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Trente de réforme en matière de l'édition en Chine
2008-12-16 19:02:48 cri
La 60ème Foire du livre de Francfort, en Allemagne, vient de se clôturer. La Chine sera l'invitée d'honneur de la prochaine édition de la Foire. Cette invitation revêt une importance particulière pour le pays : il y a encore trente ans, le pays souffrait d'une « pénurie de livres » ; maintenant, la situation a bien changé, et en tant qu'invitée d'honneur, la Chine va participer à la plus grande Foire du livre du monde. On doit cette évolution à l'application, depuis une trentaine d'années, de la politique de réforme et d'ouverture.

Lors de la 60ème Foire du Livre de Francfort, la Turquie, invité d'honneur de l'édition 2008, a donc passé le relais à la Chine. A cette occasion, Li Dongdong, vice-ministre chinoise de l'Administration d'Etat chargée de la Presse et de l'Edition, a répondu aux questions de RCI. Nous l'écoutons tout de suite :  « En 2009, la Chine participera à la Foire du livre de Francfort, en tant qu'invité d'honneur. C'est une première. Nous allons y présenter 5.000 ouvrages chinois de qualité. Ils représentent le niveau de développement actuel de l'édition chinoise. Cela reflète aussi les succès remportés par la Chine depuis l'application dans le pays de la politique de réforme et d'ouverture, il y a une trentaine d'années. »

Petit retour en arrière? De 1966 à 1976, la plupart des maisons d'édition ont été fermées et le développement du secteur a été grandement affecté. C'était l'époque de « Grande Révolution culturelle », ou, comme on l'appelle parfois aujourd'hui, la période des « Troubles intérieurs ».

En 1976, après la fin de cette période de « Troubles intérieurs », les Chinois ont laissé libre cours à leur enthousiasme pour les études et la lecture ; un enthousiasme qui avait été étouffé pendant longtemps, trop longtemps. Le secteur de l'édition a repris son développement, mais pas aussi vite qu'on le souhaitait. Il était loin de satisfaire la demande des lecteurs. Tout de suite, le témoignage de Yang Deyan, vice-président permanent de l'Association des éditeurs de Chine : « En 1978, après la 3ème session plénière du 11ème Congrès du Parti communiste chinois, on était incité à apprendre des langues étrangères, et à se rendre dans des pays étrangers. En matière d'édition, l'époque était marquée par une pénurie de livres, sans parler de l'absence de nouveautés. Je me souviens qu'à l'époque, pour se procurer une série de manuels anglais écrits par le professeur Xu Guozhang, la file d'attente était impressionnante devant une librairie. Et l'offre était loin de satisfaire la demande. Donc, certains étudiants en anglais n'avaient ni manuel ni dictionnaire. Cette situation avait deux causes : d'un côté, on n'avait pas encore eu suffisamment de temps pour rédiger de nouveaux livres, de l'autre, le pays souffrait d'une pénurie de papier. Et le secteur de l'imprimerie n'était pas non plus très développé ».

A l'époque, Yang Deyan était rédacteur au service des langues étrangères de Shang Wu Yin Shu Guan, une maison d'édition qui venait de reprendre ses activités. C'est une ancienne maison d'édition chinoise, fondée vers la fin du 19ème siècle. Elle est devenue la première maison d'édition dite moderne du pays ; elle met l'accent, depuis toujours, sur les sciences occidentales. Pour répondre à la demande des lecteurs chinois avides de langues étrangères, la maison d'édition où travaillait Yang Deyan a accéléré son rythme de travail. On continue à l'écouter : « En 1978, nous avons noué des liens avec la maison d'édition de l'université d'Oxford. Le dictionnaire Oxford est l'un des premiers livres qu'on ait édités. C'est un tout petit dictionnaire anglais-chinois, chinois anglais. Sa commercialisation date du début des années 1980. »

D'après les données offertes par l'Administration d'Etat chargée de la Presse et de l'édition, le nombre d'ouvrages publiés par la Chine est passé de plus de 10 000 en 1978 à plus de 240 000 en 2007. Quant aux périodiques, on en comptait 600 en 1977, et plus de 9 000 en 2007. Le nombre de journaux a été multiplié par dix en une trentaine d'années, passant de 200 à 2000. En ce qui concerne les produits audio ou multimédias, ils sont passés de 30 millions de disques en 1978 à 460 millions en 2006.

Une trentaine d'années sont passées. Et aujourd'hui, les Chinois ont l'embarras du choix. Ils sont maintenant submergés par un océan de livres. Tout le monde peut profiter du développement du secteur de l'édition. Tout de suite, nous allons écouter Anna, une Russe qui vit en Chine depuis une bonne dizaine d'années : « Au fil du temps, le nombre de publications en langues étrangères n'a cessé de croître. Notamment depuis ces dernières années, elles sont particulièrement riches et variées. Je me souviens que, dans les années 1990, on pouvait déjà trouver de grands classiques russes comme « Guerre et Paix », et d'autres oeuvres d'écrivains contemporains. De nos jours, que ce soit dans la librairie de Wang Fu Jing ou dans celle de Xi Dan, de grands rayons sont consacrés aux livres russes. Pendant les JO, on pouvait se procurer des journaux ou des revues russes. Tous les Russes qui vivent en Chine peuvent s'abonner à tous les journaux ou magazines qui paraissent en Russie, et ce sans aucune restriction. »

Pendant les trente dernières années, la « Loi sur les droits d'auteurs » a créé un système judiciaire et administratif de protection de la propriété intellectuelle. Rien qu'en 2007, plus de 70 millions de produits illégaux ont été saisis, dont 10 millions de livres contrefaits.

Zheng Yuanjie est un célèbre écrivain chinois. Il est très prolixe. Les contes de fée qu'il écrit sont en tête des ventes depuis une vingtaine d'années. Selon lui, les écrivains chinois sont très protégés par la loi relative à la protection de la propriété intellectuelle. Zheng Yuanjie:  « En 1981, j'ai publié mon premier livre. A l'époque, on parlait très peu de contrefaçons. Mais au fil du temps, les cas de violations des droits d'auteurs se sont multipliés, à tel point que j'ai été obligé de lutter moi-même contre les éditeurs pirates. Je me souviens qu'à une certaine période, peut-être entre 1991 et 1992, ni les autorités, ni moi n'arrivaient plus à les maîtriser. J'étais en colère et je m'étais juré de ne plus écrire, au lieu de les laisser contrefaire mes livres. Maintenant, la situation s'est beaucoup améliorée. Un cas mérite d'être cité. En 2007, j'avais remarqué que l'une de mes oeuvres avait été piratée ; j'ai porté plainte et la police est tout de suite intervenue. L'affaire a très vite été éclaircie, et six personnes impliquées dans cette affaire ont été arrêtées et punies. »

Pendant trente ans, le secteur chinois de l'édition n'a eu de cesse de s'ouvrir au monde extérieur. En 1992, la Chine a adhéré à la « Convention de Berne » et à la « Convention universelle sur le droit d'auteur ». En 2003, la Chine a tenu l'engagement qu'elle avait pris lors de son adhésion à l'OMC, en ouvrant le secteur de l'imprimerie et le circuit de distribution. Cela lui permet de développer ses actions de coopération internationale.

La Chine est aujourd'hui incontournable dans les foires du livre de dimension mondiale, comme celles de Francfort, en Allemagne, de New York, aux Etats-Unis, de Tokyo, au Japon et de Séoul, en Corée du sud.

Lors de la 15ème foire du livre de Beijing qui vient de se clore à Tianjin, Yan Xiaohong, vice-ministre chinois de l'Administration d'Etat chargée de la Presse et de l'Edition, a fait cette déclaration: « Le gouvernement chinois continue d'encourager les entreprises chinoises et étrangères à renforcer, à élargir et à diversifier leurs coopérations, et ce afin de créer davantage de produits culturels de qualité. De plus, le gouvernement chinois envisage d'intensifier la lutte contre le piratage et d'établir un système de droits d'auteurs à faible prix de revient et avec une commercialisation rapide. Tout cela a pour but de créer un environnement favorable à la coopération entre les entreprises chinoises et étrangères en matière d'édition. »

(Yannine)

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