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La protection de la culture traditionnelle au Tibet
2009-03-13 16:14:42 cri
« Dui Xie », une sorte de danse très populaire dans la région de Xigaze, au Tibet. Un art qui alterne le chant, la danse et la musique, aujourd'hui classé sur la liste du patrimoine culturel immatériel au niveau national. Il est particulièrement répandu dans le district de Lhatse de Xigaze.

En vue de rendre plus vivant cet art et de le pérenniser, le district de Lhatse a fondé en 2005, une troupe d'art dont les membres sont tous originaires de la région, des pasteurs agriculteurs. Aujourd'hui, cette troupe est considérée comme l'une des plus réputés dans la région de Xigaze. Tout de suite le témoignage de Li Haiquan, fonctionnaire du gouvernement du district :  « Au début de la fondation de notre troupe, on ne comptait qu'une trentaine de membres. Au terme d'un bref stage, la troupe a pris part à la représentation de la soirée organisée à l'occasion du Nouvel an tibétain 2006, soirée qui a été retransmise par la télévision du Tibet. Notre représentation a été très appréciée. Quant à nous, nous voulons par l'intermédiaire de ce genre représentation faire connaître à davantage de gens l'art et la culture populaire du district de Lhatse, berceau de l'art de Dui Xie.»

En 2008, la troupe d'art du district de Lhatse a été invitée à prendre part à la soirée retransmise par la Télévision Centrale de Chine, CCTV, à l'occasion de la Fête du printemps. Leur art est désormais connu de tout le pays. Sonam Qupei est un jeune agriculteur de 22 ans, qui vit à Lhatse. Il est l'un des premiers membres de la troupe. On l'écoute tout de suite : « Lorsque j'étais petit enfant, j'ai appris à chanter en étant accompagné par des instruments à cordes. Quand on a fondé notre troupe artistique, je voulais en faire partie aussi. Comme je maîtrise bien la technique de chant et du jeu de musique, on m'a accepté. Je suis très honoré de pouvoir prendre part à la soirée de la CCTV au nom de mon district. En tant que membre du pays de l'art Dui Xié, il est de mon devoir de le pérenniser et de le propager. »

Le spectacle interprété par la troupe d'art des agriculteurs du district de Lhatse manifeste la vie heureuse des agriculteurs tibétains grâce au développement économique. Tashi Wangla est le chorégraphe de ce spectacle de chant et de danse. Il est professeur de musique dans une école primaire du district de Lhatse et il est très content que son spectacle soit aimé des locaux. Tashi Wangla : « On s'est déjà produits à Hongkong, à Guangzhou et à Hangzhou. Partout où on s'est rendu, on s'est fait ovationné. Nous voulions montrer l'art du Dui Xie, notamment en créant de nouveaux spectacles, et sans pour autant le détourner de ses origines. C'est de cette manière que nous voulons développer cet art. »

La Région autonome tibétaine est détentrice d'une soixantaine de patrimoines culturels immatériels qui sont classés au niveau national et une trentaine de personnes de la région sont désignées « héritiers » des patrimoines culturels immatériels. Pour les patrimoines qui sont déjà classés, l'Etat débloque chaque année une enveloppe pour les protéger et les développer. Quant aux héritiers des ces patrimoines, ils sont aussi subventionnés par l'Etat.

Vous venez d'entendre un extrait de l'épopée « Le Roi Gesar», interprété par un artiste conteur tibétain âgé. Les artistes conteurs comme lui sont aujourd'hui considérés comme des « trésors à classer » en terme de protection des patrimoines culturels. Mais, avant la réforme démocratique en 1959, ils étaient dans une situation déplorable, au niveau sociale et économique. Tout de suite le témoignage de Nyima, fonctionnaire du Bureau de la culture de la Région autonome du Tibet : « Avant la réforme démocratique, les petits peuples étaient privés du droit de jouir des réalisations culturelles. Et les artistes populaires étaient méprisés, déconsidérés. Ils vivaient dans la misère et ne faisaient pas l'objet du respect qu'ils méritaient. »

La Réforme démocratique a permis à tous les Tibétains de vivre sur un pied d'égalité. Toujours selon Nyima, aujourd'hui, on désigne les héritiers, on accorde de l'importance à la formation du corps culturel au sein des pasteurs agriculteurs. De sorte que ces derniers se sentent concernés par l'édification culturelle et ils sont très motivés. Résultat ? Tout le monde cherche à mettre en valeur les ressources culturelles et ce, dans l'espoir de voir leur patrimoine remporter autant de succès que le Dui Xie de Lhatse, et de faire entrer dans le palais de l'art, la culture populaire. Continuons à entendre Nyima, fonctionnaire du Bureau de la culture de la Région autonome du Tibet : « De concert avec des départements relatifs à l'éducation et à la culture, on organise des stages de formation, surtout dans des contrées où sont nés certains patrimoines culturels immatériels. On y forme des hommes de talents, professionnels ou amateurs. On sensibilise aussi le reste de la population locale à la protection de ces patrimoines. Si on ne fait pas tout cela, on risque de laisser mourir pas mal de nos cultures et nos arts. »

A présent, on compte dans la Région autonome du Tibet 19 troupes d'art populaire au niveau du district. Quant aux troupes formées par des amateurs d'art, elles sont au nombre de 500. Le vieux Wangchuk habite dans le chef lieu du district de Lhatse. Avant la réforme démocratique, il était « Lang Sheng », esclave, il n'avait donc pas droit d'assister à un spectacle. Tout de suite le témoignage de Wangchuk : « A l'époque, des propriétaires de serfs faisaient venir des artistes pour produire chez eux. Alors j'étais un petit garçon, curieux. On m'a dit qu'il y avait un spectacle, je voulais bien y aller, mais nous, on n'était pas autorisé à assister à un spectacle quelconque. Et maintenant, on peut assister à autant de spectacle qu'on veut. Des troupes qui sont en provenance de Xigaze, de Lhassa se produisent chez nous, devant la porte, notamment lors des jours fériés Je suis très content de les voir. »

Aujourd'hui, au Tibet, la protection des cultures traditionnelles est prise en considération par tout le monde, la population locale et les autorités. A ce propos, Zhang Qingli, officiel de la Région autonome du Tibet :  « Nous envisageons d'améliorer, de manière planifiée, la protection des cultures et des vestiges. Pour faire pérenniser et rayonner nos cultures traditionnelles, riches et brillantes. »

(Yannine)

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