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La peinture chinoise, la valeur montante du marché de l'art
2009-03-24 16:37:47 La Chine au présent

IL y a 30 ans, une peinture chinoise de haute facture réalisée dans les années 1950 pouvait être acquise pour seulement 20 ou 30 yuans. Aujourd'hui, si l'?uvre est bien conservée, elle peut atteindre mille fois, voire 10 000 fois cette somme sur le marché de l'art.

Au début des années 1950, les tableaux du célèbre peintre Qi Baishi (1864-1957) ne se vendaient qu'à 4 ou 5 yuans le chi carré (1 chi carré = 33 cm × 33 cm). Une peinture de 4 chi carrés valait seulement 20 ou 30 yuans. Mais pendant 30 ans, le prix de ses oeuvres n'a cessé d'augmenter. Sur le marché de l'art de Hong Kong, en 1985, la valeur des peintures de Qi Baishi a varié de 300 000 à 1 million $HK. En 1989, elle a atteint 1,2 million $HK et en 1994, 5,17 millions de yuans. En mai 2008, une peinture réalisée par Qi Baishi, à l'âge de 95 ans, a été vendue à 24,64 millions de yuans. Cette inflation des prix est étonnante.

Il en est de même pour les ?uvres des autres grands peintres chinois, dans un contexte de développement du marché de l'art et de flambée des prix. Par exemple, en 2000, les oeuvres de Huang Binghong (1865-1955) étaient estimées à 15 000 yuans le chi carré. Mais en 2003, le prix a atteint 60 000 yuans le chi carré. Son chef-d'oeuvre, Shanchuan woyou tu (Voyage dans les monts et rivières) a été vendu à 6,38 millions de yuans lors de la vente aux enchères en automne 2005, soit près de 400 000 yuans le chi carré.

Très prisées par les collectionneurs et les investisseurs, les peintures de Zhang Daqian (1899-1983) se vendent toujours à un prix élevé sur le marché de la peinture et de la calligraphie. De 1992 à avril 2008, ses oeuvres ont été achetées à 111 800 yuans le chi carré. En octobre 2002, Pocai zhuhe (Lotus en rouge), réalisée par Zhang Daqian en 1975, a été vendue au prix record de 20,22 millions de yuans.

Xu Beihong (1895-1953) est un autre peintre chinois dont les tableaux sont très demandés dans les milieux de l'art. Depuis l'essor de la vente aux enchères en 1993, ses oeuvres n'ont cessé de surprendre. À la fin de 2005, le prix moyen de ses créations a atteint le plus haut niveau depuis cinq ans. Trois de ses oeuvres ayant pour thème des chevaux ont été vendues respectivement à 2,136 millions $HK, 1,08 million $HK et 5,272 millions $HK.

Pourquoi un prix si élevé ? Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. Les peintures de grands maîtres sont devenues de plus en plus rares. Et ces artistes ont laissé leur nom dans l'histoire de la peinture chinoise pour leurs contributions exceptionnelles. Avec le développement économique et social et l'augmentation du niveau de vie, le goût esthétique de la population s'est amélioré. La peinture chinoise a pris de plus en plus de valeur auprès du grand public, et des financements ont afflué vers le marché de l'art. Tous ces facteurs ont fait grimper en flèche le prix des peintures chinoises.

Deux mille ans d'histoire

Sans considérer les peintures primitives, aussi bien rupestres que murales, les origines de la peinture chinoise classique peuvent remonter à la peinture sur soie apparue sous la dynastie des Han (206 av. J.-C.?220 ap. J.-C.), effectuée avec un pinceau et des colorants minéraux. Elle est l'une des peintures les plus anciennes de l'histoire de l'humanité. C'est sous la dynastie des Tang (618-907) que la peinture chinoise a été classée en trois genres selon les sujets traités : peinture de montagnes et eaux (paysage); peinture de fleurs et d'oiseaux; peinture de personnages. La peinture chinoise comporte principalement deux styles : gongbi (style réaliste méticuleux) et xieyi (style elliptique impromptu). Parmi les trois catégories, la peinture de personnages de la Chine et celle de l'Occident se ressemblent. À la différence de la peinture occidentale de paysage, la peinture chinoise de montagnes et eaux ne se borne pas aux limites spatio-temporelles et n'est nullement un art figuratif d'après modèle. La peinture de fleurs et d'oiseaux, typiquement chinoise, a pour sujet tout type de genre, excepté les êtres humains, pour exprimer la vitalité de la nature.

Ayant ses origines dans les fresques religieuses, la peinture chinoise de personnages a connu son apogée sous les Tang et les Song (960-1279) avant de perdre son statut prépondérant. Sous les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911), elle a regagné en popularité, de 1522 à 1911. Après 1950, Xu Beihong et Lin Fengmian en ont été les plus illustres représentants. En empruntant, d'une façon audacieuse, des éléments de la peinture occidentale, ils ont accompli la modernisation de la peinture chinoise de personnages.

Naissant sous les Sui (581-618) et les Tang, la peinture de paysages a atteint sa maturité sous les Cinq Dynasties (907-960). Elle se caractérisait par l'imitation exacte des paysages. Sous les Yuan (1271-1368), la peinture xieyi de montagnes et eaux a connu son essor, mettant l'accent sur l'état d'esprit des peintres par rapport à la période des Cinq Dynasties. Les nouvelles techniques de pinceau et d'encre ont été mises au point à cette époque. Sous les Qing, tandis que les peintres de la cour se montraient très conformistes, certains peintres hors de la cour créèrent des oeuvres plus vivantes et plus expressives en suivant l'exemple des anciens maîtres et en s'inspirant de la nature.

La peinture de fleurs et d'oiseaux a atteint sa maturité sous le règne des Cinq Dynasties. Le peintre de la cour Huang Quan (environ 903-965) prenait des fleurs et des oiseaux rares pour thèmes. Il a su maîtriser le style gongbi et utiliser des couleurs éclatantes pour obtenir des effets remarquables qui caractérisèrent l'excellence de sa technique. Issu d'une famille ancestrale d'aristocrates et refusant d'être fonctionnaire, Xu Xi (dont les dates de naissances et de décès sont inconnues) a mené une vie champêtre. Illustrant des fleurs et des plantes, la plupart de ses oeuvres sont des peintures à l'encre d'une grande simplicité. On l'a qualifié de libre et de rustique. Les styles de Huang Quan et de Xu Xi ont servi de modèles à la peinture de fleurs et d'oiseaux. Le premier a été transmis et développé par les peintres de la cour des dynasties suivantes. Et le deuxième, développé pleinement sous les Yuan, a évolué pour donner naissance à la peinture xieyi sous les Ming et les Qing.

Wu Bing

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