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    (GMT+08:00) 2005-04-21 17:13:38    
    La journaliste thailandaise Supang Povatong se souvient de la conférence de Bandung

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    Le 18 avril de cette année marque le 50ème anniversaire de la première conférence afro-asiatique -- Conférence de Bandung. Cette conférence a non seulement un important rôle pour la mise en place des relations internationales actuelles et de l'ordre international mais revêt aussi une signification spéciale pour la Chine et la Thailande, deux pays avoisinants. C'est justement lors de cette conférence que les ministres chinois et thailandais des Affaires étrangères ont pour la première fois été en contact depuis la fondation de la Chine nouvelle. On peut dire que la conférence de Bandung est le point de départ de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Il y a peu de temps, M. Zhou Xue, le journaliste de notre radio en Thailande a interviewé la célèbre journaliste thailandaise Mme Supang Povatong qui s'est souvenue de l'époque pénible où elle faisait des reportages sur la conférence de Bandung en 1955 en Indonésie. Voici maintenant un reportage intitulé « La journaliste thailandaise Supang Povatong se souvient de la conférence de Bandung ».

    Mme Supang Povatong, âgée de 76 ans, est actuellement la seule journaliste vivant en Thailande à avoir fait des reportage sur la conférence de Bandung. Aujourd'hui, elle se souvient du passé comme si c'était hier. Selon Mme Supang Povatong , il y a 50 ans, elle travaillait comme journaliste dans un bureau du journal thailandais « Thai Mai ». Mandatée par le journal sinophone en Thailande « Quoditien de Guanghua », elle se rend à Bandung pour y faire des reportages sur cette conférence. A cette occasion, une bonne de dizaine de journaux thailandais participent à cette évènement dont 5 personnes qui viennent de journaux en chinois.

    Mme Supang Povatong a dit :

    En 1955 j'avais deux raisons pour lesquelles je voulais faire un reportage sur la conférence de Bandung. En premier lieu, la Thailande s'intéressait beaucoup à l'époque aux affaires chinoises. Les journaux citant des informations chinoises seraient bien vendus. En second lieu, les relations sino-thailandaises étaient le nouveau point chaud. Je devais, en tant que journaliste me renseigner le mieux et le plus vite possible. Quand j'ai su que j'aurais l'occasion de communiquer avec des ressortissants chinois voire même certains dirigeants chinois, j'étais enchantée de recevoir l'invitation du journal.

    Parlant de la conférence de Bandung, Supang Povatong se souvient de son désir de rencontrer le premier ministre chinois Zhou Enlai. Avec une pensée et beaucoup d'admiration pour ce dernier, elle décrit son enthousiasme lorsqu'elle le voit de ses propres yeux pour la première fois. Elle a indiqué : lors de l'ouverture de conférence de Bandung, je voit M. Zhou Enlai, premier ministre et ministre chinois des Affaires étrangères s'asseoir sur la tribune. Très bonne première impression : M. Zhou est très aimable et facile d'accès. Le premier ministre chinois se distingue parmi les dirigeants de nombreux pays. Il a toujours un sourire sur ses lèvres et un air naturel. Quand les représentants d'autres pays prononcent un discours, Zhou Enlai les écoute avec attention. Lors de ses réponses aux questions posées par les journalistes à la fin de la conférence du premier jour, M. Zhou a déclaré que la délégation chinoise participant à cette conférence avait pour but de ne pas créer de divergences, mais de rechercher une compréhension et une communication entre les pays, en employant un ton très courtois. Il invite les autres délégations à se rendre en Chine.

    La journaliste thailandaise Supang Povatong a indiqué encore qu'avant la conférence de Bandung, les pays occidentaux considèraient la Chine comme un diable terrible. Au cours de la conférence de Bandung, le comportement du premier ministre Zhou et de son entourage permet aux divers pays afro-asiatiques d'abandonner leurs à prioris à l'égard de la Chine et leur donne envie d'entrer en contact avec la Chine.

    Mme Supang Povatong a révélé les dessous d'une affaire dont les gens ordinaires ne sont pas au courant. Avant la conférence de Bandung, la Thailande décide de profiter de la conférence pour prendre contact avec la délégation chinoise. A ce moment-là, la partie thailandaise envoie un étudiant thailandais ayant fait ses études en France avec le premier ministre Zhou Enlai pour le contacter. A l'occasion de la conférence, le ministre thailandais des Affaires étrangères le prince Krommunaratipphongpraphan invite également M. Zhou Enlai à partager un petit déjeuner. Le premier ministre chinois met encore un fois en lumière la politique étrangère de la Chine basée sur les cinq principes de coexistence pacifique. Cela démontre que la Chine n'a aucune intention de s'immiscer dans les affaires intérieures de la Thailande. En même temps, Zhou Enlai invite la partie thailandaise à envoyer une délégation pour effectuer une tournée d'inspection en Chine et ainsi mieux connaitre celle-ci.

    Mme Supang Povatong, envoie donc cette information dans son pays. Cependant en raison de la guerre froide, cette information n'est pas publiée ouvertement. Elle n'est connue de tous qu'après l'établissement des relations diplomatiques sino-thailandaises le premier juillet 1979.

    Abordant le rôle historique de la conférence de Bandung, Supang Povatong a conclu :

    La conférence de Bandung constitue le premier évènement international de grande envergure organisé par des pays d'Asie et d'Afrique qui s'unissent pour lutter contre l'impérialisme et le colonialisme. Elle tourne une nouvelle page de l'histoire humaine. Les rapports entre Etats sont comme ceux entre les lions et les forêts. Il est impossible que les lions survivent loin de la forêt. Pour les pays dans le monde, ils ont besoin de se fréquenter et de s'appuyer l'un sur l'autre. Aucun pays ne peut exister en s'isolant du monde. L'esprit de la conférence de Bandung aspirant à la paix constitue le moyen principal de traiter judicieusement les affaires internationales.

    Le temps a passé. L'expérience de la conférence de Bandung il y a 50 ans est toujours présente dans la mémoire de Supang Povatong. Ces dernières années, elle s'est intéressée au développement économique de la partie chinoise et au développement des relations d'amitié entre la Chine et la Thailande. Toujours selon elle, depuis le lancement de la réforme et de l'ouverture, la Chine a obtenu de grands succès dans tous les domaines et gagné l'admiration des peuples du monde. Mme Supang Povatong regrette de ne pas avoir pu visiter la Chine. Elle espère réaliser cette année son souhait de visiter ce pays à l'occasion du 30ème anniversaire de l'établissement des relations sino-thailandaises.