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Guoliang
2009-02-05 21:35:06 cri
Guoliang (province du Henan) est encore un peu difficile d'accès, mais il suffit d'aimer voir du pays, comme on dit. La première partie du voyage, depuis Beijing, peut se faire facilement en train de nuit jusqu'à Xinxiang (Henan). Puis, pour s'y rendre, c'est via Huixian, et il faut compter sur les minibus qui font fréquemment la navette en près de trois heures.

Avant d'arriver dans la région des monts Taihang, c'est la plaine de la Chine du Centre qui domine, égale à elle-même, c'est-à-dire bourdonnante d'activités. Au moment de notre passage, les habitants des petits villages semblaient tous occupés à la même activité : faire sécher le maïs au soleil. Très souvent, un côté de la route y était même entièrement consacré, et notre autobus devait zigzaguer pour trouver un passage entre les vélos, les camions, les piétons et ces grandes étendues de maïs jaune or qu'on semblait traiter avec autant d'égards que ceux que l'on témoigne au métal précieux auquel elles font penser. Tout cela était très beau, mais je me sentais encore bien loin des gorges profondes et des rochers escarpés dont on m'avait parlé?

Ce n'était que partie remise! Peu de temps après, les énormes masses rocheuses des monts Taihang se dressaient devant nous et l'autobus allait commencer son escalade par une petite route en lacets. Crainte et émerveillement, c'est ce qui nous envahit dans de telles routes où, pratiquement à chaque tournant, le chauffeur doit klaxonner pour signaler l'arrivée de son véhicule à celui qui va peut-être se pointer en sens inverse. Heureusement, ce jour-là, il n'y avait pas trop de voitures. Arrivés sur place et bien installés dans une auberge de campagne, nous allions profiter d'un plaisir tout simple pour le reste de la journée : l'air pur et les sentiers de la montagne environnante. La visite du tunnel était prévue pour le lendemain.

Et nous voilà repartis! Après une autre route en lacets, elle aussi asphaltée, l'autobus a atteint une route caillouteuse qu'il n'arrivait à gravir que très lentement. Tout à coup, à 120 m du fond d'une gorge, le premier orifice du tunnel est apparu au milieu de la falaise de roc rouge. C'est à pied que nous allions traverser ce tunnel de 1,3 km de long, 6 m de large et 4 m de haut.

La route y zigzague; tantôt il fait sombre, tantôt la clarté entre par des « fenêtres » rondes ou carrées grossièrement taillées à différents intervalles. La plupart des visiteurs marchaient à la queue leu leu, choisissant de raser la falaise ou de longer l'autre côté, celui des ouvertures, pour immortaliser le panorama à couper le souffle : une gorge d'une profondeur abyssale, des falaises de roc qui semblent inébranlables (sauf pour quelques parties qui donnent l'impression d'être toutes prêtes à se détacher au moindre séisme), une chute d'eau qui ose se précipiter d'une telle hauteur et, haut perché, le village de Guoliang.

L'endroit est d'une grande beauté, mais il y a plus : la réflexion que suscitent le courage et la détermination des constructeurs de ce tunnel. En lisant le récit de leur exploit qui est relaté sur un panneau érigé à la sortie du tunnel, on apprend que c'est en 1972 que Shen Mingxin a réussi à convaincre douze de ses pairs de vendre leurs chèvres et des herbes sauvages pour s'acheter des pics et des pelles en vue de creuser un tunnel. Des milliers de tonnes de roc plus tard, le tunnel allait être ouvert officiellement en mai 1977, mais non sans qu'un de ces valeureux paysans y ait perdu la vie. Une stèle est justement érigée pour commémorer son décès.

Pour Guoliang, le tunnel ne constitue pas seulement une voie d'accès au monde extérieur; il lui apporte aussi une certaine renommée. Depuis son ouverture, des équipes de tournage ont immortalisé ce village aux ruelles et maisons en pierre, et les touristes commencent à y affluer. Toutefois, il est facile de constater que malgré leur « nouvelle vie », les villageois n'ont pas changé grand-chose à leur façon de faire de jadis. Le modernisme n'y est pas encore au rendez-vous.

Peu de temps après mon arrivée en Chine, j'avais lu une fable relatant l'histoire de Yu Gong, un vieillard de 90 ans que l'on traitait de fou parce qu'il voulait déplacer une grosse montagne qui lui obstruait la vue quand il se trouvait dans sa maison. Découragé par à peu près tout le monde de concrétiser ce projet, il n'avait toutefois pas cédé, rétorquant plutôt que s'il ne pouvait finir lui-même son ouvrage, ses descendants se chargeraient sûrement de le faire. Cette fable servant à illustrer la détermination m'avait alors paru assez invraisemblable. Or, aujourd'hui, après ma visite à Guoliang, je ne suis plus certaine qu'elle le soit autant...

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