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Shakespeare est venu à Beijing !
2008-11-25 10:47:22 cri
Shakespeare est venu à Beijing ! Depuis plus de 400 ans, les oeuvres de Shakespeare n'ont eu de cesse d'être représentées et réactualisées. Il y a peu de temps, sous le mot d'ordre, « L'éternel Shakespeare», des comédiens du monde entier sont venus à Beijing interpréter des oeuvres du grand maître du théâtre. Ils ont ainsi présenté au public chinois un Shakespeare qu'ils ne connaissaient pas encore.

Chaque année, de nombreux festivals de par le monde sont consacrées au maître de la tragédie. En Chine, Shakespeare est un nom connu de tous, mais les spectateurs chinois n'ont que très peu d'occasion d'assister à des représentations de ses ?uvres. C'est pourquoi, que Beijing organise une saison consacrée au dramaturge anglais était une chose importante, permettant aux Pékinois de se régaler enfin de ces pièces.

« Le Roi Lear » est l'une des quatre grandes tragédies de Shakespeare. C'est une histoire connue de tous : le Roi Lear doit céder son trône à l'une des ses trois filles. La transmission du pouvoir est le foyer de toutes les tragédies. La metteuse en scène chinoise Tian Qingxin l'a adaptée en un théâtre chinois et l'a surnommé : « Ming ». L'action se passe dans la Chine du 14ème au 17ème siècle, sous le règne des Ming. L'empereur d'alors, devenu trop vieux pour régner, ne sait pas auquel de ses trois fils confier le pouvoir. Voyant que son roi est en pleine hésitation, son ministre favori lui propose de lire le chef d'oeuvre de Shakespeare, « Le Roi Lear » pour lui faire vivre le sort tragique du Roi. C'est une sorte de jeu dans le jeu, de mise en abyme de la pièce.

La réalisatrice Tian Qinxin, a réussit à introduire dans la pièce un esprit chinois dans l'interprétation et le traitement des intrigues. Les décors de la pièce « Ming », sont peints à la manière chinoise, selon la technique que l'on nomme « de montagnes et d'eaux ». Les costumes sont très modernes, doux et aériens. Les acteurs parlent une langue humoristique, actualisée. Et les spectateurs semblent naviguer entre le passé et le présent. On écoute Tian Qinxin s'exprimer au micro de RCI : « Ce qui est nouveau est qu'on a fait venir « Le Roi Lear » en Chine, et qu'on l'a situé sous la dynastie des Ming. La structure de la pièce a été énormément modifiée. La pièce ainsi faite est plus légère, plus comique. Nous avons demandé aux comédiens d'adopter une méthode de représentation dite de « rebondissement ». En plus, nous faisons s'assoir les comédiens sur la scène et ils assistent au spectacle avec les spectateurs. Le jeu des comédiens est très détendu. »

En plus de « Ming », la version originale, la version anglaise du « Roi Lear » a été jouée. Plusieurs professionnels anglais ou américains sont venus se joindre à l'expérience pour mettre en scène cette pièce. Ce sont tous des comédiens spécialisés dans le théâtre de Shakespeare.

Six étudiants de l'Institut de recherche du théâtre et du cinéma étrangers de Beijing y ont aussi tenu des rôles. Bien que les comédiens soient issus d'un contexte culturel tout à fait différent, une parfaite interaction s'est créée entre les comédiens lors des représentations. Tout de suite le témoignage de Joseph Graves, comédien qui tient le principal rôle dans la pièce :  « Il y a sept ans, je suis venu travailler avec la Chine, c'est déjà la 42ème pièce que l'on produit ensemble. Je suis très content de pouvoir me produire avec des collègues chinois. Pour eux, l'anglais est une deuxième langue, et Shakespeare est une troisième langue, ils sont donc plus appliqués que nous. Ce qui leur permet de bien comprendre Shakespeare aussi. Je suis souvent touché par leur application. »

Une autre oeuvre de Shakespeare a aussi été présentée en deux versions. L'une était une adaptation de Corée du Sud, et l'autre venait de Lituanie.

Cette pièce, « Roméo et Juliette », a été mise en scène par le grand maître sud coréen Oh Tae Suk, elle est à l'affiche en Corée du Sud depuis plusieurs années. En ce qui concerne la réalisation, Oh Tae Suk a très bien su marier la méthode d'expression traditionnelle du pays à la méthode d'expression contemporaine. Dès le lever du rideau, on voit sur la scène des comédiens vêtus de costumes aux couleurs vivantes exécuter une danse des sabres, ce pour suggérer la lutte entre les deux grandes familles, une mise en scène très coréenne. Notamment, après la mort des deux jeunes héros, des comédiens habillés en coréen exécutent des pas de danse traditionnelle et du jeu de sabre sur un fond de musique joyeuse pour exprimer leurs sentiments. A la fois, bouleversant et triste.

Et Oh Tae Suk de souligner, lorsqu'il réadapte l'oeuvre de Shakespeare, qu'il garde le côté classique et traditionnel de l'oeuvre tout en y intégrant l'esprit coréen, y compris la mélodie du drame traditionnel sud coréen, et des éléments qui sont dans l'air du temps. Tout cela a pour but d'exalter l'amour noble et beau sur la scène sous forme de prose.

Quant à la pièce de théâtre « Roméo et Juliette » produite par la troupe OKT de Lituanie, elle est d'une interprétation tout à fait différente de la précédente. La scène du balcon ne s'est pas jouée sur un balcon romantique de style italien, mais dans la cuisine d'une pizzeria, remplie de poussières de farines.

Le jeu des comédiens est très marqué par l'humour. Quant à la musique, elle est très expressive et très moderne. La scène est éblouissante. La mise en scène laisse la place à l'imagination des spectateurs pour vivre cet amour tragique. La pièce est mise en scène par Oskaras Korsanovas, un réalisateur de 39 ans, qualifié de « génie » dans son milieu. « Roméo et Juliette » est l'un de ses chef d'oeuvres. On écoute tout de suite Oskaras Korsanovas :  « J'espère que les spectateurs assistent au spectacle comme s'ils assistent au visionnage d'un film. Sur la scène, j'ai utilisé la méthode de montage cinématographique. La scène peut être tournée. Pour commencer, on a la cuisine sur la scène ; au fur et à mesure du changement des lumières et des musiques, la scène se transforme en une autre scène de la vie de tous les jours, une église, un cimetière...Pour Shakespeare, ce qui compte est le conflit théâtral. Sur la scène, l'accent est bel et bien mis sur ce genre de conflit. »

Le Théâtre TNT de Grande Bretagne est aussi venu avec une pièce intitulée « Taming of the shrew », l'une des comédies les plus réputées de Shakespeare. La scène est toujours très baroque, les dialogues sont très shakespeariens et le jeu est d'un humour tout britannique ; du début à la fin, les rires des spectateurs n'ont pas cessé. Un vrai régal pour les amateurs de Shakespeare !

Le Théâtre du peuple de Tianjin a produit une autre pièce de Shakespeare : « A Midsummer Night's Dream », l'une de ses premières oeuvres ponctuée par son style de création romantique et lyrique.

Shakespeare était quelqu'un de très actif, et ses oeuvres sont de styles très variés. Tragédie, comédies, tragicomédies, cet auteur a tout écrit, l'on va du rire aux larmes. 400 ans plus tard, elles ont toujours ce même pouvoir émotionnel, cette même actualité. On l'a vu il y a quelques années avec le film Roméo et Juliette, avec dans le rôle titre Léonardo di Caprio. Aujourd'hui, réinterprété, rejoué, réadapté, en Chine, en Lituanie, et en Corée, Shakespeare reste « L'éternel Shakespeare !».

(Yannine)

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