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He Jiping, «scénariste au label d'or»
2008-12-30 09:29:26 cri
Dans l'émission d'aujourd'hui, nous allons vous tracer le portrait de He Jiping, appelée aussi la « scénariste au label d'or ». Les scénarios qu'elle a écrits pour la télévision ou le cinéma depuis une vingtaine d'années ont tous, remporté de vifs succès. Femme douce et élégante, aux créations ponctuées d'intrigues et de rebondissements, elle nous fait revivre par son écriture unique pages d'histoire ou vies dramatiques de personnages qui pourraient être réels.

He Jiping est née au début des années 1950. Lorsqu'elle est encore petite fille, ses parents et ses frères et s?urs partent vivre à Hongkong, tout en la confiant à sa grand-mère maternelle, qui vit alors à Beijing. La légende raconte que, collégienne, ses rédactions étaient déjà très appréciées de ses professeurs. A 17 ans, en pleine révolution culturelle, la jeune fille est envoyée dans le Shan'xi pour aller y travailler la terre. C'est là qu'elle écrira son premier scénario : « L'Histoire d'une paire de chaussures ».

C'est l'histoire toute simple d'une jeune fille. Avant de partir pour travailler à la campagne, son père lui confie une paire de chaussures, tout en lui expliquant que ces chaussures lui ont été offertes par un paysan, un paysan qui lui a sauvé la vie. Plus tard, ces chaussures vont être reconnues par le paysan en question. Une histoire toute simple qui fut jouée pour la première fois sur une aire de battage. En vue d'assister au spectacle, les villageois avaient fait suspendre sur cette aire de battage une rangée de lampes-tempêtes. Depuis, les pièces de He Jiping ont été jouées dans divers théâtres, plusieurs salles, mais seule cette rangée de lampes-tempêtes est gravée à jamais dans sa mémoire.

Grâce à son talent d'écriture, elle est ensuite admise à l'Institut central d'art dramatique de la capitale. Au terme de ce parcours, elle sera embauchée tout de suite par le Théâtre populaire de Beijing. Elle écrira alors sa première pièce de théâtre : « Hao Yun Da Sha », ou en français, « l'immeuble de la chance », jouée et rejouée à une centaine de reprises. A l'époque, la Chine vient de s'ouvrir sur le monde extérieur : cette pièce qui décrit la vie à Hongkong ouvre un nouvel horizon aux spectateurs chinois. On écoute à ce propos He Jiping : « La pièce date de 1982, c'est la première que j'ai écrite après ma sortie de l'université. Comme les autres membres de ma famille vivaient à Hongkong, je m'y suis rendue en 1979. A l'époque, il n'y avait que très peu de gens de l'arrière pays qui se rendaient dans la presqu'ile. Dans la pièce, je décris la vie qu'on mène dans un immeuble de cette ville. J'y décris la vie de tous, le bonheur et le malheur. »

La pièce la plus importante de He Jiping s'appelle : « Tian Xia Di Yi Lou », ou en français, « Le premier restaurant du monde ». Quel est ce restaurant ? Il s'agit tout simplement de Fú Jù Dé, le célèbre restaurant, maintenant une chaine, de canard laqué.

He Jiping a confié à nos journalistes qu'elle était grande amatrice de cuisine. Dès qu'elle a été nommée au poste de scénariste au Théâtre populaire de Beijing, troupe de théâtre très réputée pour l'interprétation des moeurs de Beijing, elle a tout de suite envisagé d'écrire une pièce relative au canard laqué de Beijing: « Comme je vis à Beijing, je suis très attaché à cette ville. D'autant plus que je travaille pour le Théâtre populaire de Beijing et que je dois écrire quelque chose dessus. En vue d'écrire « Le premier restaurant du monde », je me suis beaucoup renseignée. Je voulais en premier lieu mettre en relief la nature humaine. Certes, dans cette pièce j'ai consacré beaucoup de page à la description de la culture culinaire, mais malgré tout, vers la fin de l'action, je pose une question, par le biais d'une paire de sentences parallèles. A la fin j'écris « Bravo pour cette maison en délabrement, mais finalement, on ne sait plus qui est l'hôte et qui est invité ». Sans cette interrogation, je ne serais pas arrivé à toucher mes spectateurs. C'est quelque chose de frappant. Et ça a un lien avec la culture de l'auteur, avec ce qu'il a vécu. »

Tous ceux qui ont assisté au spectacle ont fini par soupirer sous le coup de l'émotion, qui est surtout renchérie par la paire de sentences parallèles « Bravo pour cette maison en délabrement, mais finalement, on ne sait plus qui est l'hôte et qui est invité. Une maison de trois pièces, tantôt éclairée par la lune, tantôt malmenée par le vent ». Pour les critiques, c'est dans cette paire de sentences que réside tout le secret de la pièce. Depuis sa sortie en 1988, la pièce a été produite à plus de 500 reprises, en Chine intérieure et à Hongkong. Elle a aussi été adaptée pour la télévision, sous forme de série. Qui plus est, certains extraits de la pièce ont été introduits dans des manuels scolaires à Hongkong.

En 1989, He Jiping a quitté Beijing pour aller rejoindre les autres membres de sa famille à Hongkong. Les premiers jours elle était très déçue. Passer du statut de scénariste réputée à celui d'illustre inconnue n'était pas si facile. Elle a du tout reprendre depuis le début.

Pour commencer, elle a dû se mettre au cantonais. Et finalement son acharnement a payé, puisqu'elle a fini par se faire connaître à Hongkong. Le grand metteur en scène hongkongais Tsui Hark a d'ailleurs fini par lui proposer d'écrire une nouvelle version pour le long métrage « Dragon Inn ». Avant de partir, il ne lui avait laissé qu'une copie de l'ancien film et quelques papiers sur lesquels il avait tracé les grandes lignes de son nouveau projet. C'est toutes les références que He Jiping avait pour son travail d'écriture. Qui plus est, le metteur en scène lui avait demandé d'accomplir la mission en 6 semaines. Avant quoi, He Jiping n'avait lu aucun roman de cape et d'épée. Mais elle a très bien compris que l'occasion était à saisir et qu'elle ne devait pas la manquer. Et en effet, elle n'a pas failli à sa mission.

C'est un beau film d'action dont l'histoire se passe dans une petite auberge au beau milieu d'un désert. L'action, très bien structurée, est ponctuée de péripéties et de rebondissements... Le film est surtout imprégné de l'esprit chevaleresque que les Chinois idolâtrent et auquel ils s'attachent. Dès sa sortie, ce film a remporté un vif succès à Hongkong. Encore maintenant, il est considéré comme un classique du genre.

Dès lors, He Jiping n'a eu de cesse d'être sollicité de droite à gauche. Elle s'est vue confier le script de séries télévisées, qui parfois devaient être terminé en une dizaine de jours, soit un épisode par jour. Elle s'est battue pendant huit ans dans l'univers du cinéma et de la télévision tout en sortant une série d'oeuvres à succès. Mais sa conception du travail de création a aussi évolué. He Jiping : « A Hongkong, dans la plupart des cas, ce n'est pas moi qui décide de que je dois écrire. J'écris toujours sur la proposition des autres. Après m'être installé à Hongkong, j'ai réalisé qu'une ?uvre artistique devait répondre à la demande commerciale. Elle doit être captivante, sensationnelle, et faire preuve de professionnalisme. On doit s'efforcer d'écrire quelque chose d'intéressant et d'intelligent. »

En 1997, He Jiping a rejoint le Théâtre de Hongkong. L'année suivante, la pièce qu'elle écrit « De Ling et Cixi » lui a permis d'arracher 5 grands prix à Hongkong.

En ce qui concerne la pièce de théâtre « De Ling et Cixi », l'action se passe vers la fin de la dynastie des Qing, c'est à dire entre la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. La pièce a été écrite d'après le journal de De Ling. De Ling était la fille d'un ministre plénipotentiaire chinois accrédité à l'étranger. De ce fait, elle parle plusieurs langues étrangères et ?ce qui était important pour une femme à l'époque-, excellait dans l'arrangement floral et la danse.

En 1903, suivant son père, elle retourne en Chine, pour être interprète de l'impératrice douairière Cixi et professeur d'anglais de l'empereur Guangxu. De part et d'autre, les deux côtés n'ont eu de cesse de s'affronter, car De Ling avait des idées plus avancées en raison de son séjour dans les pays étrangers ; quant à Cixi et Guangxu, ils étaient plus conservateurs. Heureusement, De Ling était très gâtée par ces deux personnages.

La jeune De Ling, selon He Jiping, était, je cite, « un petit bout de soleil humaniste qui illuminait la Cité interdite au crépuscule ». Vers la fin de la pièce, notre scénariste fait allusion au fait que Cixi, que les nouvelles idées de l'époque commençaient à influencer, envisageait de faire une réforme. La création de He Jiping a révolutionné l'opinion que les Chinois portent depuis toujours sur Cixi, femme autoritaire et despotique. On a sur scène une Cixi qui et à la fois impératrice et femme ; une femme comme toutes les femmes du monde, qui de temps à autre, se sent triste et solitaire.

D'autres oeuvres ont également remporté des succès remarquables, comme « Suan Suan Tian Tian Xiang Gang Di », que l'on peut traduire en français par « La vie à Hongkong ». Comédie musicale, elle est depuis considérée comme un chef d'oeuvre, tout comme « Yan Yu Hong Chuan », une pièce de théâtre, qui a même battu le record en terme d'investissement pour les ?uvres de sa catégorie. He Jiping a également adapté le conte de fée « Niu Lang et Zhi Nu » pour en faire une série télévisée.

Dans le rôle du jeune premier on retrouve d'ailleurs Tian Liang, surnommé le prince chinois du plongeon. Le tournage de cette série est aujourd'hui terminé. À titre de superviseur, elle a pris part au tournage du long métrage, « Ballistic », réalisé sur fond de l'affaire des tirs du 19 mars, à Taiwan. Le film est maintenant à l'affiche à Hongkong.

He Jiping nous a confié qu'elle voulait remercier le Ciel, pour le succès de ses pièces qui, contrairement à ces attentes, se sont très bien vendues.

(Yannine)

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