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Hongjiang, sa beauté tient à sa prospérité d'antan
2008-02-19 16:42:59 La Chine au présent
En 1920, cette petite ville montagneuse utilisait déjà l'électricité; en 1925, l'appareil-photo; en 1929, le téléphone; et en 1931, les films muets étaient projetés sur ses écrans de cinéma... Elle profitait de la même vie de luxe que des grandes villes comme Shanghai et Nanjing, les plus prospères de Chine à cette époque. Pourtant, elle se trouve dans l'ouest de la province du Hunan, au creux de hautes montagnes aux cimes escarpées.

La ville de Hongjiang n'est pas très connue aujourd'hui, mais elle a été prospère au cours de l'histoire. Il y a plus de 3 000 ans, elle donnait sur une grande voie continentale commerciale donnant accès à l'océan Indien, à la mer d'Arabie, à la mer Rouge et à la Méditerranée. Durant les dynasties des Han (206 av. J.-C.--220 apr. J.-C.) et des Tang (618-907), elle était un des maillons les plus importants de la route de la Soie pour la Chine du Sud-Ouest. Pendant les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911), elle a été l'une des premières régions de Chine où les germes commerciaux du capitalisme ont commencé à pousser.

Une rivière, gage de richesse

M. Ruan Mingyi, 76 ans, se tient debout devant le port Litouzui. Autrefois, c'est ce port qui était le plus animé de Hongjiang. Il dit : « Il y a 60 ans, ici, on ne voyait que des trains de bois, on ne voyait pas l'eau, et que des bateaux, pas la rivière. Tous les jours, il y avait de l'animation! »

Le port Litouzui se trouve sur la rivière Yuanjiang, un affluent du Yangtsé. Selon les registres, à l'apogée de sa prospérité, cette petite ville d'une superficie de 4 km2 comptait 48 ports.

En tant qu'affluent du Yangtsé, la rivière Yuanjiang sert d'importante voie fluviale pour que des villes du Sud et du Centre de Chine aient un accès aux provinces du Yunnan, Guizhou et Sichuan (en Chine du Sud-Ouest). Ainsi, située en bordure de la Yuanjiang, Hongjiang est naturellement devenue un grand bourg commercial.

Un commerçant de la dynastie des Qing avait décrit Hongjiang : « Une myriade de lumières scintillant dans la ville et un bourg colossal ». À cette époque-là, la ville n'avait que 37 600 habitants, mais 15 000 faisaient du commerce.

Dès 17 ans, M. Wang Tiande a travaillé dans un chantier naval, et après sa retraite, il a réparé des bateaux de pêche au bord de la ri-vière. Il déclare : « À cette époque-là, les bateaux fabriqués par les gens de Hongjiang étaient très connus. Chacun d'eux avait quatre ou cinq ponts, et lorsque quelques dizaines étaient réunis, le tout ressemblait à un village flottant. Quel spectacle magnifique! » À cette époque, les gens de Hongjiang qui faisaient du transport fluvial devaient rester à bord pendant un ou deux mois. Ils avaient donc tout préparé : instruments de musique, alcool, thé, pipe à opium, accessoires de jeu, etc. Sur le pont supérieur, il y avait un carré de légumes, un poulailler et des canards...

Trois secteurs -- le bois, l'huile d'abrasin et l'opium -- faisaient prospérer la ville

M. Yang Peicheng, septuagé-naire, est issu d'une famille riche qui faisait le commerce du bois. Il a bien connu la prospérité du commerce du bois d'alors. Ce qui l'impressionnait le plus, c'était que, une fois par année, la famille des Yang devait déplacer des trains de bois vers Nanjing ou Shanghai. Selon les souvenirs de M. Yang, à cette époque, un train de bois mesurait 30 m de long, 6,6 m de large et avait de 3 à 5 couches d'épaisseur. Quand un commerçant de bois avait à faire naviguer de tels trains, il devait engager une dizaine de bateliers et deux administrateurs qui se chargeaient, l'un, de la navigation, l'autre, du contrôle de la qualité du bois et de la gestion. Quand les trains de bois couvraient entièrement la rivière, on n'avait pas besoin de prendre le bac entre les deux rives, car on pouvait marcher directement sur ces étendues de bois. Il est facile d'imaginer la prospérité du commerce du bois d'alors. Les gens d'affaires de Hongjiang ne se limitaient pas à seulement faire le commerce du bois : ils transformaient également la matière première pour s'enrichir encore plus. Les métiers liées à l'huile d'abrasin constituent un exemple probant.

L'huile d'abrasin de Hongjiang est un bon enduit antiseptique et antimites. Depuis les dynasties des Ming et des Qing, en s'appuyant sur sa qualité et l'abondance de sa production, cette huile était très bien accueillie sur le marché de la région côtière du Sud-Est, et même à l'étranger. Le secteur lié à l'huile d'abrasin a été le premier parmi les secteurs piliers de Hongjiang.

À l'époque contemporaine, au fur et à mesure que le transport routier et ferroviaire a connu un essor, la supériorité de la localisation de Hongjiang s'est perdue peu à peu et son commerce a décliné.

Les vestiges de la ville ancienne

Hongjiang conserve encore son aspect des dynasties des Ming et des Qing. En effet, elle a préservé 17 bureaux de journaux, 23 banques privées, 34 écoles, 48 scènes de spectacle, ainsi que plus de 50 maisons de prostitution, 60 fumeries d'opium, 70 restaurants, 80 auberges, une cen-taine d'ateliers, un millier de boutiques et 380 maisons à étages appelées yinziwu. Ces dernières servaient à la fois de commerce et de résidence.

Hongjiang était une ville commerciale, et son plan architectural était peu ordinaire. Elle possédait des fonctions commerciales et résidentielles. Les yinziwu ressemblent à un enclos avec des maisons autour d'une cour. La plupart sont de l'un des trois types suivants : deux cours et des maisons à un étage; deux cours et des maisons à deux étages; trois cours et des maisons à deux étages. Lorsqu'il y a un deuxième étage, une passerelle relie le sud et le nord. Le toit est incliné vers l'intérieur et la cour carrée fait entrer la lumière et l'air.

Se dressant à flanc de montagne, ces maisons étaient construites en brique, en pierre et en bois et n'utilisaient aucun clou en fer. Pourtant, elles sont restées solides pendant des centaines d'années. Les portes et les fenêtres étaient pratiques, et on portait attention à l'utilisation rationnelle de l'espace. La plupart des yinziwu étaient des constructions closes, à deux étages. Au rez- de-chaussée, c'était la boutique; à l'étage, l'entrepôt; et au deuxième, la résidence.

Les architectures les plus splendides de Hongjiang étaient les maisons du foyer de l'Association des compatriotes. Mentionnons, entre autres, le Palais pacifique (la maison de la guilde Baoqing). Son portail commémoratif, sculpté à partir d'une énorme pierre complète, est particulièrement imposant. À la fin des Ming et au début des Qing, pour se lier d'amitié avec les membres de leur clan et défendre l'intérêt des compatriotes, des commerçants venus d'autres régions y ont fondé successivement des maisons du foyer de l'Association des compatriotes. C'est durant la République de Chine (1912-1949) que cette vogue a atteint son apogée. Hongjiang a alors accueilli des commerçants et autres gens venus d'une vingtaine de provinces et de districts, et le nombre de maisons du foyer de l'Association des compatriotes approchait 130. Selon les souvenirs des personnes âgées de Hongjiang, la maison du foyer de l'Association des compatriotes la plus luxueuse était celle du Guizhou, car elle faisait le commerce de l'opium. Les colonnes de la maison étaient fabriquées de pierres géantes complètes, et son portail était richement orné de dragons et de phénix, ce qui lui donnait un aspect imposant.

M. Liu Huiwu, 79 ans, est le fils de Liu Yongtai qui était le patron de la Maison de commerce Yongtai. Il est un témoin direct de la grandeur et du déclin de Hongjiang. Dans sa jeunesse, il a fait différents métiers, et il connaît bon nombre d'histoires de la ville. Aujourd'hui, il rédige des histoires et des récits de conteur.

Liu Yongtai était la personne la plus riche de Hongjiang. On dit que la famille des Liu chargeait des navires d'opium du matin au soir, et qu'après avoir vendu de l'opium, elle échangeait des boîtes de pièces d'argent. Toute la ville pouvait entendre le cliquetis des pièces d'argent après 21 h.

Selon les anciens, la famille des Liu a connu la décadence à la suite d'un incendie survenu en 1934. Par la suite, quand le patron Liu Yongtai a été kidnappé par des bandits, les gens se sont rués vers la banque pour récupérer leurs billets de banque émis par la Maison de commerce Yongtai. Ce fut un coup mortel pour cette famille.

La vie actuelle

Aujourd'hui, Hongjiang compte plus de 2 000 foyers, et la plupart des habitants sont des vieillards et des enfants. Les jeunes sont partis travailler ailleurs.

Mme Dong Hongmei, 59 ans, est la fille du patron du port de Hongjiang, et son mari, Yang Yun, est le fils d'un commerçant de bois. À présent, ce couple gagne sa vie en opérant un bac qui appartient à une compagnie de navigation, et les deux s'occupent à tour de rôle de manier la perche. Ceux qui traversent la rivière sont des paysans qui vont acheter des légumes. Un aller-retour ne coûte qu'un yuan. Ce couple habite dans une yinziwu de la ville.

Parce que ses parents l'ont aidé, leur fils aîné a investi 120 000 yuans pour construire un bateau qui fait le trajet de la flotte de Hongjiang d'alors. Ce bateau transporte le bois de Hongjiang vers les provinces du Jiangsu et du Zhejiang. Quand il revient, il ramène des marchandises à Xiangtan, aussi dans la province du Hunan. Il continue d'utiliser le mode d'exploitation et le trajet des anciens commerçants de Hongjiang.

Il y a l'école de la famille des Gao. Autrefois, cette famille avait ouvert une école privée dans cette cour.

Le maître actuel de cette école est M. Nie. Il y exploite une auberge. Il ne fait pas de publicité pour cette auberge, car il ne reçoit que des clients présentés par des amis. Au rez-de-chaussée, des deux côtés de la salle de réception, il y a les chambres d'hôte. M. Nie habite en haut. La pièce latérale, qui sert elle aussi de chambre d'hôte, a 4 m de haut. La fenêtre n'est pas grande, de sorte que la chambre est sombre. Quelques meubles centenaires de différentes époques sont disposés en ordre et créent une ambiance de dignité. C'est un lieu qui permet de relaxer et qui attire bon nombre de touristes.

Les enfants de M. Nie ne vivent plus avec leurs parents. cet homme est très chaleureux et peut accompagner les hôtes pour une promenade dans les rues de la ville. Il leur présente alors les us et coutumes locaux et les invite à participer à un dîner offert par ses amis. Il semble avoir ouvert cette auberge pour s'occuper, plutôt que pour gagner de l'argent.

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