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Yang Huishan et son mari Zhang Yi
2008-11-19 19:58:33 cri

Yang Huishan et son mari Zhang Yi étaient de célèbres artistes du cinéma taiwanais des années 1980 : Yang Huishan est actrice et Zhang Yi, réalisateur. Ensemble, ils ont reçu le prix Golden Horse, le prix le plus prestigieux du cinéma taiwanais.  

Alors qu'ils étaient en haut de l'affiche, ils se sont retirés du show-business, et ils se sont lancés dans un autre genre de création artistique, la fabrication d'objets d'art en verre, Liu Li en chinois. Ils sont même parvenus à imposer leur marque « Liu Li Gong Fang », ou littéralement en français, « fabrique d'objets d'art en verre », et ce à l'échelle internationale. Nous allons maintenant vous retracer leur parcours.

Yang Huishan est née en 1952. Alors qu'elle avait une vingtaine d'années, elle se lance dans le cinéma. En l'espace de dix ans, elle totalise pas moins de 130 apparitions à l'écran, soit un film par mois. Son rythme de travail fait l'admiration des autres acteurs. A trente ans, elle est déjà une gloire du cinéma taiwanais.

En 1984, Yang Huishan tient le rôle d'une jeune première dans le long métrage « Xiao Tao Fan », ou les petits fugitifs. Ce film lui vaut le titre de la meilleure actrice du Prix Golden Horse. C'est à ce moment-là que Yang Huishan fait connaissance avec Zhang Yi, son futur mari. La même année, ils tournent ensemble le long métrage « Yu Qin Xiao », ou la jeune veuve Yu Qin. Ce film permet à Yang Huishan de décrocher le prix de la meilleure actrice du Festival cinématographique d'Asie Pacifique.

« C'est ainsi que j'ai passé ma vie » ou, en chinois, Wo Zhe Yang Guo Le Yi Shen est une coproduction de Yang Huishan et de Zhang Yi. Il raconte la vie d'une Taiwanaise du nom de Gui Mei. Dans ce film, Yang Huishan interprète une femme chinoise traditionnelle : travailleuse, tenace et tolérante. Grâce à ce film, elle remporte une fois de plus le titre de la meilleure actrice du Prix Golden Horse. Et Zhang Yi, le prix du meilleur réalisateur.

C'est grâce au cinéma qu'ils ont fait connaissance, ils sont ensuite tombés amoureux et ont fini par se marier. Tout le monde pensait qu'ils devaient continuer dans la voie du cinéma. Mais, contre toute attente, ils ont décidé de se retirer du milieu cinématographique. En 1987, Yang Huishan a fondé la première entreprise de production d'objets d'art en verre, qu'elle a nommée Liu Li Gong Fang. Pour Yang Huishan, Zhang Yi est le cerveau et elle, les mains de cette entreprise. Elle s'occupe de créer, et son mari, de tout le reste. On écoute Yang Huishan s'exprimer au micro de RCI :  « En fait, en ce qui concerne le développement de notre entreprise, l'orientation à suivre est fixée par mon mari Zhang Yi. C'est lui qui pilote. La direction est très importante. Au début, on n'est pas très sensible à la direction qu'on prend, parce qu'on ne voit pas de grande différence entre les différentes possibilités. Mais une dizaine ou une vingtaine d'années plus tard, on finit par s'en rendre compte. C'est très important de trouver la bonne direction, sinon on risque de faire des détours. Dès le début, Zhang Yi a dit que nos produits devaient être ancrés dans l'esprit chinois. Si, à l'époque, Zhang Yi n'avait pas déterminé cet objectif, on se serait peut-être perdu en chemin. »

Bien qu'il ait choisi la bonne voie dès le début, le couple a dû faire face à de nombreuses difficultés. En premier lieu, ni Yang Huishan ni son mari ne maîtrisaient la technique de fabrication. Les Liu Li, les objets d'art en verre qu'ils voulaient fabriquer sont faits à base de cristaux artificiels polychromes.

Plusieurs étapes sont nécessaires : le moulage, le déparaffinage et l'agglomération. Et tout doit être fait manuellement. La moindre négligence oblige à tout recommencer. Yang Huishan se met donc à apprendre cette technique de fabrication à partir de zéro.

Le couple a rencontré un autre problème : le financement du projet. Finalement, c'est Zhang Yi qui l'a pris à sa charge. Pendant une vingtaine d'années, le couple s'est consacré au développement de l'art du Liu Li, les ?uvres d'art chinois en verre. Continuons à écouter Yang Huishan :  « Au début, nous avons dû faire face à des difficultés, d'innombrables difficultés. Il nous est d'ailleurs impossible de les énumérer toutes. Mais chacune de nos expériences et chacune des études que nous avons faites ne sont pas inutiles. Nous savions qu'une fois que les conditions seraient réunies, nous serions récompensés. Chacune des difficultés que nous rencontrions nous permettait de mieux comprendre la situation. »

Et en effet, durant les trois premières années, le couple subit échecs sur échecs. Ils sont obligés de vendre ou de mettre en gage tous leurs biens. Ils empruntent de l'argent à leurs parents et à leurs amis. Au début, tout ce qu'ils cuisaient se transformait en débris de verre. Mais ils se sont accrochés et ils ont fini par sortir du four de belles sculptures en verre. Aujourd'hui, leur entreprise est l'une des entreprises au monde qui maîtrise le mieux la technique de déparaffinage. Et les oeuvres en verre de Yang Huishan bénéficient d'une grande réputation sur le plan international ; certaines de ses oeuvres sont même conservées par des musées. Selon les spécialistes du milieu, Yang Huishan a su saisir la nature de cet art et elle parvient à maîtriser à la perfection l'espace et les lumières. L'artiste nous confie que l'art de Liu Li lui apporte une indicible joie. Yang Huishan : « Les ?uvres d'art en verre font penser à beaucoup de choses. En les regardant, elles font réfléchir. La première fois que j'ai vu ces objets en verre, ils m'ont ouvert un autre monde. Alors, j'ai eu une grande envie d'y pénétrer, de m'y promener. Comme chaque oeuvre que nous créons est différente, elle donne libre cours à votre esprit. C'est pourquoi je pense que c'est un art qui fait réfléchir, qui a une portée philosophique. Outre sa forme extérieure, on peut y entrer, pénétrer dans son coeur. »

En 1993, Yang Huishan et son mari commencent à s'implanter sur le marché continental. Ils exposent leurs oeuvres d'art à la Cité Interdite et ils organisent six séminaires de haut niveau. En 1996, ils créent une entreprise à Shanghai. Pour certaines personnes, leur façon d'agir est incompréhensible. Ecoutons Yang Huishan :  « En 1993, lorsqu'on exposait nos oeuvres à Beijing, dans la Cité Interdite, certaines collègues disaient : « Tu es folle ? Est-ce que tu veux vraiment vendre ? Si tu n'as pas envie de vendre, à quoi ça sert d'aller là-bas ? Tu pourras faire tout ce que tu voudras, mais là bas, personne n'a d'argent pour acheter tes oeuvres. » Nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d'accord. Lorsque nous avons voulu ouvrir une entreprise à Shanghai, nous avons eu les mêmes réactions. On nous a dit : « Tu ne connais pas le marché continental, ce sera catastrophique. Mais, les faits nous ont donné raison. »

Alors que le couple monte une entreprise à Shanghai, Zhang Yi est hospitalisé suite à une crise cardiaque. Pour consoler son mari, Yang Huishan crée une oeuvre spécialement pour lui, intitulée : Qin Ting, ou « écouter » : C'est une tête humaine en verre, avec de très grandes oreilles ; une oeuvre significative, qui appelle à écouter à la fois le bonheur et le malheur de la vie. Lors de la création de cette oeuvre, la tradition a été respectée : Yang Huishan a travaillé et c'était à son mari d'en parler.

Mais Zhang Yi n'est pas très bavard. Il ne parle jamais directement de son amour pour Yang Huishan, de la même façon que, quand il était réalisateur, il tournait autour du pot pour faire comprendre les intrigues à ses acteurs. Mais les personnes les plus observatrices peuvent constater son amour pour sa femme dès le premier coup d'oeil. Lorsque Yang Huishan parle, son mari la regarde avec un beau sourire. Certes, il est un peu avare en compliments, mais, lors de la conversation, inconsciemment, il tient la main de sa femme, ou il tapote sur son épaule. Des gestes symboliques qui prouvent son amour et son soutien à sa femme. Ecoutons Zhang Yi : « Lors que nous avons débuté, en 1987, nous étions encore jeunes. A l'époque, nous n'avions rien, ni technique, ni argent. Nous étions près de la faillite, mais nous devions continuer à investir. Lorsque nous avons eu une certaine maîtrise de la technique, d'autres problèmes se sont posés. Nous n'avions alors qu'un seul atelier sur l'île. A présent, nous avons plus de 200 usines sur les deux rives. Mais, nous sommes toujours préoccupés par la même question : la création, l'art seront-ils capable de continuer à exister demain, après-demain, et les jours suivants ? »

Le couple ne se laisse pas intimider par la question qui les hante. Le fait de faire découvrir au monde l'art du Liu Li chinois leur plaît beaucoup. Ils ont d'ailleurs ouvert des galeries dans différents pays. Selon Zhang Yi, l'important est de continuer ainsi leur vie et de progresser.

(Yannine)

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