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Tous nos hommages à Xie Jin, grand réalisateur chinois
2008-11-25 09:58:14 cri
Xiè Jìn réalisateur chinois vient de disparaître à l'âge de 85 ans.  Il était originaire du Zhejiang, où il est né en 1923. Alors que toute la Chine lui a rendu hommage à l'occasion de sa mort, nous allons revenir sur cet homme qui n'a eu de cesse de ponctuer les évolutions de la Chine de ces oeuvres admirables.

En 1941, Xiè Jìn fut admis à l'école d'art dramatique de Jiang'an, basée dans le Sichuan. C'est sept ans plus tard, en 1948, qu'il entamera sa carrière de metteur en scène. Le long métrage « La basketteuse n°5», sorti en 1957, le révélera au grand public. Film très narratif, la fille qui tient le premier rôle est à la fois très belle, tenace, et insouciante. Ce film a rencontré un grand succès auprès du public et a été à plusieurs reprises primé au niveau national et international. Depuis, Xiè Jìn s'est imposé dans l'univers du cinéma chinois. Aujourd'hui encore, « La basketteuse n°5 » est considéré comme un chef-d'oeuvre dans le domaine des films sportifs. Qín Jian, l'actrice qui tient le second rôle dans le film de Xiè Jìn, garde toujours la photo qu'elle a prise avec son metteur en scène préféré. On écoute son témoignage : « Xiè Jin était quelqu'un de très gentil. Il m'avait répondu à ma lettre, en me disant que tous les acteurs étaient prêts, que si je voulais y jouer un petit rôle, j'étais la bienvenue. Sans hésitation, je suis partie tout de suite me joindre à lui. »

En tant que réalisateur, Xiè Jìn savait qu'il avait une mission historique, et était conscient de sa responsabilité. Durant une cinquantaine d'années, il a su reproduire l'évolution de la société chinoise à travers son cinéma. « Le détachement féminin rouge», « Soeurs de scène », « Le berceau », ou encore « Le gardien de chevaux», « La ville Hibiscus» et « La guerre de l'opium», sont tous des chefs-d'oeuvre du cinéma chinois.

Xiè Jìn était aussi le réalisateur chinois le plus titré au niveau national et international. Ses oeuvres ont fait rire et pleurer des générations de chinois. Des rétrospectives sur les films de Xiè Jìn avaient été organisées dans les années 1980 et 1990 dans des pays comme la France, les Etats-Unis et l'Inde. Certains critiques considéraient alors que c'était le cinéaste chinois le plus réputé de l'époque. Quant aux professionnels chinois, l'humanisme, la sensibilité, et le style personnel prononcé, sont ce qu'ils retiennent des oeuvres de Xiè Jìn. Rao Shuguang travaille à la Cinémathèque de Chine. On l'écoute s'exprimer au micro de RCI : « Xiè Jìn est une grande figure du cinéma chinois. Un miracle, un grand maître d'art. En jouant avec les lumières et les ombres, il relate l'histoire chinoise, et notamment les diverses étapes que la Chine et les Chinois ont vécues depuis la dernière centaine d'années. L'oeuvre de Xiè Jìn a remporté une large audience. Du fait qu'elle prend en considération ce que ressentent les spectateurs. Donc ses films sont très beaux à voir. »

Xiè Jìn peut être classé parmi les cinéastes attachés au réel. L'accent est mis sur l'homme, et sur son époque. Les films comme « L'éleveur de chevaux », « La légende des monts Tian Yun » et « La ville Hibiscus », se passaient à une époque où toute la Chine était affectée par des troubles politiques. Malgré tout, malgré la sauvagerie de l'époque, la nature humaine subsistait, on aspirait toujours à l'amour, à la bonté, à l'amitié... 

Selon Xie Jin, « L'art est inséparable de la vie. Lorsque je dois tourner un film, je commence toujours par voir si moi, je peux être touché par le sort des êtres humains concernés. Ce n'est que lorsque moi, je suis touché, que j'ai les yeux mouillés, que, moi, je peux vous toucher, vous les spectateurs. Quelle que soit l'ampleur d'un prix cinématographique, elle ne vaut toujours pas les ovations du grand public. Ce qui compte n'est pas le jugement d'un critique, une ?uvre doit être mise à l'épreuve du temps, elle doit être approuvée par le peuple, les spectateurs. »

De son vivant, Xiè Jìn a lancé une grande quantité de jeunes réalisateurs, et autant de jeunes acteurs : Zhu Shímao, 1er rôle du long métrage l'« Eleveur de chevaux », Liu Xiaoqing et Jiang Wen, les deux héros de « La ville Hibiscus », ainsi que Zhu Xijuan, Pan Hong et Chen Chong, de son nom en anglais Joan Chen. Ce sont aujourd'hui tous des célébrités du cinéma chinois, parfois aussi connues à l'étranger.

Dans la vie quotidienne, Xiè Jìn était quelqu'un de très respecté et de très aimé. A la fois, attentif et ouvert. Portant toujours des lunettes aux bords larges et vêtu d'un gilet de photographe, on pouvait souvent entendre son rire jovial au détour d'une conversation. Ceux qui connaissaient Xiè Jìn savaient tous que c'était également un grand buveur. De vin et d'alcool fort. C'était un homme de caractère, de passion.

Zhai Junjie l'a bien connu. Cet autre réalisateur chinois était un ami de longue date de Xiè Jìn. Dès l'annonce du décès de son ami, Zhái Junjie en a passé des nuits et des nuits blanches. On écoute Zhai Junjie nous évoquer son ami : « Moi et Xiè Jìn, on se connaît depuis des dizaines d'années. C'est un réalisateur plein d'enthousiasme. Et cet enthousiasme n'est pas artificiel, c'est quelque chose qui provient du fond du coeur. Il embrasse chaleureusement la vie et le peuple. C'est quelqu'un d'accès facile. C'est aussi un friand de vin. Lorsqu'il boit, il n'a pas besoin d'un repas copieux. Un plat de cacahouètes ou de fèves, un oeuf de canard salé lui suffisent pour boire avec grand plaisir. Parfois, alors qu'il arrive à peine et que des amis sont en train de manger, il prend un verre et boit sans demander à qui est le verre. Il est aussi simple que ça. »

En 2000, alors qu'il avait 77 ans, Xiè Jìn a réalisé le dernier long métrage de sa vie : « La footballeuse n°9». Après cela, il est resté en activité jusqu'à sa mort, continuant à lire et cherchant sans cesse de nouvelles inspirations. Aussitôt après le séisme du Sichuan, le 12 mai, Xiè Jìn a réalisé un petit documentaire qu'il a nommé : « La Chine, droite comme un arbre ». Ce fut sa dernière réalisation cinématographique.

Le 23 octobre dernier, lors de la cérémonie de remise des prix pour les courts métrages à intérêts civiques élus sur Internet, le comité d'organisation a décidé de faire don du droit d'auteur du documentaire « La Chine, droite comme un arbre », pour qu'on puisse le diffuser à la télé. Un dernier hommage fut rendu à Xiè Jìn à qui l'on décerna le prix de « L'homme le plus influent ». Le réalisateur Wang Guangli a considéré Xiè Jìn comme le « Père du cinéma de la Chine nouvelle » : « A chaque période, à chaque moment crucial, nous dit Wang Guangli, Xiè Jìn a su mettre au monde une oeuvre. L'oeuvre de Xiè Jìn est un miroir qui reflète le développement du cinéma de la Chine nouvelle. Personne n'est arrivé à l'égaler jusqu'à maintenant ».

Juste après le décès de Xiè Jìn, des internautes chinois se sont mobilisés pour lui rendre un dernier hommage. Selon les uns, « Xiè Jìn a marqué son temps à travers son cinéma », et pour d'autres, « L'oeuvre de Xiè Jìn est dotée d'une grande puissance de réalisme ». 

A Shanghai, ville où vivait Xiè Jìn, vient d'être inaugurée une « Exposition rétrospective des oeuvres de Xiè Jìn ». Ses films sont passés dans une vingtaine de salles obscures de la ville. Dans d'autres villes chinoises, les films de Xiè Jìn sont aussi à l'affiche. Un de nos journalistes est allé à la sortie d'une de ces projections pour recueillir l'avis des spectateurs, en l'occurrence une spectatrice :  « Il y a une vingtaine d'années, Xiè Jìn a réalisé le long métrage « Eleveur de chevaux ». Il reste toujours très actuel, très bouleversant. C'est un très beau film. Xiè Jìn a su nous raconter une histoire d'amour qui se passait à une époque où tout le monde se sentait étouffé. C'est ainsi que le film a suscité de vives réactions. C'est un grand artiste. »

Jiang Wen est aujourd'hui un acteur et réalisateur connu du public. C'est lui qui tenait le premier rôle dans le long métrage de Xiè Jìn « La ville Hibiscus ». Dans un article publié après la mort du cinéaste, Jiang Wen écrit, je cite : « Les gens qui sont plus âgés que nous aiment ses films, les gens qui sont plus jeunes que nous aiment aussi ses films et les gens de notre âge éprouvent le même sentiment envers ses films. Heureusement, j'ai eu la chance de tenir un rôle dans l'un d'eux. C'est inoubliable ».

Le documentaire biographique intitulé : « Le grand maître Xiè Jìn » est à présent en post production. Le « grand maître » nous y évoque de manière fidèle sa vie et sa carrière d'artiste. Et le documentaire est à présent très attendu du public. Tous nos hommages à Xiè Jìn !

(Yannine)

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