Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays assume actuellement la présidence de l'Union européenne s'est entendu par téléphone lundi avec José Manuel Barroso, président de la Commission européenne (CE) sur l'idée de convoquer un sommet informel des pays de l'UE.
Cette réunion au sommet devrait être consacrée à l'approche commune de l'UE dans la lutte contre les effets de la crise financière.
"L'objectif de la rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement est d'évaluer l'efficacité des mesures adoptées dans le cadre du " plan de relance" afin de lutter contre les effets de la crise financière, et surtout de s'entendre sur une approche coordonnée lors de l'adoption, par les différents Etats-membres, de toute nouvelle mesure", a précisé Mirek Topolanek.
"Je suis persuadé que, de même que nous sommes tous concernés par la crise, nous n'en sortirons plus forts que si nous agissons de concert et respectons les règles du marché intérieur, ce dernier étant l'outil à long terme qui nous permettra de surmonter la crise", a-t-il souligné.
Mirek Topolanek discutera en personne de la question de la convocation du Conseil européen informel avec José Manuel Barroso, mercredi à Bruxelles. Si la présidence tchèque et la Commission européenne confirment leur décision, le sommet extraordinaire pourrait se tenir dans cette même ville d'ici fin février.
En outre, le président tchèque Vaclav Klaus a mis en garde contre la tendance de certains pays à recourir au protectionnisme en ces temps de crise financière internationale.?
"La lutte contre la montée du protectionnisme est l'une des grandes préoccupations du moment", a déclaré M. Klaus au terme de sa rencontre avec son homologue slovaque Ivan Gasparovic. ?
Il a tenu ces propos après que le président français Nicolas Sarkozy eut critiqué la semaine dernière des constructeurs automobiles français pour le transfert de leur production en République tchèque. ?
"Qu'on crée une usine Renault en Inde pour vendre des Renault aux Indiens est justifié. Mais qu'on crée une usine en Tchéquie pour vendre des voitures en France, ce n'est pas justifié", a dit M. Sarkozy. ?
Les propos de Sarkozy ont provoqué immédiatement des critiques en République tchèque, où le constructeur français PSA Peugeot Citroën a une usine. ?
Selon M. Klaus, certains hommes politiques étrangers ont l'intention d'empêcher l'expansion des entreprises de leurs pays à l'étranger pour protéger l'économie de leur pays dans le contexte de la crise financière interntionale. ??
Le président slovaque a fait savoir de son côté que la restriction des entreprises dans un pays entraînerait des restrictions dans d'autres pays, affirmant que cette tendance n'est pas souhaitable. ?
Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a critiqué également lundi les propos du président français, disant que sa déclaration menaçait la ratification du Traité de Lisbonne en République tchèque.?
Le constructeur français PSA a dit ne pas avoir l'intention de déménager son usine de République tchèque. Mais selon le quotidien français Le Monde, M. Sarkozy s'efforce de convaincre PSA de ramener sa production en France.? |