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Wang Xisan, grand maître de la peinture à l'intérieur
2009-03-18 16:01:08 cri
L'homme du jour est Wang Xisan, grand maître de la peinture à l'intérieur. C'est à dire, peinture qu'on effectue à l'intérieur des bouteilles. C'est un art tout à fait chinois. Des milliers d'oeuvres de Wang Xisan sont aujourd'hui conservés par des collectionneurs de divers pays du monde.

Lorsqu'il était petit enfant, il habitait à Beijing, à côté du Temple du ciel, il y avait alors un grand marché, où l'on pouvait trouver de petites choses très intéressantes. Il est particulièrement séduit par une sorte de petites bouteilles peintes à l'intérieur. Chaque fois il se rend au marché, il reste pendant des heures devant ces bouteilles.

C'est bel et bien Nei Hua, la peinture à l'intérieur. Un art, qui s'est répandu au 18ème siècle sous le règne de la dynastie des Qing et qui devait ses origines à l'art de peindre l'intérieur des tabatières à priser. A l'époque, ces petites bouteilles peintes, qui sont, soit en verre, en cristal ou en ambre, sont très prisées, convoitées. On s'empresse de les collectionner pour marquer son statut social.

Le jeune Wang n'est pas au courant de ces choses là, ce qui l'intéresse, ce sont les peintures, personnages, animaux, paysages, qui sont peints à l'intérieur des bouteilles. Il veut bien savoir comment ça se fait qu'on puisse peindre l'intérieur d'une tabatière à priser dont l'embouchure n'est grosse qu'une baguette.

Lorsque Wang Xisan est âgé d'une vingtaine d'année, l'occasion lui présent. Alors, pour pérenniser certains arts traditionnels, dont celui de Nei Hua, l'Institut de recherches pour les arts artisanaux de Beijing recrute des élèves. 300 candidats se présentent aux examens d'admission pour disputer 3 postes. Wang Xisan est sorti vainqueur. On l'écoute tout de suite : « Comme l'Institut de recherches se voit confier la mission de protéger cet art, il m'a fait passer des examens et m'a admis. C'est ainsi j'ai appris à maîtriser une technique, un art. En 1957, j'ai passé des examens, et l'année suivante, je suis officiellement admis par un maître. A l'époque, l'Institut où je suis, est très réputé. Du fait que ses enseignants sont tous de grands maîtres d'art. »

Alors, Wang Xisan prend Ye Xiaofeng et Ye Fengqi comme maître. Le jeune Wang est alors le premier disciple qui n'est pas de la famille des Ye que les deux grands ont admis. Le Nai Hua est un art très spécial, pour peindre, il faut commencer par polir l'intérieur d'une bouteille et la peint avec un pinceau. Toutes les peintures qu'on réalise sont peintes à l'inverse. Ce n'est qu'ainsi que nous les visiteurs peuvent les voir de face, à travers des verres. Mais, la spécificité de cet art ne décourage pas Wang Xisan, au contraire, il y prend plaisir. Il travaille et il perce, il sait rendre vivant le chat qu'il peint à l'intérieur d'une tabatière à priser, un chat aux yeux beaux et brillants et au poil velouté, et ce, grâce à une technique que Wang Xisan conçoit.

Malheureusement, les études de Wang Xisan sont interrompues par la « Grande Révolution culturelle » qui a été déclenchée en 1966. Alors, il est obligé de retourner à Hengshui du Hebei, contrée natale de ses ancêtres. Wang Xisan qui a grandi à Beijing la Capitale, est bouleversé par la pauvreté de la région, des locaux.

En vue d'améliorer les conditions de vie des paysans, il a pensé aux trois tabatières à priser qu'il a apportées de Beijing. Il peint respectivement eaux et montagnes, ours noir et colombe sur ces bouteilles. Ensuite, il les confie aux paysans pour les vendre. Et ces produits sont achetés à des dizaines de Yuans par une société chargée de l'exportation. « Pour la première fois, ces gens là ont leurs primes. Ils les comptent, à maintes reprises. A l'époque, des dizaines de Yuans est une somme relativement importante pour eux. Des larmes qui perlent. Ils disent que grâce à moi, ils ont de l'argent. Je crois que c'est un honneur pour moi de pouvoir apporter ma part de contribution à la société. »

Wang Xisan est très satisfait de son premier succès. Il se demande en même temps, il lui faut peindre combien de petites bouteilles de ce genre pour améliorer les conditions de vie de tous les villageois. Il décide alors de former des apprentis. Et cette décision est opposée par pas mal de gens. Wang Xisan :  « Un dicton chinois dit que dès qu'un apprenti parvient à maîtriser la technique, il laissera le maître mourir de faim. Mes parents me déconseillent de former de jeunes, en me disant que dès que ces jeunes auront d'ailes, ils voleront en me laissant tomber. Je leur dis que ce sont mes maîtres qui m'ont appris à maîtriser cet art. En plus la politique en cours leur permet de bien vivre leurs vieux jours. Donc, je ne dois pas privatiser cet art. »

A partir des années 1960 et 1970 Wang Xisan se met à former les jeunes. Pour commencer, dans le village où il habite, il recrute 4 jeunes. Et puis, le nombre est passé de 6 à une dizaine. Wang Xisan n'est pas pour ainsi, délaissé par ses élèves, comme l'a prédit ses parents. Et le corps de Wang Xisan n'a eu de cesse de s'élargir. Et il a donné un nom à ses oeuvres : Yi Hu Zhai, ou en français, Pavillon d'une tabatière à priser. Il nous explique que ce nom est dû à un dicton chinois : en arrivant au beau milieu d'une rivière, le bateau commence à faire eau, à ce moment là, une calebasse à la main vaut mieux que mille or qu'on a à la maison. Continuons à entendre Wang Xisan : « Je suis très exigent en terme de création. Je veux que chacune de mes oeuvres vaut mille yuans. Dans les années 1970, ce chiffre veut dire quelque chose. Mais l'importance pour moi est de bien travailler. »

Dans les années 1980, des oeuvres de Wang Xisan sont collectionnées aux Etats-Unis. Dont une pièce peut être vendue à quelque deux mille yuans, alors un ouvrier doit travailler des années pour avoir un telle somme d'argent. Depuis, dès qu'on parle de Yi Hu Zhai, on comprend, tout de suite, que ce sont les oeuvres de Wang Xisan.

En 1983, il est le premier chinois de nationalité chinoise à se voir décerner le titre de « membre honoraire » par l'Association internationale des tabatières à priser. Alors qu'il prend part à la session annuelle de l'association au Canada, toute l'assistance se lève et l'ovationne. Le fonctionnaire chinois chargé d'importation qui l'accompagne est touché à tel point par cette scène, il pleure : Wang Xisan conquit le monde.

L'art n'a pas de frontières. Wang Xisan plonge dans de nouvelles réflexions. Il veut que davantage de gens puissent apprendre à maîtriser cet art. Il fonde une usine de fabrication. Il recrute des élèves et les apprend à peindre les diverses formes de tabatières à priser. Et il n'autorise qu'aux bons élèves d'étiqueter leurs oeuvres de « Yi Hu Zhai ». Plus tard, Wang Xisan a crée un institut d'art des tabatières à priser. Avec son nom, il met au monde une nouvelle marque. Wang Xisan : « Avec mon nom, je nomme mes oeuvres, elles sont étiquetées « Xi San ». Mes meilleurs élèves et mes artisans peintres peuvent tous utiliser cette marque. Elle est maintenant une marque très réputée dans notre province. »

La ville de Hengshui où vit Wang Xisan est aujourd'hui se voit conférer le titre de « ville d'origine de la peinture à l'intérieur » par le gouvernement. A présent, plus de 30 000 personnes travaillent dans le secteur de la peinture à l'intérieur et la valeur de la production atteint plusieurs centaines de millions de Yuans.

Septuagénaire, Wang Xisan continue à peindre. Selon lui, pour faire ce métier, il faut avoir de bonne humeur et de bons yeux. Lors qu'il s'assoit devant son bureau, il prend le pinceau et la bouteille, tout ce qu'il pense est la peinture. Il lui arrive de retenir ses respirations alors qu'il doit peindre des détails. En vue de bien protéger ses yeux, il ne regarde que très peu les émissions télé.

Wang Xisan est aujourd'hui désigné « héritier » des patrimoines culturels immatériels au niveau étatique. Il nous confie qu'il va former davantage d'élève et de faire pérenniser l'art qu'il aime tant.

(Yannine) 

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