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L'ancien numéro 2 d'EADS a reconnu impliqué dans l'affaire Clearstream
2006-05-30 20:07:48 cri
Selon le Figaro, l'ancien numéro 2 d'EADS, qui a reconnu dans la presse être celui qui a envoyé les lettres anonymes, est arrivé mardi à 9h30 dans les locaux de la division nationale des investigations financières à Nanterre, où il a été placé en garde à vue.

Le « corbeau » présumé est en cage. Mardi vers 9h30, Jean-Louis Gergorin, ancien numéro 2 d'EADS et suspect principal dans l'affaire des fameuses lettres anonymes contenant les listings falsifiés des comptes Clearstream, a été placé en garde à vue par les hommes de la direction nationale des investigations financières.

Arrivé un quart d'heure plus tôt à Nanterre, au siège de la police financière, dans un 4x4 gris, Gergorin, qui portait un costume gris et une chemise blanche, s'est engouffré dans un parking, sans faire aucune déclaration aux nombreux journalistes présents.

Pourtant, l'homme n'a pas toujours été frappé de mutisme. Dans les colonnes du Figaro, il a notamment expliqué le 19 mai dernier être l'auteur de la première lettre anonyme envoyée au juge Van Ruymbeke, en charge de l'instruction de l'affaire des frégates de Taïwan, puis admis avoir également écrit la seconde.

Une fois terminé l'interrogatoire des policiers, Gergorin devrait être présenté aux juges d'instruction Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, en charge du dossier. Selon toute vraisemblance, ils lui signifieront sa mise en examen pour «dénonciation calomnieuse». La garde à vue pourrait durer 48 heures, durant lesquelles l'informaticien Imad Lahoud, suspecté d'avoir falsifié les listings bancaires, pourrait être également convoqué et confronté à son ancien patron chez EADS.

«Heureux de pouvoir enfin s'expliquer, ainsi qu'il l'avait demandé», comme l'a déclaré lundi son avocat, Jean-Louis Gergorin risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, s'il est reconnu coupable de « dénonciation calomnieuse ».

Mais dans tous les cas, le dénoouement n'est pas pour tout de suite. Le délit de « dénonciation calomnieuse » ne peut faire l'objet d'un renvoi devant un tribunal tant que «la réalité du fait n'est pas établie ou que celui-ci n'est pas imputable à la personne dénoncée», stipule le code pénal. En clair, il faudra que les juges patientent jusqu'au jugement de l'affaire des frégates de Taïwan, à l'origine d'un volet de l'affaire Clearstream.

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