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La visite surprise du président Sarkozy en Irak
2009-02-11 16:06:53 cri



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Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé mardi 10 février à Bagdad pour effectuer une visite surprise en Irak. Il s'agit de la première visite d'un président français dans ce pays après l'éclatement de la guerre irakienne en 2003.

La visite du président Sarkozy est intervenue dans le cadre d'une tournée régionale qui devrait le conduire à Bahreïn, à Oman et au Koweït. Durant son séjour en Irak, le président Sarkozy a rencontré le président irakien Jalal Talabani et le Premier ministre Nuri al-Maliki. Au cours d'une conférence de presse tenue conjointement avec le président Talabani, Nicolas Sarkozy a souligné l'importance d'accroître la sécurité en Irak tout en indiquant qu'il soutenait la souveraineté, l'indépendance et la réconciliation nationale irakienne.

Pourquoi le président Sarkozy s'est-il rendu en Irak ? Des analystes estiment qu'un des objectifs de cette visite est d'élargir la présence française en Irak, après le retrait des troupes américaines de ce pays. Rappelons qu'en 2003, l'ancien président français Jacques Chirac s'était prononcé contre la guerre irakienne, que voulaient les Américains. Résultats : les relations franco-américaines s'étaient refroidies et les rapports entre la France et le nouveau gouvernement irakien chiite soutenu par Washington en ont été plus ou moins affectés. Après la guerre irakienne, George W. Bush, Tony Blair et Gordon Brown, respectivement ancien et actuel Premier ministres britanniques, ainsi que Barack Obama, qui n'était pas encore président et qui s'était lui-même opposé à la guerre, s'étaient rendus en Irak. Il a fallu attendre 2007 pour qu'un membre important du gouvernement français, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, se rende à Bagdad. Tout cela indique qu'en raison du refus de la France de soutenir la guerre irakienne visant à renverser le régime de Saddam Hussein, les relations franco-irakiennes sont restées pendant longtemps assez confuses.

Avant la visite du président Sarkozy, l'administration américaine et le gouvernement irakien ont signé à la fin de l'année dernière un accord de sécurité, selon lequel les troupes américaines se retireront de l'Irak avant la fin 2011. Au début de l'année, les premières élections législatives régionales se sont déroulées en Irak dans une atmosphère plutôt calme, et l'Irak poursuit sa marche sur la voie de la réconciliation nationale. Il est évident que le choix de visiter l'Irak en ce moment a été motivé par la volonté française de renforcer sa présence dans ce pays, après le retrait des troupes américaines et l'amélioration de sécurité. Durant sa visite en Irak, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France établirait une nouvelle ambassade à Bagdad et deux consulats, à Arbil au Nord et à Bassora au Sud. Il a en outre appelé les dirigeants d'autres pays européens à visiter l'Irak pour soutenir ce pays.

Le deuxième objectif de cette visite en Irak est d'exprimer la volonté française de participer à la reconstruction de ce pays. Depuis 2003, la France était toujours exclue de la reconstruction irakienne pour son refus d'accorder son soutien à la guerre. Durant sa visite, Nicolas Sarkozy a exprimé à plusieurs reprises ce « souhait ». Après son entrevue avec le Premier ministre irakien Nuri al-Maliki, le président Sarkozy a déclaré que sa visite était un signal envoyé aux entreprises françaises pour indiquer que le moment d'investir en Irak était arrivé.

L'opinion publique française estime que la visite du président Sarkozy en Irak a aussi pour but de détourner l'attention du public pour atténuer les pressions intérieures et internationales pesant sur lui. A la fin du mois de janvier, 2,5 millions de Français ont déclenché une grève générale demandant au président Sarkozy de redoubler d'efforts pour protéger les intérêts des ouvriers et des employés dans la crise économique. Les résultats du dernier sondage effectué en France montrent que la cote de popularité de Sarkozy s'est effondrée pour chuter à 36%, le niveau le plus bas depuis son accession à la présidence. Ces derniers jours, l'accusation lancée par Sarkozy contre la politique de dégrèvement d'impôts du Premier ministre britannique Gordon Brown a suscité le mécontentement du gouvernement anglais, et le climat s'est beaucoup alourdi entre Paris et Londres. Les dirigeants de certains pays membres de l'Union européenne dont la République de Tchèque s'en sont pris également à Nicolas Sarkozy pour son protectionnisme, en indiquant que sa politique ne favorise pas la relance de l'économie européenne. Les pressions intérieures et extérieures pesant sur Sarkozy ne cessent de s'accroître, et la visite en Irak est justement un bon moyen pour détourner l'attention publique.

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