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Le She Huo, un art traditionnel très prospère à Shaanxi
2009-01-21 15:08:03 cri
Le « She Huo», est un art populaire du Nord-ouest de la Chine, plus particulièrement du Shaanxi, dont la capitale est Xi'an. Vous connaissez certainement cette ville célèbre pour ses soldats de terre cuite, enterrés à proximité de la tombe de l'Empereur Qinshihuang. Le She Huo, autrefois invocation aux dieux, et aujourd'hui un spectacle toujours populaire.

En 2008, avant le lancement officiel de la cérémonie d'ouverture des JO de Beijing, qui fut d'ailleurs retransmis à la télévision, on avait pu assister à un spectacle d'introduction, qui était du She Huo. Quelques 120 acteurs ont exécuté cette danse. Trois minutes qui ont laissé une profonde impression aux téléspectateurs, tant sur le plan artistique que sur le plan esthétique.

Wang Hong était le metteur en scène de ce spectacle. C'est aussi le chef de la Troupe de chant et de danse du Shaanxi. A partir des années 1980, il s'est mis à collecter et à rassembler des informations sur la culture du She Huo. On écoute Wang Hong s'exprimer au micro de RCI : « Le She Huo est une tradition très ancienne, une activité qui représente l'esprit national. C'est une manière de retracer notre histoire, un hommage qu'on rend aux divinités et à l'homme. »

Le She Huo était à l'origine une sorte de rituel que nos ancêtres organisaient pour vénérer la terre et le feu. « She » signifie la divinité de la terre et « Huo » la divinité du feu. On rendait hommage à la terre et au feu dans l'espoir d'avoir un climat favorable, des bonnes récoltes, un pays prospère et une vie heureuse.

Au fil du temps, le She Huo a évolué en un spectacle tant pour rendre hommage au ciel que pour fêter un heureux événement. Dans le Nord-ouest du pays, le She Huo peut prendre plusieurs formes, mais c'est celui du Shaanxi qui est réputé est le mieux conservé et le plus diversifié. Il est aujourd'hui classé au niveau national en terme de patrimoine culturel immatériel.

Un spectacle de She Huo représente un drame ; les visages des acteurs sont peints de manière très différente et très extravagante, puisqu'ils représentent toutes sortes de divinités, gentilles ou mauvaises.

Et le spectacle alterne entre jeux avec des échasses, course sur un faux cheval en bambou, danse de lions et démonstrations de tambours et de gongs. Un spectacle de She Huo est toujours quelque chose de captivant, tant par ses impressionnants jeux acrobatiques que par son charme artistique.

Wu Shuanhu est directeur de ce que l'on pourrait appeler une maison de la culture, dans l'arrondissement de Chencangde Baoji, dans le Shaanxi. Il nous a confié que rien que dans son arrondissement, on dénombre une dizaine de façons d'interpréter un spectacle de She Huo. Nous l'écoutons tout de suite :  « Chaque She Huo a un nom différent. Par exemple, le Che She Huo indique un spectacle que l'on va tirer un char, sur lequel les acteurs se tiennent debout, déguisés en personnages historiques. Pour un Xue She Huo, ce sera un spectacle de sang, du fait que l'on punira les mauvais. C'est un spectacle sanglant que l'on tire de l'histoire. »

Dans la ville de Hancheng, les locaux ont une prédilection pour un She Huo de gongs et de tambours, qui est spectacle plus gai. Même les enfants de trois ou quatre ans connaissent le rythme des morceaux. Et plus de 80 à 90% des locaux sont capables de jouer quelques extraits de ce genre de She Huo. Un village d'une certaine taille dispose toujours d'une équipe de gongs et de tambours.

A l'occasion d'une fête, d'une cérémonie, d'un mariage ou de funérailles, la ville de Hancheng ne cesse de retentir du son des gongs et des tambours. En jouant du tambour, les participants avancent et reculent, dansent, en prenant des poses particulières.

Ils exécutent leurs pas de danses avec application, tantôt ils lèvent leur menton, tantôt ils se tournent sur le côté et leur jeu s'offre, libre et élégant. C'est bel et bien le Xing Gu, un genre de She Huo propre à Hancheng.

Zhang Xin, directrice ajointe de la maison de la culture de Hancheng nous a confié qu'au fil du temps, ce rituel s'est transformé petit à petit en une sorte de spectacle enthousiasmant et joyeux, dont chaque village a sa propre façon de l'interpréter. Zhang Xin :  « Rien n'est imposé, on est libre de jouer. Tout le monde improvise. Il n'y a qu'à suivre le rythme des tambours. Le jeu le plus typique au village est le Sai Gu, c'est le fait d'avancer en battant du tambour. Un spectacle très imposant, très spectaculaire... »

D'après Zhang Xin, ces dernières années, les autorités locales ont beaucoup investi pour protéger et pérenniser le Xing Gu de Hancheng. Tous les villages sont maintenant équipés de gongs, de tambours, et de costumes. Dès que l'occasion se présente, ils partent jouer leur spectacle. C'est ainsi qu'ils font connaître leur art à davantage de gens: « Que ce soit le gouvernement central ou local, tout le monde apporte son soutien au Xin Gu de Hancheng. L'important est qu'ici dans le village, les conditions de vie soient améliorées ; dès qu'on a de l'argent, on veut avoir une vie plus diversifiée, on s'oriente vers la culture. C'est ainsi qu'on organise de temps à autre des activités culturelles. On est allé jusqu'à fonder une association de joueurs de gongs et de tambours. Presque tous les villages en ont une. »

Le She Huo en tant qu'art traditionnel est aujourd'hui intégré dans le programme d'échanges culturels avec les pays étrangers. A la tête de sa délégation, Wang Hong chef de la Troupe de chants et de danses du Shaanxi, s'est rendu en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Thaïlande. Le témoignage de Wang Hong : « A Berlin, on a fait l'objet d'un accueil très chaleureux. Même le maquillage est fait en un numéro. Avant la fin du spectacle, avec le Suona, un instrument de musique à vent chinois on a exécuté une chanson, « Song of joy ». C'était véritablement le point d'orgue. Beaucoup de spectateurs ont été touchés par cet art traditionnel, ils étaient vraiment émus, certains avaient les yeux mouillés. »

Et Wang Hong de souligner qu'à l'heure qu'il est, si l'on veut pérenniser le She Huo, les recherches doivent être portées sur un domaine plus large : l'origine, l'évolution, le fond culturel, et les techniques d'interprétation. Tout en apprenant la technique de She Huo, il faut savoir respecter et comprendre la culture du She Huo, ce n'est qu'ainsi qu'on parvient à conserver l'authenticité de cet art et à le pérenniser.

(Yannine)

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