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Huang Yongsong et sa revue "Han Sheng"
2009-01-06 10:48:09 cri
La revue "Han Sheng" a été créée en 1971. Elle est entièrement consacrée à la diffusion de la culture populaire et traditionnelle chinoise. Les éléments qui représentent la culture traditionnelle chinoise sont rapportés de façon exhaustive et fidèle par cette revue. « Han Sheng» est considérée comme l'une des meilleures revues d'Asie par l'hebdomadaire américain « Times ». Elle a été qualifiée de « Meilleure publication à destination des professionnels ».

Quant à Huang Yongsong, le fondateur de la revue, il tient sa promesse de ne parler que de ce qui concerne la culture traditionnelle chinoise, et ce depuis une trentaine d'années. Nous allons vous brosser son portrait.

Huang Yongsong est né à Taiwan. Il est maintenant âgé d'une soixantaine d'années. L'histoire de sa revue remonte aux années 1960. Il vient de terminer ses études dans une école d'art et il aimerait tourner des films ou des séries télévisées. Un jour, par l'intermédiaire d'un ami, le jeune Huang fait la connaissance d'une certaine Wu Meiyun, une Taiwanaise passionnée par la culture. Elle est retournée à Taiwan après avoir fait ses études aux Etats-Unis.

A deux, ils décident de créer un magazine pas comme les autres. Et c'est en 1971 que naît à Taiwan la revue en anglais « Echo », le prédécesseur de « Han Sheng », ou « Echo of Chinese Things». Dès sa création, le magazine est composé de 5 parties : « culture populaire », « vie populaire », « croyance populaire », « littérature populaire » et « art populaire ».

Au début, il n'y a que quelques personnes à la rédaction. Parmi elles : Wu Meiyun, la rédactrice en chef, et Huang Yongsong, rédacteur d'art et photographe.

Pour sa revue, Huang Yongsong visite presque toutes les zones rurales taiwanaises. Il fait des enquêtes et prend des photos. C'est ainsi qu'il fait découvrir au monde les us et coutumes des zones reculées. Huang Yongsong :  « Notre revue a pour but de sauvegarder les cultures traditionnelles chinoises en pleine disparition. On doit donc travailler avec beaucoup de soin. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut parvenir à notre but : les sauver. »

En 1974, la BBC fait appel à Huang Yongsong pour réaliser un documentaire sur les us et coutumes taiwanaises. Avec à leur tête Huang Yongsong et Wu Meiyun, l'équipe de tournage envoyée par la BBC s'est rendue dans diverses zones rurales de Taiwan. Ils ont réalisé un documentaire : « The Long Search ».

Huang Yongsong se rend compte que les étrangers attachent une grande importance à la culture traditionnelle chinoise. Ses collègues et lui doivent faire encore plus sauvegarder cette culture. Il se promet alors de faire rayonner la culture traditionnelle chinoise par l'intermédiaire de son magazine. En 1977, il lui donne un autre nom, celui de « Han Sheng », « Echo », ou littéralement en français, la voix des Chinois. Et sa revue est, depuis, éditée en chinois.

Au fil du temps, il réalise que les us et coutumes hérités de Taiwan ne constituent qu'une petite partie du patrimoine culturel chinois. Il éprouve donc le désir d'aller sur le continent.

En parallèle, les échanges entre les deux rives du Détroit de Taiwan se multiplient, ce qui crée des conditions favorables pour mettre en oeuvre les projets de Huang Yongsong. Ce qui le touche le plus lors de son séjour sur le continent est de pouvoir voir, dans un tout petit village du Zhejiang, la technique de Jia Xie, une technique de teinture très ancienne, perdue de vue depuis un millénaire.

Effectivement, pour beaucoup de gens, cette technique est perdue pour toujours. Et c'est Huang Yongsong qui l'a redécouverte dans le district de Cangnan, au Zhejiang. Il note alors mot à mot tous les procédés de production. Mais, au moment où il se prépare à quitter le village, le maître de la fabrique lui confie qu'il envisage de fermer son atelier. Car le processus de production est trop compliqué et, de nos jours, les gens n'ont plus besoin de tels tissus. Donc, il ne voit pas l'intérêt de continuer. La décision du maître bouleverse Huang Yongsong. Selon lui, c'est la dernière fabrique du genre qu'on risque de fermer. Huang Yongsong : « Après l'avoir écouté, je suis resté là pendant un moment sans savoir quoi dire. Et puis, je lui ai demandé : en êtes-vous sûr ? Il m'a répondu : Oui, absolument. On ne peut plus vivre de cet atelier. J'ai réfléchi et je lui ai proposé de reporter la fermeture. Il a accepté, il m'a dit qu'il pourrait fermer sa fabrique un an plus tard, mais à qui vendrait-il ses toiles? Sur un coup de tête, je lui ai répondu que moi, je les achèterai. J'ai tout de suite, commandé quelque mille pièces de tissu sur un an. »

De son retour à Taiwan, dans un article consacré à la protection de la technique de teinture Jia Xié, qu'il publie dans sa revue « Han Sheng », il appelle les lecteurs à acheter des Jia Xie pour sauver cette technique moribonde. La publication de cet article a beaucoup fait réagir, tant en Chine qu'à l'étranger. Répondant à l'appel de Huang Yongsong, quantité de professionnels et d'amateurs se sont joints à ses efforts, et certains d'entre eux sont allés jusqu'à se rendre à la fabrique de Jia Xie.

Qikou est un bourg très ancien dans la province du Shanxi, dans le centre ouest du pays. Dans le passé, c'était un port commercial connu de tous, le plus grand et le plus important port sur le fleuve Jaune. A présent, c'est le vestige le mieux conservé du Shanxi. En septembre 2004, Huang Yongsong a consacré un numéro à la présentation du bourg de Qikou. Huang Yongsong : « Vous voyez ces maisons, elles sont très bien structurées, elles suivent les ondulations du sol, donc il y en a qui sont hautes et d'autres qui sont basses. Elles sont très belles, elles ont une beauté naturelle. Ce sont des constructions très anciennes, elles ont donc une grande portée historique. Elles sont très précieuses pour moi. »

« Han Sheng » se veut « une banque génétique de la culture traditionnelle et populaire chinoise ». Selon Huang Yongsong, avec la mondialisation, il est bien plus intéressant pour ceux qui vivent dans le village planétaire d'avoir une vie culturelle diversifiée. Il souligne que les moeurs des populations sont aussi un trésor qu'il recherche. Et pas seulement dans le but de remplir les pages de sa revue, mais aussi pour pérenniser la culture traditionnelle millénaire. Huang Yongsong : « Je cours un peu partout dans le pays, du nord au sud, et plus je cours et plus je me sens en forme. Chaque fois que je découvre quelque chose de traditionnel, de populaire, et que je discute avec les anciens d'un village, ça me passionne. Maintenant, j'ai la soixantaine, mais, je ne me rends pas compte de mon âge. Je répète souvent que la culture populaire est inépuisable, car c'est un trésor inépuisable. »

(Yannine)

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