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L'art africain à Beijing
2009-01-21 15:27:16 cri
L'Afrique, qui couvre une superficie de plus de 30 millions de km² est considérée comme « le berceau de l'humanité ». Au fil des temps, l'Afrique a donné naissance à une forme d'art à la fois rustique et vivant qui a beaucoup inspiré le développement de l'art moderne.

Depuis l'application de la politique de réforme et de l'ouverture en Chine et surtout grâce à la croissance économique, la coopération et les échanges entre la Chine et l'Afrique n'ont eu de cesse de se multiplier. Et l'art et la culture africaine sont aujourd'hui très prisés en Chine. Dans ce contexte, un nombre croissant d'entreprises d'art populaire chinois s'appliquent à l'introduction et à la propagation de l'art et de la culture africaine.

Dans une salle d'exposition ouverte par le Centre d'art Qiao, qiao, qui veut dire pont, ou passerelle en chinois, une commentatrice est en train de présenter aux visiteurs un ancien objet d'art en provenance du Cameroun, un tambour, ou djembé, qui arrive à hauteur de poitrine, dont l'histoire remonte à plus d'un millénaire. Dans la forêt tropicale du Cameroun, si l'on joue de ce tambour, c'est pour convoquer les anciens de la tribu, lorsque l'on veut destituer et exécuter un chef qui n'est pas à la hauteur.

Le Centre d'art Qiao de Beijing vient d'ouvrir une exposition d'oeuvre d'art africain, parrainée par la Chambre de commerce populaire sino-africaine et l'ambassade du Cameroun en Chine, intitulé : « L'art primitif et la vie moderne ». Quelques 500 oeuvres d'art : sculptures sur bois ou sur pierre, instruments de musique, ou encore objets sacrés, seront exposés à cette occasion. Ces objets d'art datent de diverses époques, de la haute antiquité à nos jours, et ils étaient utilisés tant par la haute noblesse que par les classes populaires.

Outre le tambour, ou sans doute le djembé que l'on a mentionné tout à l'heure, on peut vous citer quelques autres oeuvres qui sont exposées : statues qui représentent les diverses divinités et qui sont faites de pierre météoritique, sculptures en bois réalisées en forme d'éléphants - éléphants qui sont les symboles de la richesse -, et reliefs en bois à accrocher sur les murs ou encore tabourets, échiquiers, et masques en bois noir, l'ébène. La plupart des oeuvres exposés sont fournis par Guo Dong, commissaire de l'exposition. Guo Dong a passé 18 ans en Afrique, en Ouganda plus précisément. Car, il a un faible pour l'art africain. On écoute Guo Dong s'exprimer au micro de RCI : « Si je veux présenter toutes ces oeuvres aux visiteurs, c'est pour leur faire connaître la culture africaine. Ces ?uvres pourront peut-être inspirer nos architectes et nos créateurs. Ils pourront en tirer quelque chose d'utile. »

Et Guo Dong de souligner que Pablo Picasso s'est beaucoup inspiré de l'art africain. Guo Dong est donc tout à fait convaincu que les artistes chinois sont aussi capables de mettre en valeur l'art africain.

Zhao Shulin est directeur du Centre d'art Qiao, principal acteur de cette exposition. Selon lui, les échanges culturels entre la Chine et l'Afrique pourront dépasser la distance géographique et les différences ethniques et culturelles pour parvenir à une identité de vue en ce qui concerne les valeurs morales. C'est ainsi qu'on construit une sorte de pont reliant la Chine à l'Afrique. C'est pourquoi le centre qu'il dirige organise souvent des expositions concernant l'Afrique, et obtient ainsi le soutien officiel des autorités africaines et chinoises.

D'après Zhao Shulin, le lendemain de l'ouverture officielle des JO 2008 à Beijing, son centre a inauguré une exposition entièrement consacrée aux sculptures sur bois de l'Afrique. « Regard sur la haute Antiquité », tel était le nom de cette exposition consacrée à des objets africains très anciens. Les ambassadeurs et les stars du sport d'une vingtaine de pays africains qui étaient alors en Chine ont pris part au vernissage. Les 150 oeuvres exposées sont toutes issues de la haute Antiquité, y compris un certain nombre de sculptures sur pierres qui datent du 3 au 5ème siècle.

A l'occasion des JO de Beijing, le Centre d'art Qiao de Beijing a, de concert avec le Bureau national du tourisme, organisé une exposition pour promouvoir les voyages au Cameroun. Etaient présentées la culture et les ressources touristiques uniques de ce pays. Le ministre camerounais du tourisme ainsi que plusieurs dizaines d'ambassades des pays africains accrédités en Chine ont visité l'exposition.

L'organisation de l'exposition « L'art primitif et la vie moderne », qui vient avoir lieu à Beijing, a pour but de faciliter l'accès des Chinois à l'art africain. On peut les apprécier de plus près sans faire le voyage, et les collectionner.

En marge de cette exposition, un séminaire a été organisé, auquel ont pris part des fonctionnaires des pays africains, des artistes et des collectionneurs chinois. Leur but était d'expliquer au public comment apprécier la culture africaine, et la valeur artistique des objets africains qui étaient présentés, le public chinois n'étant pas forcément averti et habitué à ce genre d'art.

L'Afrique compte une cinquantaine de pays, comme l'a souligné Edouard Alluma, et les cultures de ces différents pays peuvent être très différentes les unes des autres. Ce qui rapproche ce continent de la Chine, pays multiethnique, et donc riche en culture. De part et d'autre, un large espace d'échanges s'offre à nous.

Zhao Meng est professeur à l'Institut des Beaux-arts rattaché à l'Université de Qinghua. Selon lui les échanges économiques entre la Chine et l'Afrique sont très développés, mais les échanges culturels sont largement insuffisants. Il est très ému par le fait de pouvoir voir d'un seul coup une telle quantité d'objets d'art africains, tous très beaux. Et d'ajouter que l'introduction de l'art africain est favorable au développement de l'art en Chine. Zhao Meng :  « L'art africain a beaucoup influencé l'art moderne du 20ème siècle. Et aujourd'hui le Centre d'art Qiao fait venir en Chine, à Beijing, l'art africain. Cette invitation est très bénéfique pour le développement de l'art en Chine. Elle permet aux Chinois de mieux connaître l'art africain et elle encourage en même temps les échanges culturels ente la Chine et l'Afrique. »

Ephraïm Kamuntu, vice-ministre ougandais du tourisme, du commerce et de l'industrie était aussi invité à prendre part au séminaire qui se tenait au Centre d'art Qiao. Son voyage a pour but de promouvoir la coopération entre son pays et la Chine en matière industrielle et commerciale. Il participe à ce genre d'activités avec plaisir car tous les échanges entre les peuples des deux pays, notamment dans le domaine culturel, sont incontournables, eux aussi. La présence d'une telle quantité d'objets d'art africains en Chine l'a d'ailleurs surpris. Ce qui prouve en plus que les objets d'arts sont très bien protégés en Ouganda. Selon lui, il existe quelque chose de commun entre les deux cultures, ougandaise et chinoise. Ce qui pourra servir de base pour entreprendre les échanges bilatéraux. Ephraïm Kamuntu, vice-ministre ougandais du tourisme, du commerce et de l'industrie s'exprime au micro de RCI :  « La Chine et l'Afrique ont beaucoup de ressemblance en termes de culture et d'histoire. On a aussi des points communs en ce qui concerne les valeurs religieuses et humaines. On est tous des créateurs de l'art et de l'humanité. »

Nous allons maintenant entendre les commentaires faits par deux visiteurs que notre correspondant a croisés dans le hall d'exposition. A commencer par une dame du nom de Ma, elle est collectionneuse : « J'ai vu beaucoup de choses très belles. Leur histoire, leur religion et leur culture. C'est très enrichissant pour ceux qui travaillent dans le domaine culturel, comme nous. Je crois qu'on doit multiplier ce genre d'activités. Pour que davantage de gens puissent connaître l'Afrique et l'approcher. »

Tout de suite le commentaire d'un visiteur du nom de Du : « Je crois que l'Afrique en tant que tel me parait toujours très mystérieuse. Notamment en ce qui concerne les tribus. C'est du jamais vu. Je suis très intéressé par la présente exposition. Je suis venu, ça me permet de bien connaître ce continent. »

En ce qui concerne le futur proche des échanges culturels entre la Chine et l'Afrique, on écoute Zhao Shulin, directeur du Centre d'art Qiao de Beijing s'exprimer au micro de RCI : « Sur le terrain qui est à côté, on envisage de construire un centre d'échanges culturels entre la Chine et l'Afrique. Il aura pour mission de montrer aux Chinois l'art visuel africain, ainsi que sa danse moderne, et ses objets d'art anciens. »

Et Zhao Shulin a indiqué que son établissement envisage, de concert avec des établissements d'art et de recherche chinois et africains, d'entamer des études plus approfondies sur l'art africain, y compris la culture culinaire africaine, pour que tous les Chinois aient l'occasion de jouir du charme de ce vieux contient qu'est l'Afrique.

(Yannine)

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