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Voyage dans d'autres mondes
2007-06-07 14:39:23 La Chine au présent
Shijiazhuang, ce n'est pas le premier choix de la plupart des voyageurs, mais pour quiconque veut sortir des sentiers battus et de la foule des sites renommés, les environs de la capitale provinciale du Hebei offrent des sites agréablement surprenants.

Moins de trois heures de train permettent de quitter le monde animé de Beijing et d'arriver à Shijiazhuang, le monde de la province, encore différent de celui de la capitale, même s'il aspire fort à y ressembler.

Aujourd'hui, cette ville n'a plus l'importance stratégique d'autrefois, sauf celle d'être un carrefour important de communication ferroviaire; certains disent même que son économie tire de l'arrière par rapport à d'autres villes sous sa compétence administrative. Toutefois, ses alentours offrent un riche témoignage de son influence passée, ce qui ne peut que ravir les amateurs de culture et de vestiges historiques.

Cette ville emmurée, située à seulement 18 km de Shijiazhuang, est le point de mire de la région. En plus de ses remparts, elle offre des pagodes, temples et portails qui témoignent de la culture religieuse qui y prospère depuis plus d'un millénaire. Fait important, Zhengding est l'un des berceaux de l'école zen du bouddhisme, appelée Chan en Chine.

Son temple le plus célèbre est le temple Longxin ou temple du Grand Bouddha, dont la construction remonte à 586. Dans la salle Dabei, son bâtiment principal, se dresse une statue en bronze de Guanyin aux mille mains. C'est le c?ur et le symbole du temple Longxin. En fait, cette statue de 21,3 m de haut, taillée en 971, comporte 42 bras, et chaque main tient un instrument rituel qui symbolise le pouvoir de sauver toutes les créatures vivantes de leurs souffrances. Un escalier permet au visiteur d'avoir accès à des galeries qui entourent la statue et qui en donnent une vue splendide de très près sur toute sa hauteur, et même de haut en bas.

D'autres ?uvres d'art sont également dignes de mention : une sculpture en bois du corpulent Bouddha Maitreya, appelé Bouddha avec un sac, populaire durant la dynastie des Jin (1115-1234); une sculpture colorée de Guanyin, dans une posture appelée lalitasana, qui a été taillée durant les Ming (1368-1644) et qui est un chef-d'?uvre des sculptures colorées en Chine; un bouddha à deux faces en bronze (l'une est Amitabha et l'autre le bouddha de la médecine) assis sur une base en bois; et finalement, une statue de Maitreya, datant des Song (960-1279), qui a été taillée à partir d'un seul tronc d'arbre provenant du mont Wutai, un célèbre mont bouddhique en Chine.

On ne peut manquer d'être ébahi à la vue du Tripitaka (collection de sutras bouddhiques) tournant du pavillon Zhuanlunzang. C'est une énorme bibliothèque octogonale tournante. Fabriquée en bois, elle a 6,9 m de diamètre et est ornée de deux avant-toits. On dit que c'est le plus ancien Tripitaka tournant en bois de Chine. Il mérite vraiment son titre de « petit ouvrage précieux en bois de la dynastie des Song ».

Au temple Kaiyuan, trois sites sont des incontournables pour le visiteur : le campanile, la pagode Xumi et l'énorme pixiu, un genre d'animal mythique qui porte habituellement une stèle sur son dos. Le pavillon à deux étages servant de campanile est le seul exemple existant des campaniles de la dynastie des Tang (618-907). En son centre se trouve un puits rond, situé juste au-dessous d'une grosse cloche en bronze, suspendue du deuxième étage; le puits joue un rôle de résonance pour cette cloche ayant 2,9 m de hauteur, pesant près de onze tonnes et dont le son peut être entendu à des dizaines de kilomètres à la ronde.

La pagode Xumi est un exemple des pagodes en brique du début des Tang. Construite en 636, c'est la plus ancienne pagode de Zhengding. Avec ses 48 m, c'est aussi la plus haute. Avec son architecture toute simple, elle évoque la Petite Pagode de l'Oie sauvage, à Xi'an.

Le pixiu, qui semble accroupi depuis toujours sur les terres du temple Kaiyuan, n'y séjourne en réalité que depuis l'an 2000. Cette année-là, ce gigantesque animal en pierre a été déterré dans une rue de Zhengding où l'on procédait à des travaux de réfection.

La pagode Lingxiao du temple Tianning est également un ouvrage des Tang. Construite en 779, cette pagode de 40,9 m en brique et en bois est surnommée la « pagode en bois », en raison de sa structure fabriquée principalement dans ce matériau. Au 5e étage de la pagode, il y a un pilier en bois qui se dresse jusqu'au sommet. Étage après étage, huit piliers secondaires rayonnent du pilier central vers les avant-toits. Cette structure est différente des autres pagodes en bois.

La pagode Hua se dresse sur le site de l'ancien temple Guanghui. Son style indien se démarque vraiment des autres. Elle est décorée de lions, d'éléphants, de bouddhas et de diverses créatures aquatiques. Sa base en brique octogonale est surmontée d'étages circulaires, coiffés d'une structure conique. On dit qu'elle est l'une des pagodes en brique ayant la sculpture la plus raffinée en Chine. À vrai dire, même quand on en a vu plusieurs autres, il est difficile d'être en désaccord avec cette affirmation.

Finalement, la tournée des pagodes se termine par la pagode Chengling du temple Linji, appelée communément la pagode grise. Cette architecture élégante est en brique grise sculptée. Considérée comme l'un des berceaux du bouddhisme zen, la pagode est un haut lieu de pèlerinage pour les bouddhistes japonais.

Avant de quitter Zhengding, il ne faut pas manquer de s'attarder sur ses remparts qui offrent un beau panorama de ces pagodes anciennes qui se dressent parmi les nouveaux édifices et qui donnent à la ville son cachet particulier. Les plus curieux ou ceux qui ont davantage de temps peuvent également admirer les 1 405 caractères chinois inscrits sur la stèle Fengdong qui se dresse près d'un trottoir d'une rue passante. Les experts en vantent l'excellence littéraire ainsi que la vigueur de la calligraphie.

Une deuxième journée dans la région permet de visiter Cangyanshan, une zone pittoresque située à quelque 60 km de Shijiazhuang. Forêts, vallées et falaises parsemées de temples et de pavillons vous y attendent. En été, il est facile de s'y rendre, car des minibus font directement la navette entre Shijiazhuang et la région. Durant la saison morte, le voyage est plus compliqué, car il faut d'abord prendre un minibus qui va de Shijiazhuang à Weishui et de là, en prendre un autre jusqu'à destination. Les plus pressés doivent noter qu'il faut toutefois attendre que ce dernier soit plein (ou bondé!) avant de partir; mais qu'ils se rassurent, en Chine, on n'a jamais à attendre bien longtemps avant que cela ne se réalise (45 min, dans notre cas!).

Cangyanshan est un endroit calme, couvert de cyprès, mais qui s'enorgueillit aussi d'abriter des arbres rares : des bois de santal blancs et des jujubiers à fruits noirs. Mais le plus impressionnant, c'est sans contredit un pavillon à double toit, construit sur un pont à arche de pierre datant de 1 500 ans, lequel relie deux falaises et surplombe donc un précipice. Ce bâtiment bizarre date de la dynastie des Sui (581-618). Voir de ses yeux cet exploit architectural vaut à lui seul le déplacement. Beaucoup de touristes se demandent comment les ouvriers ont bien pu réussir à construire ce pont. Le secret tient dans l'ingéniosité des ouvriers. On dit que, durant l'été et l'automne, ils auraient empilé des troncs d'arbres dans le précipice jusqu'à ce que cet amas eut atteint la hauteur désirée. Puis, l'hiver venu, ils auraient arrosé ces troncs d'arbres pour qu'ils se figent dans un immense banc de glace, ce qui leur aurait permis de construire le pavillon. Au printemps, ils auraient alors enlevé les troncs d'arbres pour ne laisser place qu'au pont? et aux nombreuses questions qu'il suscite! Les visiteurs peuvent atteindre ce palais suspendu après avoir gravi quelque 300 marches. La montagne offre également d'autres sites d'intérêt (quoique moins spectaculaires), ce qui garantit une belle journée dans la nature.

Le pont Zhaozhou

Il y a longtemps que je voulais examiner de près le pont Anji, ou Zhaozhou, qui enjambe la rivière Jiao depuis 1 400 ans, car c'est le plus vieux pont encore en usage en Chine. C'est aussi le premier pont à segments (son arc est un segment de cercle au lieu d'être un demi-cercle complet) à avoir été construit dans le monde. En effet, son plus proche rival, le Ponte Vecchio de Florence, a 800 ans de moins. Le séjour à Shijiazhuang était donc l'occasion idéale de m'y rendre, puisqu'il est situé à Zhaoxian, à 40 km au sud-est de la capitale provinciale.

Stèle présentant la construction du pont Anji.

Premier constat : l'environnement bucolique du pont, tel que je l'avais vu dans les livres, a quelque peu disparu et a été remplacé par un grand parc aménagé donnant accès au pont et pour lequel on exige un droit d'entrée relativement élevé de 35 yuans. Il faut croire que la restauration et l'aménagement ont un prix!

Deuxième constat : le pont est bel et bien là et ses balustres sont magnifiquement sculptés, mais à tort ou à raison, elles m'ont semblé offrir une apparence de jeunesse, tout comme son tablier d'ailleurs. Je ne sais pas si la blancheur de la pierre calcaire témoigne d'une restauration récente, mais je dois avouer qu'après avoir foulé ce pont, j'avais un peu perdu mes illusions quant à l'image que j'en avais auparavant.

Néanmoins, cette désillusion ne diminue en rien les hauts faits architecturaux de ce pont millénaire. En effet, son arc central, formé de 28 dalles minces recourbées qui sont jointes par des queues-d'aronde en fer, permet au pont de ne jamais s'effondrer, même si un segment de son arc venait à briser. De plus, le pont dispose de deux petits arcs latéraux qui ont deux fonctions bien précises : ils réduisent le poids total du pont d'environ 700 tonnes, ce qui est crucial en raison de son rapport hauteur/travée de 1:5 (la normale est de 1:2) et de la pression que cela induit sur ses butées; puis, en cas de grosses crues, l'eau peut s'engouffrer au travers de ces arcs et réduire la pression sur sa structure. Depuis sa construction, ce pont, conçu par Li Chun, un artisan des Sui, a résisté à dix inondations, huit batailles et à quantité de séismes, dont un de plus de 7,2 sur l'échelle de Richter, en 1966.

Ce pont a été plongé dans l'oubli pendant longtemps, mais sa renommée s'étend maintenant de plus en plus. Le jour de ma visite, les visiteurs ne manquaient pas. Les gens de l'endroit semblent avoir compris la valeur touristique de leur pont. Espérons que ce dernier pourra résister encore longtemps à ses nouveaux assauts : ceux que causent les touristes et la pollution qu'ils engendrent trop souvent.

Transport :

Pour Shijiazhuang. De Beijing, le train T 511 vous y conduit directement.

Pour Zhengding. De Shijiazhuang, prendre le minibus 201 sur la rue Daocha Jie, au sud de la gare d'autocars et de la gare de trains. Départs très fréquents.

Pour Cangyanshan. En haute saison, des autocars y vont directement le matin à partir de la gare Dongfang de Shijiazhuang. En basse saison, de cette même gare, prendre un minibus vers Weishui et y transférer vers Cangyanshan.

Pour Zhaoxian. Prendre le bus 3 de la gare d'autocars Huaxia de Shijiazhuang. À Zhaoxian, prendre un sanlunche (taxi moto à trois roues) pour se rendre au pont. ?LOUISE CADIEUX?

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