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Mémoire sur le Tremblement de Tangshan
2007-12-29 14:44:02 cri
 Place à un sujet un peu plus sérieux, nous allons parler d'un drame, le Tremblement de Tangshan. Tangshan se situe à l'est de la province du Hebei, c'est une ville côtière caractérisée par son industrie et ses manufactures lourdes. Il y a trente ans, un grand séisme avait presque détruit entièrement cette ville.

Le tremblement de Terre de Tangshan a eu lieu le 28 juillet 1976 à 3h52 du matin précises. C'est l'un des tremblements de terre les plus meurtriers de l'histoire. Le bilan du tremblement de terre est terrible 240 000 morts, 160 000 blessés graves. Les sismologues estimaient que le tremblement de terre avait atteint la magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter qui en compte neuf.

Aujourd'hui, ce tremblement de terre, s'en rappelle t'on encore dans dette ville? Se souvient on des milliers de victimes ? Comment vivre dans une ville comme celle-ci ?

On écoute Yang Jiubin, 52 ans, handicapé depuis le séisme, qui travaillait au Bureau du Contrôle des Canaux de Tangshan :

« J'ai d'abord pensé à un gigantesque incendie, mais très vite j'ai compris que c'était un tremblement de terre! En 1975, on a réalisé des exercices de prévention, on pensait que ça n'arriverait plus. Quand c'est arrivé, je me suis vite caché sous le lit, mais l'immeuble dans lequel je me trouvais s'est effondré. J'ai été enterré vivant et j'avais beaucoup de mal à respirer. Seul un espace de quelques centimètres me permettrait de respirer. Lorsque j'ai voulu me déplacer pour avoir plus d'air, j'ai senti mes vertèbres se rompre. Malgré tout cela, j'ai réussi respirer. Une heure après, mes collègues m'ont retiré des décombres. Dans l'usine où je travaillais, nous avions des chauffeurs, c'est eux qui m'ont conduit à l'Hôtel de Malan, à Zunhua. Je suis resté là-bas six jours, avant d'être aiguillé ensuite vers le 22e hôpital de l'Armée populaire de libération, qui se situait à Yantai du Shandong. J'avais 20 ans lorsque c'est arrivé. »

« Que ressentiez vous après ce tremblement de terre ? »

« Pour reprendre une formule littéraire, j'étais dans un état pitoyable. A l'hôpital, j'avais rencontré un docteur réputé mais je ne me rappelle plus de son nom. Quand je lui avais demandé son avis quant à mon état, il m'avait dit que je devrais être très fort dans ma tête. Il m'a dit que j'étais paralysé et qu'aucun médecin ne pourrait y remédier. Je resterais comme ça, dix ans, vingt ans, trente ans... car les soins hospitaliers de l'époque n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui. Des experts avaient estimé que jamais, je ne pourrais vivre trente ans. Aujourd'hui, voilà 32 ans que je suis comme ça. Et je me sens encore très bien. »

« De quoi vivez vous aujourd'hui ? »

« C'est le Bureau du Contrôle des Canaux de Tangshan, mon ancien lieu de travail, qui est chargé des frais de l'hospice. En 1973, j'ai commencé en tant que chauffeur. »

« Pourriez vous nous parler de votre vie, dans l'établissement de soin ? »

« Chaque jour, on passe dans ma chambre pour me demander ce que je veux manger à midi. Les plats me sont apportés. J'habite ici, depuis 12 ans. »

« Mais alors vous n'avez pas toujours vécu ici ? »

« Non, je suis resté un certain temps dans ma région natale, près de Qinhuangdao. Avant 1995, mes parents étaient encore capables de s'occuper de moi.»

« Vous êtes marié ? »

« Non, je suis célibataire. »

Dans la salle d'exposition, on a rencontré une dame qui accompagnait ses parents, venant depuis Xinjiang pour visiter le monument. Elle s'appelle Jia Feng, on l'écoute :

« C'est vraiment inimaginable. Chaque famille a perdu un proche. Pour moi, par exemple, j'ai perdu mon grand-père, ma tante et son enfant. Ils ont été tués dans leurs sommeils. Mais je ne me considère pas comme trop touché par rapport à d'autres familles. Il y avait des familles qui n'existaient plus. »

« Qu'est-ce que vous pensez de la ville Tangshan, après cette visite ? »

« Tangshan a été bien reconstruit, elle s'est métamorphosée. »

A la sortie de la salle, Chen, qui a vécu le tremblement de terre, nous raconte son expérience.

« Je suis née en 1971, et j'avais cinq ans au moment du tremblement de terre. J'habitais une maison basse et heureusement nous avons pu sortir de notre maison à temps. Je me souviens encore que ma mère m'a jeté de la fenêtre. Grâce aux céréales apportées par l'armée et aux docteurs, nous avons réussi à nous en sortir. Et Tangshan a retrouvé son plein essor aujourd'hui. La mairie a conduit les man?uvres de reconstruction, pour commémorer le 30e anniversaire du tremblement de terre et aussi les Jeux Olympiques. Nous avons mis en place des cours de mandarin car nous avons notre dialecte. Personnellement, je travaille dans le secteur tertiaire, j'ai suivi les cours de Putonghua et des cours d'anglais. »

« Vous avez perdu des membres de votre famille au cours du séisme ? »

« Fort heureusement, non. Mon père était à Tianjin, et nous habitions une maison de plain pied. Le tremblement de terre s'est produit très tôt et la porte de la maison était bloquée. C'est ma mère qui nous a jetés par la fenêtre. »

« Depuis trente ans, qu'est ce qui a le plus changé d'après vous ? »

« Les routes sont plus larges et les bâtiments plus hauts. Le commerce s'est beaucoup développé et la technologie ne cesse de progresser. Par exemple, dans cette rue de Jianshe qui vient d'être ouverte, nous comptons huit voies de circulation ce qui facilité la vie des habitants. L'écologie a fait des progrès. Et vous voyez le beau Parc Nanhu, autrefois il était incroyable de beauté. La vie est plus facile aujourd'hui. »

La stèle commémorative pour le Tremblement de Tangshan

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