrés, des talons hauts et avait les cheveux teints. Elle se démarque sûrement des villageois de son patelin. Quand nous lui avons demandé si elle assistait à de telles célébrations traditionnelles, elle a souri de façon ambigüe, sans rien dire.

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