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Yao An, conservatrice adjointe du musée de la Capitale 
2009-03-13 15:55:11 cri
Le musée de la Capitale est à présent le plus grand musée général de Beijing. Il est aussi distingué par son hall central, qui est actuellement le plus grand de tous les musées du monde en terme de taille, il couvre une superficie de 2 000 mètres carrés et est haut de 34 mètres. Un hall majestueux et imposant. Yao An est la conservatrice adjointe d'un musée de telle ampleur. Avant, elle a été directrice adjointe du parc Tian Tan, Temple du Ciel.

Yao An est une femme jeune, élégante et érudite. Elle passe son temps à étudier des objets d'art et à se cultiver. Liu Sisi notre correspondant est allée l'interviewer.  Yao An dit que déjà enfant, c'était une petite fille rêveuse:  « Lorsque j'étais petite enfant, j'étais sûre que mes rêves se réaliseraient un jour. J'avais une prédilection pour l'archéologie. Lorsque j'ai fait mes études universitaires, je voulais faire de l'archéologie. Mais mes parents m'en ont empêché. Pour eux le fait d'être archéologue signifie mener une vie plus ou moins dure. Alors j'ai opté pour l'étude de la langue manchoue. »

Dans les années 1980, Yao An a appris à parler la langue des Manchoues à l'Université centrale des ethnies, basée à Beijing. Au terme de son cursus, elle a été embauchée par le parc du Temple du Ciel. Le temple du Ciel est l'endroit où se rendaient les empereurs des dynasties Ming et Qing pour prier le Ciel de leur accorder de bonnes moissons.

Comme les empereurs des Qing étaient Manchoues, la langue que Yao An a appris à l'université était bien utile pour diriger ce genre d'établissement. A l'époque, ses parents l'ont empêché de se consacrer à l'archéologie, et maintenant, au Temple du Ciel, elle voit que l'occasion se présente pour elle de réaliser son rêve d'archéologue. Elle essaye de retrouver les musiques anciennes qui servaient pour la prière au Temple du ciel.

Yao An et ses collègues ont passé une dizaine d'années à révéler des ouvrages de musique classique perdus au beau milieu de documents historiques, représentant plus de 10 millions de caractères chinois. Au terme d'une centaine d'année d'oubli, ces musiques ont pu retentir de nouveau, et c'est ainsi qu'a été rétabli le Palais de la musique divine, le Shen Yue Shu. C'est l'endroit où étaient jouées les musiques qui devaient être exécutées lors des prières. Yao An est émue lorsqu'elle évoque la renaissance de cette musique :  « En 2000, on est parvenu à rétablir le Palais de la musique divine. Maintenant, quelques années ont passé, et je crois qu'on a bien fait et que ça valait le cout de le faire. A partir de 1991 et 1992, on a commencé à remettre en ordre les documents concernant le Palais de la musique divine, notamment les documents concernant la musique. En lisant les anciens documents, je me suis demandé si un jour on pourrait les exécuter. Pour exaucer ce rêve, j'ai travaillé pendant une dizaine d'années. »

Chaque année, à l'occasion de la fête du Printemps, le Nouvel An chinois, on se donne rendez-vous au Parc du Temple du Ciel pour écouter cette musique de prière vers le Ciel, pour porter bonheur. Cette activité est aujourd'hui inclue dans le programme touristique de Beijing.

Le Temple du Ciel figure aujourd'hui sur la liste du patrimoine culturel de l'humanité. En plus d'avoir redonné vie aux musiques anciennes, Yao An a écrit une série d'ouvrage sur le Temple du Ciel, l'architecture, la culture et les rituels... «J'adore le Temple du Ciel. Dès que je mets mes pieds dans ce parc, tout de suite, une sorte d'apaisement me gagne. Pour moi, le Temple du Ciel est le paradis sur terre. Il a été construit par nos anciens, il nous donne l'impression d'être dans le Ciel. Si moi, je parviens à faire connaître le Temple du Ciel à plus de monde, ce sera un honneur pour moi. »

Au temple du Ciel, Yao An était responsable des travaux de restauration et commissaire de l'exposition. C'est quelqu'un de très efficace. En une semaine, elle peut organiser une exposition d'envergure. Comme elle se distingue en terme de recherche, de restauration et d'exposition, elle a été affectée au musée de la Capitale.

En 1953, on a commencé à réfléchir à l'ouverture du Musée de la Capitale, et en octobre 1981, soit 29 ans après, il a été enfin ouvert au grand public. A l'époque, il siégeait à l'intérieur du Temple de Confucius, dans la rue de Guo Zi Jian, le Collège impérial.

En décembre 2001, on s'est mis à construire le nouveau musée de la Capitale, qui est aujourd'hui basé sur la grande avenue de Chang'an, à l'ouest de la Porte Tian'anmen. Le nouveau musée est entré en service à la fin 2005. Yao An évoque pour nous ses premiers jours au musée : « En 2005, à mon arrivé au musée, rien n'était fait, le musée ressemblait à un énorme chantier. Alors, nous, on était particulièrement occupé. On a fini par sortir enfin d'un seul coup 14 expositions. J'ai dû m'occuper de tout : des plans, des sujets, des commentaires en chinois et en anglais ainsi que des objets à exposer. »

Yao An nous évoque une petite anecdote. Un jour, elle quitte son travail à 11 heures du soir et elle se rend dans un salon de coiffure pour se faire coiffer. Le coiffeur est surpris par sa visite tardive, il lui demande s'il lui arrive quelque chose. Elle lui répond que non, tout est normal, elle veut tout simplement se faire coiffer. Comme elle insiste, il la coiffe malgré tout. Quand tout est terminé, il est déjà 1 heure du matin. En fait, tout ce qu'elle veut est de remettre en ordre ses cheveux... et ses idées. Car elle a trop de chose à faire à la fois.

Depuis la mise en service du nouveau musée de la Capitale, beaucoup d'expositions ont eu pour terme la culture et l'histoire. Notamment lors des JO de Beijing en 2008, le musée a sorti d'un seul coup 5 grandes expositions dont celle intitulée : « Les mémoires chinoises - les trésors de 5 millénaires de civilisation » qui était particulièrement intéressante. On y a réuni les pièces maîtresses de 70 musées du pays. Une ampleur sans précédent. Et le nombre de visites a été dénombré à plus de 14 000 par jour. Un record historique. En tant que responsable chargée de l'exposition et de la presse, Yao An fait preuve de modestie. Elle nous dit qu'elle n'est qu'un fil, et le reste des départements sont des perles. Tout ce qu'elle fait est de les enfiler, de bien les disposer, afin de les rendre plus belles.

Le musée de la Capitale conserve les découvertes qui sont exhumées dans la région de Beijing. Les expositions permanentes portent donc principalement sur l'histoire, la culture et les réalisations archéologiques de Beijing. Quant à Yao An, elle veut que les expositions du musée soient plus près de la vie. Yao An : « J'adore les choses d'actuelles, j'espère bien que l'exposition qu'on fait porte sur un sujet actuel. En plus j'aime bien faire une exposition au sujet des femmes. Je vais faire quelque chose pour les femmes et les enfants. Un musée doit être un porteur d'art, il doit être attachant. »

Yao An nous confie qu'elle veut faire venir au musée tous les membres d'une famille, les vieux, les enfants, les élèves, y compris les femmes. Que tout le monde puisse y trouver les choses auxquelles il s'intéresse. On écoute une dernière fois Yao An : « Que ce soit au Temple du Ciel ou au musée de la Capitale, tout ce qu'on doit faire est de permettre à l'homme de vivre dans l'art et dans la douceur. Par exemple, alors que vous vous rendez au musée, vous devez aller voir des objets d'art, vous allez apprécier leur beauté, leur finesse, leur subtilité, de la, vous allez comprendre les auteurs de ces objets, leurs sentiments, leur amour et leur attachement. »

Pour Yao An, lorsqu'on fait quelque chose, on y met tous ses sentiments. C'est une purification de l'âme. Selon Yao An, alors qu'on est au Temple du Ciel, on se rend compte que ces architectes sont très purs, et leurs oeuvres sont en parfaite harmonie avec la nature. Dès qu'on arrive à comprendre tout cela, c'est très nourrissant pour la vie.

(Yannine)

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