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A l'heure des films du Nouvel An...
2009-03-18 16:13:12 La Chine au présent

A la fin de 2008, presque tous les grands réalisateurs, comme Feng Xiaogang, Chen Kaige, John Woo, Tsui Hark, à l'exception de Zhang Yimou ayant été occupé par la mise en scène des cérémonies d'ouverture et de clôture des JO, ont sorti leur « film du Nouvel An ». À noter l'apparition de la star du kung-fu, Donnie Yen, (ayant joué dans Hero de Zhang Yimou), incarnant le maître de Bruce Lee dans Ip Man.

Auparavant, en Chine, il n'y avait pas de date précise de sortie des films. Parfois, les cinémas fermaient leurs portes pendant la fête du Printemps. En 1995, avec le film Jackie Chan dans le Bronx, sorti au Nouvel An, la star a touché 110 millions de yuans (une somme colossale à l'époque). Pendant la fête du Printemps de 1996, il a récolté près de 100 millions de yuans avec un autre « film du Nouvel An ».

Le cinéaste Feng Xiaogang joue un rôle principal pour garantir les recettes du film.

En s'inspirant du succès de Jackie Chan, en 1997, Feng Xiaogang a réalisé le premier «film du Nouvel An » de la partie continentale de Chine : The Dream Factory. Avant le tournage, la production avait fixé trois conditions préalables : le film doit être réalisé pour le Nouvel An; son genre doit être une comédie à l'eau de rose; tous les rôles doivent être joués, de préférence, par des stars. The Dream Factory a finalement connu plus de succès que Who Am I, interprété par Jackie Chan. Dès lors, les « films du Nouvel An » font recettes auprès des Chinois. Depuis une décennie, un grand nombre de films ont été labellisés « films du Nouvel An », qu'ils soient dignes de porter ce titre ou non. De nombreux producteurs y ont perdu de grosses sommes d'argent, ce qui n'a pas empêché les plus aventureux de continuer à rêver de dépasser les records de recettes des films du Nouvel An. Pendant cette période, certains cinéastes qui méprisaient les films commerciaux se sont adaptés bon gré mal gré au marché. Le fait le plus important est qu'ils ont commencé à penser en fonction du public plutôt qu'en fonction d'eux-mêmes.

En réalité, la plupart des spectateurs veulent éprouver des émotions fortes et des sentiments comme la joie, la colère, la tristesse, l'angoisse, voire le mépris, provoqués par les images (quelquefois trop sensationnalistes), les sons (la musique et les dialogues) et les effets spéciaux, utilisés par les réalisateurs pour mettre à l'épreuve les nerfs du public.

Pendant la saison de la fin de l'année 2008, en plus de la présence des grands réalisateurs, les « films du Nouvel An » ont des références qui ont fini par être respectées. Autrefois, les réalisateurs considéraient les conventions des films populaires comme un défi à relever. D'après un critique de cinéma, seuls les réalisateurs qui ne s'étaient pas affranchis de ces règles étaient contraints par les conventions. Exemples de cinéastes qui ont relevé le défi : Feng Xiaogang qui s'est inspiré de Quand Harry rencontre Sally; Zhang Jianya, spécialisé dans les films comiques, qui a réalisé Fit Lover racontant comment une belle femme a choisi son bien-aimé parmi douze prétendants; Tsui Hark avec All about Women qui a gardé toutes les caractéristiques des films hongkongais : belles images, proximité avec le grand public, imagination libre et comique.

Le retour de Feng Xiaogang

Lorsqu'on évoque les films du Nouvel An, Feng Xiaogang est incontournable. N'ayant subi aucun échec pour ses films de ce genre depuis 10 ans, en 2006, Feng n'a réalisé qu'un drame : The Banquet, interprété par Zhang Ziyi et Ge You. Fin 2007, Assembly, un film de guerre du même cinéaste, ne réunissant que des acteurs inconnus du grand public, a récolté en un mois la somme de 235 millions de yuans. En 2008, If you are the one, interprété par Ge You, a fait rire les spectateurs par ses dialogues. Le film raconte l'histoire d'un quadragénaire célibataire à la recherche d'une femme idéale. Pour faire croire aux spectateurs qu'un homme laid peut gagner le c?ur d'une jolie femme, le metteur en scène, qui est aussi l'auteur du scénario, a inséré une intrigue particulière: le principal personnage féminin aime un homme marié. Pour se débarrasser de cet amour adultérin, elle choisit de s'enticher du personnage joué par Ge You sans savoir pourquoi. Elle finit par tomber amoureuse de cet homme, trouvé par hasard.

Le film est empreint de douceur. À la fin, Feng Xiaogang console le public ayant subi toutes sortes d'épreuves en 2008, en faisant dire à un de ses personnages : « Ménagez le présent. Ces dernières années, on avait de l'argent, mais on avait moins d'amis. »Le réalisateur a créé une atmosphère où prédominait la couleur rouge qui présage la montée de la Bourse en 2009. " Mon film du Nouvel An a pour but de faire plaisir aux spectateurs ", résume Feng Xiaogang.

Les quatre premiers jours, If you are the one a empoché 80 millions de yuans de recettes. Pourtant, les spectateurs ont été choqués par l'omniprésence de publicités dans le film. En désaccord avec l'intervention du producteur, Feng Xiaogang s'est querellé avec lui. Le cinéaste lui a même jeté une tasse. « Des éclats de verre ont atteint son visage », confie un membre de l'équipe de tournage.

Le « deuxième coup » de John Woo

Au début de 2009, John Woo a sorti Chibi (2e épisode) (Red Cliff), un film de guerre historique. Il n'était pas prévu que ce soit un « film du Nouvel An ». Le premier épisode était déjà sorti à l'été 2008. En quatre jours de projection, il avait déjà battu le record de recettes de Transformers qui avait alors réalisé plus de 100 millions de yuans au cours des cinq premiers jours. Ce chiffre est monté à 200 millions au bout de 10 jours et 300 millions au bout de 30 jours.

John Woo participe à la cérémonie de la publication de l'autobiographie de sa femme Niu Chunlong, organisée le 7 décembre dernier à Taipei. Après la projection de Red Cliff, ce film a été à la fois apprécié et critiqué par les spectateurs.

Rien que le nom de ce film peut suffire à lui garantir le succès. Il raconte une bataille célèbre de l'histoire chinoise, dont les protagonistes sont connus de tous les Chinois. Ces personnages sont souvent décrits dans d'autres genres artistiques, notamment à travers l'?uvre littéraire Le Roman des Trois Royaumes (Chibi est l'une des guerres importantes décrites dans ce livre), un long roman écrit il y a 600 ans, devenu ensuite l'un des quatre romans les plus célèbres de la littérature classique chinoise. En 1997, la CCTV a projeté un feuilleton inspiré du roman. Certains jours, l'audience a atteint 46,7% en Chine, soit environ 476 millions de téléspectateurs.

Le nom du cinéaste John Woo constitue aussi une autre garantie pour le marché de ce film. « J'aime l'histoire de cette bataille qui illustre de manière éloquente la victoire des faibles sur les puissants grâce à l'intelligence, l'union et le courage. » C'est une histoire qui l'a ému dès l'enfance. Il rêvait de l'adapter au cinéma, voulant montrer la fraternité profonde et l'entente parfaite entre les héros. Auparavant, on avait accolé des étiquettes morales à ces personnages étant considérés comme mi-humains et mi-surnaturels. John Woo a voulu leur rendre leur vrai visage historique. Pourtant, le réalisme n'est pas son point fort. Il excelle dans les films d'action modernes. La « danse des balles » est son style. Pour les films grand public, il est aussi « auteur-metteur en scène ».

Le film témoigne une fois de plus du style de John Woo : vol des colombes de la paix pendant des scènes de fusillade, sauf que « les deux pistolets » ont été remplacés par des épées. On retrouve l'intention du cinéaste de rechercher davantage l'effet cinématographique que la vérité historique pour être plus près du public. Il révèle aussi son intention de tourner un film « international » pas trop « lourd » et « humoristique ».

De ce fait, il est donc inévitable que le film soit qualifié par certains de « superficiel », « vulgaire » ou « infidèle à l'histoire ». Pour certains autres, le sens de l'époque de ce film donne à réfléchir.

La réussite du " maître de Bruce Lee "

Si les cinéphiles sont attirés par le nom de John Woo, ils le sont aussi par Ip Man, film sur le maître de Bruce Lee.

La conception du monde et le kung fu de Bruce Lee ont été influencés par son maître, Ye Wen. Ce film émouvant raconte l'histoire de maître Ye, depuis sa formation autodidacte dans la boxe jusqu'à sa confrontation aux agresseurs japonais.

De l'avis général, les arts martiaux, spécialement la " boxe Yongchun " du maître Ye, présentés dans ce film comptent parmi les plus remarquables de ces dernières années. Le film met l'accent sur la boxe à mains nues, à la place des effets spéciaux en tout genre ou des gestes exagérés. En résumé, il met en scène le kung fu chinois le plus traditionnel. Les scènes d'actions non martiales ne sont pas négligées. Elles rendent le film plus captivant.

Ip Man a réussi à réunir la quintessence des films sur Bruce Lee. Maître Ye demandait toujours à ses apprentis de mêler " leurs sentiments " dans la boxe. Ce genre d'art martial, filmé avec des images précises et excellemment montées, accompagné d'effets sonores violents et d'une bande musicale formidable, incite les spectateurs à se plonger corps et âme dans le film.

Cela dit, certains spectateurs ont été déçus, car de nombreux cinémas, en dépit des bonnes critiques, n'ont projeté le film que dans une salle. Malgré cela, il a enregistré 30 millions de yuans pour le premier week-end, dépassant les recettes totales du film All about Women de Tsui Hark.

Ayant tourné Adieu ma Concubine il y a plus de dix ans, le lauréat de la Palme d'Or de Cannes, Chen Kaige, a jeté son dévolu une fois de plus sur l'opéra de Pékin, fin 2009. Il s'agit de Mei Lanfang, grand maître de l'opéra de Pékin.

Pendant l'invasion de l'armée japonaise en Chine, durant les décennies 1930 et 1940, Mei a composé des pièces de théâtre révolutionnaires pour encourager les Chinois à résister contre les envahisseurs. Sous la menace des Japonais, il n'est pas monté sur scène pendant huit années entières. " Pour un acteur qui n'a rien fait durant tant d'années, c'est une perte irréparable ! " soupirait-il. En plus de cela, dans le film, les imbroglios sentimentaux entre lui et deux femmes ont fait couler beaucoup d'encre.

Il y a trois ans, Chen Kaige a sorti Wu Ji pour fêter le Nouvel An. Mais ce film a été un désastre. L'imagination y est maladroite, les intrigues incohérentes, la présentation affectée et la production calamiteuse. On comprenait mal comment l'un des metteurs en scène chinois de la cinquième génération était tombé si bas et on se demandait pourquoi le scénario d'un film à si gros budget ne pouvait pas être " rattrapé " par des financements (le budget a été le plus élevé des films chinois de cette époque).

De toute évidence, Chen Kaige a voulu renouer avec ses débuts dans son dernier film Mei Lanfang. Le tournage d'une telle réalisation étant laborieuse, il a fallu un grand metteur en scène pour l'achever. Ce film, difficilement produit, s'est assez bien vendu sur le marché.

Auparavant, la plupart des metteurs en scène de cinéma pensaient que l'art devait parfois être sacrifié pour y intégrer des éléments commerciaux. Aujourd'hui, Chen Kaige estime que ces sacrifices en valaient la peine : « De nombreuses ?uvres d'art pures, appréciées par tous, sont nées du marché. L'apparition des peintures à l'huile à la Renaissance italienne est due à la demande de peintures de personnages, de peintures religieuses ainsi que de peintures de décoration. L'art est le résultat de la multiplication des activités économiques. »

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