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Sang Gege et son roman"Xiao Shi Hou" ou les jours d'enfance
2009-01-21 15:19:31 cri
Ces derniers jours, un livre s'est très bien vendu en Chine. Le livre est intitulé : « Xiao Shi Hou », ou Les jours d'enfance. Un livre pas comme les autres, puisqu'on peut l'ouvrir à n'importe quelle page, un lien intelligent reliant à chaque fois les diverses histoires qui y sont racontées. Le livre est illustré de 89 caricatures colorées. Ce qui en rend la lecture bien plus agréable. Le roman est ainsi qualifié de « Livre d'enfant lu par les adultes ». Il a été surtout très bien accueilli par les jeunes nés dans les années 1970 et 1980. Dans l'émission d'aujourd'hui, nous allons vous brosser le portrait de son auteur Sang Gege.

Sang Gege est une jeune femme appartenant à l'ethnie tibétaine. Elle n'est pas très grande. Elle a des cheveux courts et a un beau sourire. Elle est née vers la fin des années 1970 à Chengdu, dans le Sichuan, dans le sud-ouest du pays. Elle a passé une enfance libre et intéressante avec ses parents qui travaillaient à la mine. Au contraire des autres enfants qui ont peur du divorce de leurs parents, toute petite, lorsque Sang Gege voit ses parents se quereller, elle les conseille de divorcer. Mais lorsque ses parents ont bel et bien divorcé, elle éprouve beaucoup de regrets.

Jeune fille, elle tombe amoureuse d'un jeune homme, mais peu de temps après, elle est déçue par cet amour. Car, elle a quitté le Sichuan, et passe la plupart de son temps à Beijing, Shanghai et Guangzhou. Elle nous confie qu'elle adore passer son temps entre ces différentes villes. Entre temps, elle est successivement figurante et mannequin, vendeuse de bière et journaliste. A présent, elle travaille à la revue « Urban China ».

 « Xiao Shi Hou » ou Les jours d'enfance est le premier roman que Sang Gege a sorti. L'action est alternée d'anecdotes qu'elle a vécues et d'autres inventées. Des anecdotes vécues entre 2 et 27 ans racontées dans le dialecte du Sichuan. Le roman est écrit sous la forme d'un monde subjectif créé par une fille de Chengdu. Détails de tous les jours y sont relatés, avec les jouets, les jeux d'enfance, les clichés, et les aventures d'hommes ou de femmes rencontrées. Tout cela nous fait à voir une fille curieuse et naïve.

Par exemple, lors qu'elle voit une table renversée, elle pense à un enfant qui attend d'être embrassé. Chaque fois qu'elle achète un jouet, elle cherche à prendre celui qui est cassé. Sa raison ? Elle nous la livre en écrivant : « Si moi je ne le veux pas, personne ne le voudra ». Dans le livre on peut encore lire un tel extrait : elle lave ses pieds dans une rivière, alors l'une de ses chaussures est emportée par le courant, elle jette aussitôt l'autre dans la rivière et la laisse rattraper la première. Selon elle, « elles forment un couple ».

Sur la couverture de son livre, Sang Gege a écrit une petite phrase accrocheuse : « Le passé est un pot de bonbons, et je les ai mangés en cachette ». Et ces bonbons lui ont apporté du bonheur, qu'elle a vécu avec d'autres. Beaucoup pensent qu'il s'agit d'un souvenir personnel voire privé, mais Sang Gege nous confie qu'elle veut faire de son roman un souvenir collectif. Elle veut par l'intermédiaire de ce livre rappeler quelque chose qui se cache au fond du coeur de tout un chacun. Nous continuons à écouter Sang Gege : « Je tente d'intégrer le changement de notre temps dans les détails. Par exemple, je ne vais pas directement écrire le changement de notre système étatique, je vais par exemple décrire les changements qu'on a vécus dans la mine, dont l'ancien club s'est transformé en un immeuble à vendre, etc. Je veux par l'intermédiaire de ces réalités écrire des changements vécus par chacun. Ou encore je veux écrire à la place d'un enfant, je m'amuse, tout à coup je lève la tête et je remarque qu'on est déjà dans les années 90 et ainsi de suite. »

Selon la critique, ce livre contient le souvenir collectif de toute une époque, décliné en innombrables anecdotes intéressantes. Comme la façon d'écrire les souvenirs d'un enfant qui sont parfois décousus, voire insignifiants.  « 503. A bord d'un avion de passage. Je sors de manière maladroite, mon vaporisateur rose label Watsong, je le lève à hauteur de mon visage, je ferme mes yeux, et j'appuie deux fois sur le bouton. Et alors ? Pourquoi je ne sens rien d'humide ? Je tourne alors la tête, et sur les lunettes que porte l'homme qui est à côté de moi, il n'y a que de la brume, et l'homme a l'air très incertain. 504. Le jet doit être bien visé, alors ce sera pour la prochaine fois. 505. dans les premiers jours, ce que je comprends d'un immeuble à bureaux, c'est que tout le monde prend un stylo et écrit. »

Lorsqu'on lui a demandé si elle a bien vécu ce qu'elle a écrit dans son roman, Sang Gege nous répond :  « Je crois que tous les auteurs d'un roman doivent répondre à ce genre de question. Et ils éprouvent tous la même difficulté à y répondre. Dans un roman, il doit y avoir un prototype, mais on ne peut pas le montrer au public tel qu'il est ; tout comme un chef de cuisine, il ne peut pas servir à ses clients les matières premières ».

Et Sang Gege de souligner qu'il lui est impossible de montrer aux lecteurs lequel de ces personnages, événements, heure, est authentique. Pour elle tout ça n'a pas d'importance. Ce qui est important c'est le fait de savoir si elle a bien relaté les souvenirs qu'une époque nous a laissés grâce aux personnages ou aux événements qu'elle décrit.

Elle apprécie la phrase prononcée par un metteur en scène « j'espère que mes films restent fidèles à la vie humaine et pas à la vie de tous les jours ». Sang Gege confie qu'elle voudrait bien, à travers les apparences de la vie de tous les jours, exprimer quelque chose qui représente la vie dans son abstraction, et montrer la nature et l'essentiel de la vie.

Sang Gege ne veut pas être qualifié de « jeune femme écrivain ». C'est une femme timide, et lorsqu'il y a du monde, elle est plutôt du genre à se cacher dans un coin. En ce qui concerne les jouissances matérielles, elle les considère comme du gras ; moins il y a de gras, le mieux c'est.

Avant elle logeait dans une pièce qui ne mesurait qu'une dizaine de mètres carrés. Maintenant, elle loue une pièce d'une vingtaine de mètres, ce qui lui suffit amplement. Pourtant, Sang Gege s'est éprise d'une valise qu'elle surnomme « beauté du dernier cri ». Dans laquelle elle met les vêtements et les produits cosmétiques mis en solde qu'elle s'est donnée beaucoup de peine à avoir.

Chaque fois qu'elle part en voyage, elle l'emporte avec elle. Pour le reste, elle n'éprouve aucun sentiment de regret. On écoute une dernière fois Sang Gege :  « J'ai bien profité de ma jeunesse, elle a été pleine et fructueuse. Je ne me suis pas enfermée dans un château à me prendre pour une princesse. J'ai tenté de vivre toutes sortes de vies. Je n'ai pas peur d'être blessée. Je suis quelqu'un de très tolérant, en plus, je suis capable de retomber sur mes pattes. Non, ce n'est pas grave, si aujourd'hui on est blessé, on finira par guérir demain. En plus, je suis une fille très curieuse. Je suis très intéressée par le monde extérieur. J'ai eu beaucoup plus d'expérience que les enfants sages. »

Sang Gege est contente de sa vie actuelle. Elle ne pense pas qu'elle va continuer à écrire. Elle va peut-être tourner un film ou faire autre chose, bref tout est possible. Elle ne veut pas s'enfermer dans le rôle d'écrivain après juste un seul livre ; elle ne veut pas vivre dans la contrainte, elle veut avoir une vie diversifiée, colorée. Ce n'est qu'ainsi qu'elle pourra rester libre de faire ce qu'elle veut faire, sauter d'un métier à l'autre.

Dans les années 1980, aux Etats-Unis est né le mot Kidult. Le mot est fait de « kid », enfant et de « adult », adulte. Pour qualifier un adulte qui reste toujours naïf, enfantin et d'avoir un c?ur pur. Ce mot est aujourd'hui très populaire en Chine. Pour qualifier le phénomène créé par de nouveaux adultes. Notre Sang Gege est bel et bien un « Kidult », elle refuse de grandir et aspire à la pureté.

(Yannine)

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