v  Département françaisv Radio Chine Internationale

 
Culture

 
Tourisme

 
Panorama

 
Economie

JO de Beijing
Accueil | Actualité | Dossiers spéciaux | Apprenons le chinois | Radio en ligne | Services | Chine ABC
Le Sanxingdui mystérieux
2008-12-11 19:22:51 cri
Un jour de 1929, un agriculteur du nom de Yan qui labourait son champ, venait de découvrir, sans le savoir, une partie d'un trésor archéologique inestimable. Cette découverte, réalisée par hasard, ainsi que les fouilles et les recherches durant les décennies qui ont suivi, ont permis d'attester que ce village, Sanxing, était, il y a 5000 ans, la capitale de l'ancien pays de Shu, qui a duré durant deux millénaires. Avec les civilisations du Fleuve Yangtsé et du Fleuve jaune, la civilisation de Sanxingdui complète l'histoire de la civilisation chinoise.

Le village de Sanxing, littéralement le « village trois étroiles », se situe dans la province du Sichuan, au Sud-Ouest de la Chine. Un village calme qui a perdu sa quiétude sitôt les vestiges mis à jour. Un musée a été construit, et l'endroit est désormais plus devenu un site archéologique qu'un véritable village.

Qiu Xueqing, la guide du musée de Sanxingdui, rappelle que ce site se trouve sur le 30e parallèle Nord. Et pour elle, ce n'est pas un hasard.

« Le long du 30ème parallèle Nord se trouve aussi le mont Everest, la civilisation Maya, ou encore le triangle des Bermudes. Ils sont tous mystérieux. C'est leur spécificité commune. Et au Sud-Ouest de la Chine, le Sanxingdui est lui également un ancien pays qui présente les objets les plus riches, la durée la plus longue, la culture la plus variée de cette région qui est aujourd'hui la province du Sichuan. »

D'après les résultats des fouilles, il y a environ 3000 ans, cette ancienne ville, très développée, a été abandonnée brutalement. Et la civilisation de Sanxingdui s'est éteinte.

Mais il y a quelques années, la découverte des ruines de Jinsha, en banlieue de la ville de Chengdu, dans le Sichuan, a apporté des éléments intéressants : le style des objets retrouvés là-bas et celui de ceux retrouvés à Sanxingdui se ressemblent. La civilisation de Jinsha, qui est apparue, selon les estimations, environ 500 ou 1000 ans après celle de Sanxingdui, est considérée, en quelque sorte, comme la continuation de cette dernière. Certains spécialistes pensent donc que les habitants de Sanxingdui se sont tout simplement déplacés à Jinsha.

Innondation ? Guerre ? Epidémie ? Pourquoi le site de Sanxingdui, après 2000 ans, a-t-il été abandonné ? Plusieurs hypothèses existent. Pourtant, faute de vestiges et de textes historiques, l'abandon de Sanxingdui reste inexplicable pour beaucoup.

Et l'étude des objets retrouvés dans les ruines de Sanxingdui ne donne pas davantage d'explications. Les questions, au contraire, sont encore plus grandes. Pour la guide, Qiu Xueqing, les objets les plus intéressants sont les bronzes. Ils représentent des personnes aux grands yeux et aux arêtes de nez élevées. Certains bronzes sont tout à fait étonnant d'ailleurs, car ils représentent des visages qui n'ont rien d'oriental. Parmi ces bronzes, il y a notamment un véritable trésor, conservé précieusement par le musée. Un masque en bronze. Selon la légende, il s'agirait de celui du premier roi de l'ancien pays de Shu.

« Voilà le plus grand masque en bronze du monde. Ce bronze est un trésor national, et il est très particulier. Vous voyez son visage, c'est très spécial. Ses yeux, sous forme de cylindres, sont bombés. Et ses globes occulaires sont en forme de losanges. Ses oreilles sont grandes et pointues. A cause de ce visage très particulier, les visiteurs l'appellent « Qianliyan » et « Shunfeng'er » en chinois. Ça fait référence à deux personnages légendaires. Le premier pouvait voir très clairement, et le deuxième pouvait entendre de manière très précise. »

Monsieur Humbert-Droz est un touriste français. Ce qui l'intéresse particulièrement, c'est un arbre en bronze, le « Tongtianshu ». Littéralement « l'arbre qui peut gratter le ciel ». Il trouve cet objet particulièrement étonnant.Les objets qu'il a vu avaient été exposés en France. Même s'il savait très bien que la Chine a une longue histoire, c'était tout de même pour lui une grande surprise de voir ces bronzes étonnants.

Cet arbre en bronze, d'une hauteur de 3,6 mètres, suscite, on l'a entendu, l'admiration de ce touriste français. Les Chinois de l'époque pensaient en fait que l'arbre représentait le cosmos. Pour eux, les fruits sur l'arbre en bronze étaient le soleil, la lune et les étoiles. Les explications de la guide, Qiu Xueqing :

« Parmi tous les bronzes du musée, cet arbre était le plus difficile à fabriquer. C'est aussi la pièce dont la fabrication est la plus fine. Sa forme est unique au monde, tout comme les techniques de moulage de cet arbre. Un bronze aussi grand ne peut pas être fabriqué d'un seul coup. Pour le moulage, il y a eu plusieurs étapes. En tout, on a découvert huit arbres en bronze. Et deux ont été restaurés. On a consacré trois ans à la restauration de cet arbre. »

Les techniques très fines mises à part, cet arbre montre également la connaissance qu'avait les anciens Chinois du monde et du cosmos. Ao Tianzhao, le conseiller du musée, est âgé de plus de 70 ans. Ça fait plus de 50 ans que ce chercheur étudie le site. A travers ses recherches, dit-il, il pense que le gouvernement de l'époque avait une particularité. Il alliait royauté au sens propre et autorité religieuse. Sanxingdui, selon lui, était un centre religieux.

« Selon les bronzes qui ont été retrouvés, l'unité et la gouvernance de l'ancien pays de Shu reposait sur le culte de la nature, des ancêtres et du totem. Il est possible que de grandes cérémonies religieuses aient été organisées très souvent. Elles attiraient les tribus de différents cultes. »

En un mot, les bronzes de Sanxingdui sont les témoins de la finesse de la fabrication de l'époque. Mais les bronzes ne constituent pas les uniques vestiges qui ont été retrouvés. De nombreux objets en ivoire ou même en coquillage ont été retrouvés. Un autre mystère, pour les spécialistes. Car les conditions géographiques et climatiques du Sichuan ne permettent normalement pas à des éléphants de vivre ici. D'où vient donc l'ivoire ? Et évidemment, le Sichuan n'étant pas une province côtière, d'où viennent les coquillages ? Début d'explication avec la guide, Qiu Xueqing :

« Selon certains scientifiques, l'ivoire est arrivé par la Route de la Soie du sud. Les 5000 coquillages retrouvés peuvent aussi avoir été transportés dans le Sichuan par cette route commerciale. Tout cela montre la grandeur du réseau commercial de l'ancien pays de Shu, qui avait atteint le Moyen-Orient et le sud de l'Asie. On peut ainsi avoir une idée du développement du commerce à l'époque. »

Le site de Sanxingdui, qui laisse de nombreux mystères non encore résolus, attire de nombreux visiteurs chaque année. Et certains vestiges ont même été exposés dans d'autres pays du monde. Des bronzes et une culture qui fascinent souvent les touristes étrangers, selon Zhang Jizhong, le vice-directeur du musée.

« La culture ancienne et mystérieuse de Sanxingdui est la plus attirante pour les visiteurs. Et elle est considérée comme le point d'orgue de la civilisation du fleuve Yangtsé. Les bronzes fins sont uniques du monde. Et leur style oriental et particulier attirent tous les visiteurs. »

Sirkka Korela est une touriste finlandaise, qui se dit très impressionnée par les mystères de Sanxingdui.

« L'aménagement de ce musée est particulier. Pourtant, ce sont les bronzes qui sont les plus attirants, en particulier les masques en bronze. Et les arbres et les oiseaux en bronze sont aussi très intéressants. »

Commentaire

  • Interviews
  • Information
  • Contactez nous |