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Chao Ke appelle à protéger les langues des ethnies minoritaires en voie de disparition
2009-04-04 20:20:25 cri
Lors des sessions annuelles de l'APN et de la CCPPC, Chao Ke, représentant du peuple à l'APN de Chine a accordé une interview à notre correspondant Mi Xiaosheng. Il appelle à protéger les langues des ethnies minoritaires chinoises qui sont en voie de disparition. Chao Ke est issu de l'ethnie Owenkh, une ethnie qui vit dans la province du Heilongjiang dans le nord-est du pays. C'est un célèbre linguiste des langues des ethnies minoritaires, il parle à la fois l'owenkh, l'orochons, le Dahour, le mongol et le japonais.

Lors des sessions annuelles de l'APN et de la CCPPC, Chao Ke a appelé le gouvernement chinois à établir une zone spéciale pour la protection de la langue et de la culture des ethniques minoritaires, et à investir davantage pour la préservation de la langue et de la culture des ethnies minoritaires dont la population est peu nombreuse.

Selon Chao Ke, aujourd'hui, pas mal d'ethnies minoritaires chinoises comme les Owenkh, les Orochons et les Hotchehs, ainsi que d'autres, se rendent compte que leurs langues sont à présent, touchées par la civilisation moderne, et risquent de disparaître. Il faut donc intensifier la protection de ces langues. Chao Ke s'exprime au micro de RCI :  « Presque toutes ces langues ont une histoire longue de plusieurs centaines d'années voire de plus d'un millénaire. Si elles ont réussi à subsister jusqu'à nous, elles le doivent au développement de leur ethnie. C'est à dire qu'elles sont pérennisées avec la vie et la croyance. L'existence d'une langue, d'une civilisation ou d'une culture est étroitement liée à l'environnement géographique, aux conditions naturelles et à la structure de la société. Alors, dès qu'on perd la langue d'une ethnie, on perd en même temps une civilisation qui pourra pourtant nous témoigner de la spécificité d'une histoire, d'une société et d'un environnement naturel. D'autant plus qu'une telle civilisation ne peut être reproduite. »

Chao Ke se sent pourtant rassuré par le fait que la Chine connaît actuellement un grand développement économique et social. Autrement dit, lorsqu'elle envisage d'intensifier la protection de ses cultures traditionnelles, les langues qui sont en danger subsistent encore.

Pour bien prouver la nécessité de protéger ces langues, Chao Ke nous a cité le cas du portable. Lors d'une enquête qu'il a effectuée, Chao Ke a remarqué que les portables n'étaient qu'en chinois.

Cela est dû à deux problèmes : problème technique d'abord, car les conditions ne sont pas encore réunies pour qu'on puisse concevoir une saisie dans ces langues. Et problème linguistique ensuite, car certaines langues n'ont pas d'écriture. Comme un certain nombre d'éleveurs ne parlent pas chinois, il leur est incapable de composer ou de lire des SMS. Un cas très convaincant pour dire que les sciences et les techniques peuvent entrainer la disparition d'une langue. « Les progrès scientifiques et techniques ont plus ou moins perturbé les langues et les cultures des ethnies minoritaires. Mais, si l'on réfléchit un peu plus, on se rend compte que ce progrès peut jouer un grand rôle pour leur redonner vie, pour les protéger et les pérenniser. »

Et Chao Ke de souligner que le gouvernement chinois, à ces divers échelons, les groupements sociaux, les savants, ainsi que les gens normaux doivent prêter attention à la protection de la diversité culturelle, et adopter les mesures nécessaires en la matière. Lors de la session annuelle de l'APN et de la CCPPC, Chao Ke a appelé le gouvernement à mettre en vigueur les règlements et les politiques qui s'y rapportent, et à établir une zone spéciale pour la protection des langues et des cultures des ethnies minoritaires dès que les conditions économiques et naturelles seront réunies. On écoute une dernière fois Chao Ke : « La zone spéciale ainsi créée sera ouverte à tout le monde, elle sera intégrée dans la société. Elle acceptera toutes les civilisations existantes, sans pourtant être détournée de la sienne. Dans cette zone spéciale, les héritiers culturels doivent bénéficier d'avantages spéciaux. On pourra aussi y construire des musées, des salles vidéo et des halls de démonstration. Tout en accueillant les amis qui viennent de tous les côtés, nous parviendrons à propager notre culture. »

Chao Ke a conclu qu'au fur et à mesure du progrès économique et social, certaines langues et cultures ne peuvent plus répondre aux besoins de leur temps, et sont vouées à disparaitre. Mais, nous devons nous efforcer de protéger les écritures imprégnées de notre croyance et de notre vie.

(Yannine)

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