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Tous les pay sont égaux
Lors de cette même conférence de Bandung, Zhou Enlai exposa un autre des principes que soutient la Chine nouvelle dans ses efforts diplomatiques ; tous les pays, qu'ils soient grands ou petits sont égaux. Prenant la parole devant le Comité politique de la Conférence, il déclara : « Nous attachons une grande importance à cette question car notre pays est un pays enclin de par sa taille à parfois méconnaître d'autres pays plus petits. Parmi nos propres citoyens, il est souvent fait allusion à cette question sous le terme de « chauvinisme de grande nation ». De fait de la tradition, un grand pays est exposé à ignorer ou à regarder du haut de sa grandeur les pays plus petits. C'est la raison pour laquelle nous procédons souvent à des introspections sur cette question. Les délégués à cette conférence voudront-ils être assez aimables pour nous dire si l'un parmi vous a pu trouver un délégué chinois montrant un manque de respect à l'égard d'un délégué d'un autre pays ? Nous sommes prêts à faire amende honorable pour de telles fautes et à les réparer. »
Zhou Enlai conforma sa conduite à ses paroles et souleva souvent cette question dans ses entretiens avec des étrangers, en particulier avec des amis d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Même au cours de ses dernières audiences avec des étrangers alors qu'il était gravement malade et à l'hôpitale, il expliqua le principe propre à la Chine de ne pas rechercher l'hégémonie, maintenant ou à l'avenir.
La Chine est une nation qui a souffert de l'oppression étrangère. Estimant à leur juste valeur l'indépendance et la souveraineté que la Chine a gagnées, elle respecte de même celles des autres. La Chine réalise pleinement qu' « une nation qui en opprime une autre ne peut pas être véritablement libre ».
La Chine, fidèle à sa parole
Une des traditions raffinées de la nation chinoise est de réaliser pleinement dans ses actes : « Les paroles doivent être tenues et les engagements, respectés. » Le premier minstre Zhou Enlai prit cette maxime à son compte et s'y conforma tout au long de sa carrière diplomatique.
Peu de temps après la fondation de la République populaire de Chine, une guerre éclatée en Corée. Dans l'article intitulé « S'efforcer de consolider et de développer la victoire du peuple », que Zhou Enlai publiait dans le Renmin Ribao du premier octobre 1950, il écrivit : « Le peuple chinois éprouve pour la paix un amour ardent, et, pour défendre la paix, il n'a pas craint et un craindra jamais de livrer la guerre pour résister à l'agression. Nous ne saurions souffrir aucune agression étrangère, et de même ne pouvons-nous ignorer l'invasion impérialiste du voisin de la Chine. » A une heure du matin, le 3 octobre, le premier ministre Zhou Enlai convoqua l'ambassadeur de l'Inde en Chine pour expliquer la position du gouvernement chinois sur la guerre en Corée et fit mention du fait que les troupes américaines dressaient des plans pour franchir le 38e parallèle et porter la guerre au nord. Il expliqua que s'ils faisaient vraiment cela, la Chine ne pouvait se contenter de ne rien faire, elle devait se mêler de l'affaire. Malheureusement, le gouvernement des Etats-Unis ne tint aucun compte des avertissements du gouvernement chinois et ordonna à ses troupes de franchir le 38e parallèle pour se diriger vers le fleuve Yalu. En réponse, le peuple chinois prit les armes dans la lutte pour résister à l'agression américaine et aider la Coré.
Il n'y a pas si longtemps, la Chine avait encore une dette envers l'Union soviétique, une partie considérable de cette dette ayant été contractée pendant la guerre de Corée dans la fourniture par l'Union soviétique de matériel militaire. Nous avons dû serrer nos ceintures pour la rembourser. En décembre 1964, le premier ministre Zhou Enlai annonça : « La somme totale représentée par le principal et les intérêts que nous devions à l'Union soviétique était de 1,406 milliard de nouveaux roubles, nous avons remboursé un 1,389 milliard de nouveaux roubles dans les délais prévus et avons proposé à la partie souviétique de payer les 17 millions restants avant terme grâce aux bénéfices réalisés dans notre commerce avec l'Union soviétique en 1964. »
La réputation qu'avait Zhou Enlai d'être un diplomate dont la parole était en accord avec les actes était universelle. Ceci, par la suite, devint une nouvelle caractéristique de la diplomatie de la Chine nouvelle. Henry Kissinger, ancien secrétaire d'Etat des Etats-Unis, écrivit ceci dans ses mémoires : « Les diplomates chinois se sont montrés dignes de confiance, au moins dans leurs contacts avec nous. » « Ils sont fidèles à la signification et à l'esprit de leurs engagements. Comme Zhou aimait à le dire, « Nous n'avons qu'une seule parole. » »
Recherche de la vérité dans les faits
Dans ses relations avec les pays étrangers, la Chine nouvelle est non seulement fidèle à sa parole, mais part des faits pour traiter des affaires d'une façon réaliste.
Zhou Enlai dépouilla personnellement les documents historiques existants pour prendre connaissance de la juridiction de fait en ce qui concerne la région frontalière sino-birmane au cours des dynasties successives depuis les Han. Examinant différentes cartes, il détermina les différences dans le tracé de la frontalière et chercha les raisons pour de telles variations. Dans son désir ardent de résoudre cette question territoriale qui était restée en litige au cours des siècles, Zhou Enlai étudia les documents relatifs au contentieux entre la Chine et la Birmanie et les procès-verbaux de négociations entre les deux pays au cours des 150 ans précédents, ainsi que les rapports faits sur les conditions de vie des habitants chinois et birmans de la région frontalière, la distribution des divers groupes ethniques, la vie des gens et leurs habitudes de travail, etc. Les lois internationales et les conventions furent consultées. Les investigations et la rechere à une telle échelle furent une entreprise épuisante, en particulier pour un chef de gouvernement, mais ses efforts ne furent pas faits en vain. Zhou Enlai formula une proposition équitable, raisonnable et praticable qui prenait en considération les conditions historiques et actuelles. Cette proposition fut étudiée par les deux parties dans un esprit de compréhension mutuelle et de concession réciproque. La question frontalière entre la Chine et la Birmanie fut ainsi réglée grâce aux consultations à l'amiable des deux gouvernements. Ceci fournit à la Chine nouvelle une expérience sur la façon dont il faut régler une question frontalière. A la suite de la signature du traité frontalière sino-birman, des accords frontaliers furent conclus entre la Chine et ceux parmi les pays qui étaient prêts à resoudre la question.
Quand des incidents se produisaient à l'occasion d'une transgression de la politique étrangère de la Chine, le premier ministre Zhou Enlai, au nom du gouvernement chinois, prenait immédiatement des mesures pour y mettre un terme et apporter remède à la situation. Zhou Enlai lui même, dans ce cas, présentait ses excuses à la partie lésée.
En août 1967, alors que la tendance de gauchisme propagée par Lin Biao, Jiang Qing et leur cliques contre-révolutionnaires était à son maximum, un bâtiment, dans l'enceinte qui abritait le bureau du chargé d'affaires britannique, fut incendié. Après que le bâtiment endommagé eut été réparé, et que le chargé d'affaires britannique eut été réinstallé dans les locaux, le premier ministre Zhou Enlai le reçut personnellement pour lui faire part de ses meilleurs voeux. Zhou Enlai dit au diplomate britannique que des éléments malfaisants étaient à l'origine de l'incident, que le gouvernement chinois désapprouvait fermement ces actes et il prit en charge les frais de réparation. Des experts étrangers en Chine furent traités inéquitablement et même subirent des injustices au cours de la « Révolution culturelle ». Zhou Enlai prit personnellement des mesures pour redresser ces torts et offrit ses excuses.
Bien que le premier ministre Zhou Enlai fût indigné que les autorités soviétiques eussent dénoncé leurs contrats avec la Chine et retiré tous les experts soviétiques, il ne cessa d'évaluer à sa juste valeur l'assistance des experts soviétiques dans la construction de la Chine au cours des années 1950. Zhou Enlai proposa que la déclaration relative au pont du Yangtsé à Nanjing fasse mantion de l'expérience appropriée acquise dans la construction du pont du Yangtsé à Wuhan, avec l'aide des experts soviétiques.
Zhou Enlai appliqua dans les relations internationales l'esprit de recherche de la vérité à partir des faits et imprima à la diplomatie de la Chine nouvelle ce style prolétarien marqué par la loyauté.
Construire l'amitié
« Nous avons besoin de paix, nous avons besoin d'amis ». « Nous plaçons notre espoir dans les peuples du monde ». C'est ce qu'indiqua Zhou Enlai. Il savait comment surmonter les barrières du premier abord et de l'ignorance et se faire des amis. Il croyait que les relations d'amitié entre les nations ne pouvaient s'instaurer que quand les contacts étaient fréquents. L'amitié, même lorsqu'elle règne entre des personnes qui sont d'accord, ne peut être enrichies que par le contact, ou sans quoi l'éloignement s'y insinue. Il est encore plus nécessaire d'avoir des contacts, d'échanger des vues et developper la compréhension mutuelle avec ceux à l'égard de qui on diffère ou qu'on ne connaît pas bien. Zhou Enlai attachait de l'importance au développement de l'amitié avec les peuples de ceux d'entre les pays étrangers qui n'avaient pas encore établi de relations diplomatiques avec la Chine, car il savait que cela promouvrait l'établissement de relations gouvernementales amicales. Les contacts de peuple à peuple avant la normalisation de relations entre la Chine et le Japon n'ont été que l'illustration d'un tel rôle positif.
Le premier ministre Zhou Enlai gagna au peuple chinois les sentiments d'innombrables amis. Il considérait les peuples de tous les pays comme les détenteurs du savoir, comme ses « professeurs ». Ne manquant aucune occasion, Zhou Enlai mettait son travail de côté et avait de longs entretiens avec des étrangers, et il arrivait fréquemment que ce fût de minuit jusqu'à potron-minet. Il disait que ces entretiens étaient « ses meilleures séances d'étude ».
La Chine acquiert de plus en plus d'amis, mais elle n'oubliera jamais ses vieux amis qui ont contribué à promouvoir l'amitié avec le peuple chinois. A l'occasion de la normalisation des relations sino-japonaises en 1972, le premier ministre Zhou Enlai prononça les paroles suivantes pour rendre hommage aux amis japonais qui avaient longtemps oeuvré pour renforcer les relations sino-japonaises : « Souvenez-vous de ceux qui creusèrent le puits tout en en buvant de l'eau. »
Au nombre des derniers étrangers que reçut Zhou Enlai se trouvaient quelques dirigeants de pays de l'Asie du Sud-est. Il évoqua avec nostalgie les vieilles connaissances avec lesquelles il avait travaillé à la conférence de Bandung et demanda aux visiteurs de leur transmettre ses meilleurs souvenirs.
Le premier ministre Zhou Enlai décrivit en une occasion son périple à travers onze pays d'Asie et d'Europe vers la fin de 1956 et au début de 1957 comme une quête vers l'amitié, le savoir et la paix. Pour servir son pays et le peuple, Zhou Enlai persévéra dans cette quête toute sa vie. La diplomatie de la Chine nouvelle doit beaucoup à ses efforts.
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