 |
 |
Le fleuve Nujiang, un des grands fleuves du Sud-Ouest de la Chine. Il prend sa source en altitude, sur les hauteurs du plateau tibétain, et poursuit sa route dans le Yunnan, dans des régions peuplées de minorités ethniques. Découverte aujourd'hui, dans le Yunnan, de l'impressionnante vallée de ce fleuve, de ses paysages grandioses et de la culture des minorités ethniques que l'on retrouve de long du fleuve.
Les Lisu habitent pour la plupart dans la préfecture autonome de Nujiang, au Nord-Ouest de la province du Yunnan. A l'exception des Lisu, la région abrite également d'autres ethnies, comme des Nu, des Dulong, des Pumi, des Yi, des Tibétains ou encore des Dai. En tout, les minorités ethniques représentent plus de 90% de la population de la préfecture.
La préfecture autonome de Nujiang compte une superficie de 14 000 km². Elle se trouve dans les zones de vallées du Mont Hengduan. Les paysages, là-bas, c'est essentiellement des hautes montagnes, grandioses, et, au fond, dans la vallée, des fleuves qui coulent entre les pics. Il y a le fleuve Nujiang, on l'a dit, aussi appelé fleuve Salouen, à l'international. Mais aussi le Mékong, qui traverse ensuite toute l'Asie du Sud-Est pour terminer sa course en Mer de Chine, ou encore le Dulongjiang.
A cause de son isolement géographique, on sait, finalement, peu de choses sur la vallée du fleuve Nujiang. Mais cet isolement et cette méconnaissance ne rend sa beauté que plus pure. Et ce n'est pas Chen Jun, un habitant du coin, qui dira le contraire :
« Le paysage de ma région natale est très joli. Les gens d'ici ne veulent que le bien et sont hospitaliers. La beauté réside dans son côté naturel et préservé, il n'y a pas de choses artificielles. »
La zone touristique de « Shiyueliang », la « Lune en pierre », littéralement, est le site le plus caractéristique de la vallée du fleuve. Vu de loin, parmi les montagnes noires, il ressemble à un énorme trou creusé dans la pierre. Comme une pleine lune suspendue dans le ciel.
Mais revenons au fleuve Nujiang. Long de plus de 3 200 km, il prend sa source sur le versant Sud du mont Tanggula, en plein plateau tibétain. Le fleuve traverse la Région autonome du Tibet, la province du Yunnan, puis poursuit sa route en Birmanie pour finir dans le golfe du Bengale. En hiver, les eaux du fleuve qui coulent dans la vallée sont en général plutôt calmes et tranquilles. Mais c'est au niveau du site de « Laohutiao », que l'on peut réellement prendre conscience de la puissance du courant. Le site de « Laohutiao » est d'ailleurs le théâtre d'une ancienne légende.
Un prince, victime d'un sort d'une sorcière, aurait été transformé en tigre. Mais le prince, qui n'a pas oublié la jeune fille qu'il aime, s'est alors mis en tête de la retrouver. Il a alors sauté tout au bord de la rivière, prenant tous les risques pour retrouver sa bien-aimée. La sincérité de son action aurait ému le ciel, qui aurait alors retransformé le tigre en prince, permettant aux deux amoureux de vivre ensemble dans le bonheur.

Autrefois, aucun pont ne reliait les deux rives. Une simple chaîne en fer faisait le lien entre les deux mondes, séparés par le fleuve. Aujourd'hui, les ponts suspendus, en bois et en chaîne métallique, ne sont plus rares sur le fleuve Nujiang. Ces ponts sont même devenus, assurent les habitants du coin, des attraits touristiques. Accompagné par les habitants locaux, les plus audacieux des voyageurs pourront également essayer une traversée. Mme Liu, une Pékinoise, vient de traverser les deux rives à l'aide d'une tyrolienne, et elle est encore très excitée :
« J'avais un peu peur après avoir lacé la ceinture de sécurité, mais une fois que j'avais glissé sur une dizaine de mètres, je ne craignais plus rien. J'étais vraiment très excitée. On ne pourra pas dire que j'ai raté mon voyage dans la vallée du Nujiang ! »
Quel que soit l'endroit où vont les touristes dans la région, les eaux du Nujiang les accompagnent. Sur le cours supérieur du fleuve, là où le courant est particulièrement fort et les méandres très étroits et tortueux, un endroit est particulièrement spécifique. Un des méandres, notamment, est appellé littéralement, en chinois, le « premier tournant du fleuve Nujiang ». Dans cette zone, en été et en automne, le courant est très fort. Mais au printemps et en hiver, les eaux, limpides, sont relativement calmes. Présentation par Li Wanlin, qui travaille sur le site touristique :
« L'angle du méandre est particulièrement important ici. Dans le virage s'est même formé une espèce de petite île. Tout près d'ici, les champs s'étalent à perte de vue. Le matin, la brume et les nuages s'élèvent. Quelquefois, cependant, on peut tout de même aperçevoir les villages et les bâtiments. »

Au nord du village de Bingzhongluo, deux montagnes se dressent depuis le bord de la rivière jusqu'au ciel, et forment ainsi une espèce de porte naturelle en pierre de plus de 500 mètres de haut et de près de 200 mètres de large. Les habitants locaux appellent l'endroit le « Nayiqiang». On pourrait traduire ça, en français, par « porte difficile à franchir, même pour un Dieu »... On écoute Li Wanlin :
« Cette porte est grandiose. Elle est immensément grande. Les falaises sont hautes de 500 mètres. Quand on regarde ça de loin, ça ressemble à une porte. C'est vrai que c'est un passage obligé pour entrer au Tibet. »
Le village de Bingzhongluo est considéré par la légende comme un paradis où coexistent harmonieusement l'homme et les dieux. Devant les montagnes recouvertes de neiges éternelles, les champs de céréales s'étendent à perte de vue et, ça et là, sont construites des maisons de tuiles grises. Un tableau très pittoresque et presque parfait d'un paysage rural de montagne comme on se l'imagine. Beaucoup de gens y viennent en espérant s'éloigner des soucis du monde moderne et y jouir de la tranquilité de la nature.
Il y a une dizaine d'années, un touriste originaire de la province du Guangdong, dans le Sud du pays, est venu ici, à Bingzhongluo. L'histoire veut que ce soit ce touriste, et les commentaires positifs que, une fois rentré chez lui, il a écrit sur Internet, qui ont permis d'attirer ici de plus en plus de monde. Aujourd'hui, le village de Bingzhongluo accueille des visiteurs en provenance d'une dizaine de pays. Les plus représentés étant les Malaisiens, les Japonais, les Allemands, les Sud-coréens, les Français et les Suisses. Présents, aujourd'hui, sur le site, des touristes de différentes nationalités. |
 |