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Guo Dong, collectionneur d'objets d'art africain
2009-04-04 20:14:08 cri

Le centre d'art « Qiao » - « Qiao » veut dire en français « Pont »-, vient d'organiser à Beijing une exposition d'art africain. La plupart des objets d'art exposés sont fournies par Guo Dong.

Guo Dong a passé 18 ans en Ouganda. Il a passé plusieurs de ces années à collectionner une grande quantité d'objets d'art africain, et travaille pour promouvoir les échanges culturels entre la Chine et l'Afrique.

Lors de l'exposition « L'art primitif et la vie moderne », organisée par le Centre d'art Qiao, quelque 500 objets d'art africain étaient exposés : instruments de musique, articles d'usage courant, et objets d'art religieux. Des objets d'arts qui datent de l'Antiquité à nos jours et qui sont utilisés tant par des nobles que par le petit peuple africain.

On écoute Guo Dong s'exprimer au micro de RCI :  « C'est une très belle occasion de faire connaître l'Afrique aux Chinois. On peut observer de plus près des objets d'art africains, on a alors une sensation tout à fait différente, une sorte de palpitation de vie. Il faut être près pour avoir une telle sensation. »

Guo Dong est aujourd'hui âgé de 45 ans. Il est né à Beijing. Petit enfant, il avait une prédilection pour l'art. Il eut la chance d'apprendre à peindre auprès de grands peintres chinois. Et certaines de ses oeuvres sont à présent, collectionnées par des institutions d'art de pays étrangers.

C'était dans les années 1980 que Guo Dong a noué un lien avec l'Afrique. Grâce à l'application de la politique de réforme et d'ouverture, un nombre croissant d'Etrangers ont pu se rendre à Beijing, pour y étudier, y travailler, voire y vivre.

Guo Dong a fait la connaissance d'étudiants étrangers, dont un en provenance de l'Ouganda. Tous les deux, ils s'entendaient très bien. Son ami lui parlait souvent de ce qui se passe en Afrique : On écoute encore une fois Guo Dong :  « Mon ami africain m'a donné une profonde impression. C'était quelqu'un de très bien élevé. Il me disait que son pays était très beau. Mais, à l'époque tout ce qu'on savait de l'Afrique que c'était un continent très arriéré, très pauvre. Je n'arrivais pas alors à imaginer ce qu'il me disait sur son pays. Dans sa chambre, il me montrait les photos qu'il avait prises de chez lui. Sur ces photos, j'ai découvert que son pays était bien plus beau que ce qu'on pouvait imaginer. Je me suis dit alors que si jamais l'occasion se présentait, je me rendrais en Afrique, pour voir si c'était vrai. »

Dans les années 1990, la Chine a connu une vague de départs dans les pays étrangers. C'était la mode. Guo Dong a alors démissionné de son poste de rédacteur d'un journal, et est aussi parti à l'étranger. Il nous a confié qu'il comptait se rendre en Europe, mais il a fini par s'établir en Afrique, car il voulait vivre des sensations tout à fait différentes :  « Les Chinois sont très respectés en Afrique. Ils m'ont mis très à l'aise et m'ont donné envie d'y rester. Les Africains sont très sympathiques et moi j'ai souvent fait l'objet d'un accueil très chaleureux. On venait me saluer et m'aider. Mon c?ur était le premier à être touché. A l'époque, des enfants de mes voisins étaient mes professeurs d'anglais. Les Africains sont très faciles à aborder, il n'existe aucun obstacle entre nous. Pourquoi me suis-je établi en Afrique ? C'est d'abord à cause de la gentillesse des locaux. »

En Ouganda, Guo Dong a ouvert un petit restaurant chinois. Peu à peu, il est devenu assez réputé dans son coin, et son restaurant s'est vu fréquenté par des Italiens, des Français, et des Britanniques. Ces derniers étaient surpris par le fait que Guo Dong sache peindre. Ils parlaient avec lui d'art et de littérature. Ils l'invitaient aussi chez eux. Et c'est chez ses amis étrangers, il remarquait la présence d'un grand nombre d'objets d'art africains. Peu à peu il s'est épris de l'art africain, vieux, simple et mystérieux. Il a commencé par acheter des petites choses et ensuite s'est mis à collectionner des objets d'art de qualité. Et il n'a pas pu s'arrêter.

Les affaires de Guo Dong sont maintenant très florissantes. Il fait le commerce du sable et du coton. Il s'est aussi lancé dans l'exploitation minière. Ses affaires l'ont mené au Congo Kinshasa, au Soudan, et en Tanzanie, ainsi que dans beaucoup d'autres pays africains, ce qui lui a permis de fréquenter des tribus.

Guo Dong a noué des liens d'amitié avec des locaux. Il s'est fait des amis dans les milieux d'artistes ougandais. Selon Guo Dong, les Africains éprouvent du respect pour la vie et savent puiser des thèmes d'inspiration dans la nature. Et cette simplicité a beaucoup touché Guo Dong. Continuons à l'écouter :  « Les Africains sont toujours heureux. Même une petite cuillère est sculptée. Sur un instrument de musique, ils parviennent à graver d'innombrables dessins. Ils veulent tout embellir, et ce jusqu'à leur corps. Dès que vous les approchez, et que vous voyez la beauté qu'ils créent, vous serez secoués. »

Durant son séjour en Afrique, Guo Dong a récupéré quelque 500 objets d'art africain de valeur, qui couvrent de larges domaines de l'art : Sculpture sur bois ou sur pierre, peinture, textile, métal, poterie, carapace, masque, cuirs, etc. Guo Dong espère que l'art africain, qui a beaucoup inspiré Pablo Picasso, pourra également apporter quelque chose aux artistes et au peuple chinois.

Lors des JO de Beijing en 2008, en partenariat avec le Centre d'art Qiao, Guo Dong a organisé une exposition portant sur les sculptures anciennes des pays africains. Plus tard, il a organisé une autre exposition portant toujours sur les objets d'art africains. Exposition intitulée : « L'art primitif et la vie moderne », qui a lieu actuellement.

Ces deux expositions ont été très bien accueillies par le public. 120 élèves d'une école primaire se sont rendues spécialement à son exposition. En visitant, ils ont fait des reproductions qui ont ensuite été exposées. Tout de suite le témoignage de Guo Dong :  « Toutes les oeuvres réalisées par ces élèves ont été exposées. Vous pouvez voir que tous les masques qu'ils ont peints sont beaux et souriants. Que ce soit leurs instituteurs, leurs parents ou nous les organisateurs, on était très ému. Ils étaient vraiment très bien faits. Je suis sûr que cela aura un effet positif sur leur vie. »

Guo Dong a ouvert à Beijing un café de style africain. Dans un espace grand de 240 mètres carrés sont exposés des objets d'art chinois et africains. Il envisage d'ouvrir à l'échelle nationale des cafés musées pour exposer les objets d'art africains qu'il collectionne. Son plus grand désir actuel est de pouvoir ouvrir dans la Capitale chinoise un musée d'objets d'art africain. On écoute une dernière fois Guo Dong :  « Les Africains pensent qu'ils sont très influencés par la Chine et de ce fait, ils espèrent aussi que davantage de Chinois les connaissent. Si l'on ouvre un musée d'art africain, on fera connaître cet art à davantage de chinois. Alors on pourra dire qu'un jour, on est enfin tout près de l'Afrique. Je crois que le rêve d'avoir un tel musée se réalisera. »

En partenariat avec une quarantaine d'ambassades de pays africains en Chine, Guo Dong vient d'organiser une fête de la cuisine africaine. Il essaie par tous les moyens de promouvoir l'art africain en Chine.

(Yannine)

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