Forum économique mondial de Davos : « coopération » et « réforme » au coeur du débat
2009-02-02 19:23:16
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Après cinq jours de travaux, le Forum économique mondial s'est achevé dimanche, à Davos, une station de sports d'hiver en plein coeur des Alpes suisses. Plus de 220 conférences et autres réunions auront été organisées. L'occasion pour les 2 500 acteurs du monde économique qui auront participé au Forum de discuter, durant près d'une semaine, des grandes questions économiques planétaires. A commencer évidemment par la crise financière. Le Forum avait pour ambition de restaurer la confiance, de renforcer les coopérations et de réformer l'actuel système financier international.
Pour Klaus Schwab, le fondateur suisse du Forum économique mondial, qui s'exprimait lors de la clôture du Forum, la réunion de cette année a émis un fort signal. Il faut, a-t-il assuré, que les différents pays réagissent rapidement et concrètement pour pouvoir faire face à la plus grave crise que le monde ait connu depuis les années 30. Il a notamment souligné que la crise s'était déjà propagée à l'ensemble de la planète et que pour faire face à cette crise « globale », une solution « globale » devait être trouvée. Pour lui, le système financier international doit être refondé. Avec des idées plus clairvoyantes et une coopération plus étroite. Objectif : qu'il soit adapté à la structure mondiale de l'après-crise.
Pour les participants au forum, la situation actuelle doit être analysée de façon posée. Les perspectives économiques à l'échelle mondiale restent encore sombres à court et à moyen terme. Un certain nombre de problèmes persistent. Le chômage continue à augmenter, les faillites des entreprises se multiplient et la pauvreté, elle aussi, s'aggrave.
Dans ce contexte, le Forum économique de Davos de cette année affichait donc plusieurs ambitions.
En premier lieu, celui d'appeler les gouvernements des différents pays et les organisations internationales, comme le G20, à jouer un plus grand rôle face à la crise.
Deuxième ambition -tout en faisant face à la crise financière- : accorder une plus grande importance aux défis planétaires comme le changement climatique ou encore la pénurie des ressources en eau.
Troisième point : la coopération internationale. Le Forum avait pour objectif de lancer une grande réforme au niveau de la stratégie à adopter et des structures à mettre en place.
Autre ambition du Forum économique mondial -depuis sa création en 1971, d'ailleurs- : faire que les entreprises deviennent des membres responsables de la société.
Et enfin, cinquième objectif du Forum : restaurer la confiance dans l'économie mondiale.
« Restaurer la confiance » aura été d'ailleurs le principal leitmotiv lors du forum. La phrase évoquée par toutes les personnalités lors de leurs discours. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a lui-même prononcé un discours mercredi dernier lors du forum. Une allocution qui était centrée sur la restauration de la confiance et le renforcement de la coopération pour promouvoir une nouvelle ère de croissance de l'économie mondiale.
Un discours très attendu qui a suscité les réactions des participants. La plupart d'entre eux ont estimé que bien que l'économie chinoise ait subi les effets de la crise financière, le gouvernement chinois a pris de fortes mesures de réaction. Des mesures, qui, jugent-ils, ont donné de premiers résultats. Si la Chine continue à maintenir une croissance économique rapide, cela contribuera déjà grandement, estiment-ils, à la relance de l'économie mondiale.
Les participants à la réunion ont également cherché à analyser les causes de la crise. Pour beaucoup, les principaux déclencheurs de la crise auront été les défauts du système financier mondial. Les participants ont donc appelé à réformer le système financier et l'ordre économique mondial actuels. Ils ont plaidé également pour un renforcement des contrôles au niveau international et pour une meilleure prévention des risques.
Pour le Premier ministre britannique Gordon Brown, la crise a montré que le monde avait besoin d'un nouvel ordre économique international.
La chancelière allemande Angela Merkel a, elle, plaidé pour la création, au sein des Nations unies, d'un Conseil économique, à l'image du Conseil de sécurité de l'ONU, qui pourrait gérer les problèmes économiques à l'échelle mondiale. Pour elle, les grands principes économiques doivent également être inscrits dans une charte pour un ordre économique mondial. Charte qui pourrait servir de base à ce projet de Conseil économique de l'ONU.
Face aux différents projets de relance économique nationaux, propres à chaque pays, les participants ont adopté en général une attitude d'approbation, mais ils se sont montrés par contre particulièrement vigilants face aux projets de certains pays. Projets qui relèvent d'un protectionnisme manifeste. Les participants ont rappelé qu'à chaque fois que, dans l'histoire, une crise est apparue, certains pays ont eu recours au protectionnisme pour protéger l'emploi dans leur pays et pour des raisons de politique intérieure. Mais les faits, ont-ils argumenté, ont montré que ces mesures de protectionnisme étaient incapables de protéger les pays efficacement contre la crise et qu'elles pouvaient même retarder la reprise économique.
Durant le forum, les ministres du Commerce des 18 principales économies des membres de l'OMC ont tenu une mini-réunion ministérielle. Réunion à l'issue de laquelle a été publiée une déclaration, qui souligne plusieurs points.
Les ministres s'accordent à dire qu'un accord commercial global doit être élaboré, alors que la crise financière continue de se propager et que les premières mesures de protectionnisme commercial commencent à faire leur apparition.
Pour les ministres du Commerce, les différents membres de l'OMC doivent s'efforcer de réduire leurs divergences pour que les négociations du cycle de Doha puissent, cette année, déboucher sur des résultats concrets. La réussite des négociations du cycle de Doha, seraient, pour les ministres, le meilleur plan de sauvetage pour l'économie de la planète.