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Tan Dun, compositeur chinois résidant aux Etats-Unis
2008-12-09 09:57:54 cri
L'homme du jour est Tan Dun, compositeur chinois résidant aux Etats-Unis et Oscar musique pour le long métrage de Ang Lee « Tigre et Dragon ». Il est aujourd'hui invité aux quatre coins du monde à la fois comme compositeur et chef d'orchestre et est célèbre pour avoir dirigé de grandes oeuvres du 20ème siècle...

Pour ce qui nous concerne, en 2008, Tan Dun se joint aux Jeux olympiques. Concrètement parlant, il est librettiste de l'Opéra « Cha» ou en français « Thé », pièce a été considérée comme programme phare lors de la ténue des JO à Beijing. Tan Dun a aussi écrit la musique pour les cérémonies de remises de prix lors de Jeux Olympiques et Paralympiques.

Ce n'est pas tout. De concert avec les autres musiciens chinois et étrangers, il a composé la chanson « Un monde, un rêve », toujours pour les JO. Tan Dun est à présent, considéré comme un « génie » de la musique, du fait que c'est un compositeur très sensible, il peut être inspiré par des choses qui sont souvent négligées, pour mettre au monde de très belles musiques.

Li Sao, ou en français « Elégie de la séparation » est une oeuvre symphonique signée de Tan Dun, oeuvre qu'il a composée lors qu'il faisait ses étude au Conservatoire central de Chine, l'établissement d'enseignement supérieur de la musique le plus prestigieux du pays. Alors qu'il était à la 2ème année de ses études, il a composé la première oeuvre symphonique de sa vie, qui est exécutée avec Gu et Xiao, respectivement tambour et flûte de bambou. Ce sont deux instruments de musique chinois très anciens. Quant à l'Elégie de la séparation, Li Sao, c'est le chef-d'oeuvre du grand poète chinois Qu Yuan, poète qui a vécu il y a plus de deux millénaires. Notre compositeur a su marier l'esprit chinois à la musique occidentale. L'oeuvre qu'il a écrite à l'époque est très avant-gardiste.

Tan Dun a aussi écrit un quatuor, qu'il a inspiré des aires populaires, de la musique de la cour impériale et des cantiques. L'oeuvre ainsi écrite fait sentir la fraîcheur et la nouveauté. Au Terme de ses études universitaire, Tan Dun s'est rendu aux Etats-Unis pour se perfectionner à l'Université de Colombie. En 1988, il a donné un concert de ses oeuvres aux Etats-Unis, un événement sans précédent ! Pour la première fois qu'un musique chinois a pu donner un concert aux Etats-Unis. Depuis, il a écrit pour les orchestres au top niveau du monde, y compris l'Orchestre philharmonique de New York. Les oeuvres qu'il a ainsi écrites sont toutes considérées comme de chefs - d'oeuvre. Il est aussi chef d'orchestre pour certaines institutions de musique. En 2001, il a composé la musique pour le long métrage de Ang Lee, « Tigre et Dragon ». Cela lui a valu le prix de la meilleure musique des Oscars. Les quelques autres titres qu'il a écrits pour des films ont été à plusieurs reprises nommées lors de la cérémonie de remise du prix Grammy.

De temps en temps, le public est surpris par une oeuvre musicale signée de Tan Dun du fait qu'il sait mettre à son profit toutes sortes d'objets, naturels ou artificiel. Depuis une dizaine d'année, Grâce à la « musique organique» qu'il crée, il écrit des musiques par biais du papier, de l'eau et de la poterie. Lors qu'il écrit l'opéra « Thé », version internationale, de nouveau, il met en service ces éléments de « musique organique ».

L'opéra « Thé » nous relate  une histoire d'amour qui se passe entre une princesse chinoise et un prince japonais. Grâce au thé, ils font connaissance et décident de chercher à trouver le « Cha Jin», ou le Livre du thé, écrit au 8ème siècle par Lu Yu, surnommé en Chine, saint du thé.

Tan Dun nous confie que l'idée de création lui vient d'un thé qu'il a dégusté lors d'une visite qu'il a effectuée dans une montagne, dans un monastère de bonzesses. Alors, une bonzesse lui offre un verre de thé, vide, tout en lui disant, « prenez du thé s'il vous plaît ». Et Tan Dun ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire par-là. Et la bonzesse de lui expliquer, si l'on avait quelque chose dans le coeur, on aurait du thé dans le verre. Tan Dun est très touché par cette interprétation. Et il voulait donc par l'intermédiaire de son opéra « Thé » expliquer l'attitude et l'esprit des Chinois à l'égard de la vie ainsi que la culture de la contemplation. On écoute tout de suite Tan Dun:  « Le thé est le genre de plante le plus popularisé de par le monde, il a un lien très étroit avec notre vie de tous les jours. Mais, c'est aussi un mode de vie qui est facile à être oubliée. C'est la plus grande culture de masse tant pour le passé que pour le présent, tant en Chine qu'à l'étranger. Quant nous, nous vivons exactement au beau milieu de cette culture. C'est exactement la culture de contemplation que nous cherchons, c'est un support qui nous permet de remonter aux sources de la culture chinoise. »

A partir de 2002, l'opéra « Thé » est produit dans divers pays du monde. On peut en compter quelque 16 versions, américaine ou européenne. Pour celle de l'année 2008, de concert avec des artistes chinois, Tan Dun a mis sur scène une version chinoise internationalisée, pour être figuré au programme phare des activités culturelles qui ont lieu lors de la tenue des Jeux Olympiques à Beijing. Fin juillet, le « Thé » est produit à deux reprises au Grand Théâtre National de Chine, à Beijing. Alors, tous les acteurs chinois ont chanté en anglais. Et Tan Dun de souligner qu'il espère que le « Thé » chinois internationalisé peut être représenté à l'étranger, pour devenir une marque qui achemine la culture chinoise.

Tan Dun nous confie qu'il est un friand de thé. Du fait que ce dernier pourrait souvent lui donner d'inspirations. Lors des JO, il se voit confier la mission de composer pour les cérémonies de remises des prix. A un moment donné, il se sent stressé. Alors il se rend à Shanghai, et prend du thé à Yu Yuan, un jardin classique très connu. Alors il est attiré par la présence de quatre caractères chinois, qui sont gravés sur une pancarte, suspendue au-dessus du mur de la maison de thé où il était.

On lisait « Jing Shen Yu Zhen», ou littéralement en français, voix d'or et timbre de jade. C'est le genre de musique auquel nos ancêtres aspirent depuis plus de deux millénaires. Musique, qui est sans aucun doute très belle. Ces quatre caractères ont beaucoup inspiré Tan Dun. Comme les médailles qu'on décernerait à Beijing étaient faites de l'or et de jade, Tan Dun voulait écrire une musique du même genre, une musique qui intègre or et jade et qui accompagnerait la remise des médailles. Continuons à entendre Tan Dun :  « Si la musique est faite pour la remise des médailles, elle doit faire sentir la gloire et la splendeur. Mais ce qui compte le plus, est qu'on est à Beijing. Je voudrais par l'intermédiaire de ma musique faire sentir à tous les spectateurs, qu'on est dans le « pays du voix d'or et de timbre de jade, le pays où se fusionnent le feu et l'eau ». Que tout le monde sente la noblesse, la douceur et l'amour qu'elle interprète. Dès qu'on entend la musique, on est sûr qu'on est en Chine, et pas n'importe où ailleurs. »

Basé sur la chanson populaire chinoise « Mo Li Hua», ou fleur de jasmin, chanson qui a été chantée par la chanteuse française Mireille Mathieu, je crois que la mélodie est au moins connue du public Francophone, Tan Dun met au monde une musique qui est exécutée avec des instruments de musique chinois à percussion très anciens, Bian Zhong et Yu Qing, carillons en bonze et pierres de jades. Pour faire découvrir la culture chinoise qui est très marqué par l'harmonie, l'intégration et la coexistence.

Vous venez d'entendre un extrait de la musique que Tan Dun écrit pour la remise des médailles lors des Jeux, olympiques et paralympiques. Musique qui est imprégné de couleur chinoise, est exécuté à plus de 700 reprises dans des sites de compétition lors des JO. Outre la musique de remise, de concert avec le musicien suédois Robert Wells, Tan Dun écrit des musiques emblématiques pour les JO.

La chanson chinoise « Un monde, un rêve » est une coproduction de Tan Dun et de David Foster. Ce dernier est un grand maître de la musique pop. La chanson est chantée par Andrea Bocelli, chanteur italien et Zhang Liangying, chanteuse chinoise.

Tan Dun a remis la chanson au Bocog, Comité d'organisation des JO de Beijing pour être élire chanson olympique. Notre compositeur voulait bien que sa chanson fût chantée lors de la cérémonie d'ouverture des JO. Selon lui, cette chanson est écrite dans l'esprit d' « un monde un rêve ». Y : Un monde où sont surpassées les barrières de langues et les frontières entre le classique et le populaire, le jour et la nuit. Hélas, son oeuvre n'est pas élue. Tout de suite le témoignage de Tan Dun :  « Ce qui compte est la vie qu'on a vécue. Grâce au Jeux olympiques, nous parvenons à vivre un grand amour, un amour entre l'orient et l'occident. Un amour qui représente les diverses cultures et les diverses ethnies. C'est un embrassement entre les inconnus. Je crois que la Chine est bel et bien capable de prouver au monde qu'elle est une terre d'amour. »

(Yannine)

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