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    (GMT+08:00) 2005-04-19 17:01:29    
    Zhou Enlai : un modèle de diplomatie ( 2 )

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    Il est à noter que « rechercher les points communs tout en laissant de côté les divergences » n'est pas une concession sans principe, mais une formule qui mélange les principes et la souplesse. Dès la fondation de la nouvelle Chine, Zhou Enlai réaffirma que la diplomatie chinoise devait changer l'histoire humiliante où l'ancienne Chine faisait de la diplomatie à genoux. En 1953, Zhou Enlai présenta les cinq principes de la coexsistence pacifique, qui constituaient en fait la base des recherches par la partie chinoise des points communs avec le reste du monde. Il disait souvent que le monde avait besoin que souffle sur lui un air politique qui irait dans ce sens. Mais, on ne peut pas « réciter les principes en les considérant comme des dogmes ». C'est-à-dire qu'on doit persévérer dans les principes, mais sans exiger pas que les autres nous ressemblent. Par exemple, la Chine est un pays socialiste dirigé par un parti communiste croyant au marxisme et au léninisme, d'autres sont des Etats monarchiques, ou non, qui croient en Dieu en Allah, ou en autre chose. Ces divergences n'influent pas sur nos principes diplomatiques radicaux et nous devons leur permettre d'exister. En somme, « rechercher les points communs » est une action fondée sur la base des principes radicaux, mais pas une concession aveugle. La tolérence à l'égard de nos principes diplomatiques radicaux est une condition préalable qui permettra de « laisser de côté les divergences ». En outre, savoir laisser de côté les divergences c'est tolérer mutuellement l'existence de la diversité des styles, des particularités et des idéologies. Ce qui est favorable à la recherche des points communs.

    Zhou Enlai avait une allure magnanime au cours du traitement des relations entre personnes, comme entre Etats, et faisait la promotion de la diversité sur la base des points communs. En septembre 1961, le Maréchal britannique Montgomery effectua une visite en Chine et prononça un discours lors de la cérémonie de bienvenue présidée par le ministre chinois des Affaires étrangères Chen Yi. Il présenta dans son discours les trois principes de la paix :

    1. reconnaître une seule Chine, la République populaire de Chine ;

    2. reconnaître deux Allemagnes, la République démocratique allemande et la République fédérale d'Allemagne ;

    3. toutes les forces armées de tous les pays doivent se retourner dans leur pays.

    Zhou Enlai déclara approuver et soutenir ces principes. Citons un exemple qui est resté dans les mémoires.

    Lors de sa visite à Luoyang, le Maréchal Montgomery n'a pas voulu assister à une représentation théâtrale spéciale préparée en son honneur, et il se jeta dans une petite salle de théâtre où se jouait une pièce nommée « Mu Guiying au poste de commandement ». L'interprête lui expliqua l'intrigue. A l'entracte, le Maréchal Montgomery quitta la salle et qualifia la pièce de médiocre et que faire d'une femme un maréchal était quelque chose de ridicule. Xiong Xianghui, qui l'accompagnait en visite, lui expliqua que cette pièce était une légende populaire chinoise et que les masses l'aimait beaucoup. Le Maréchal Montgomery dit que les hommes qui aimaient voir une femme au poste de commandement n'étaient pas de vrais hommes, et que les femmes qui aimaient voir l'une d'entre elles à un poste du commendement, n'étaient pas vraiment des femmes. « L'armée rouge chinoise possède des soldats féminins et l'armée de Libération possède une femme Général de division. », poursuivit Xiong Xianghui dans l'espoir de persuader ce militaire britannique. Mais, le Maréchal Montgomery, d'un air désapprobateur, ajouta :

    - « J'admirais l'Armée Rouge et l'Armée de Libération, mais je ne savais pas qu'en leur sein il y avait une Générale. Cela nuit à la réputation de l'Armée ».

    Xiong Xianghui répondit alors :

    - « La Reine d'Angleterre est une femme, et conformément à votre système, la Reine est le chef d'Etat et le commandant général des forces armées de tout le pays ».

    A l'écoute de ces propos, le Maréchal Montgomery ne souffla pas mot. Une fois informé de l'incident, Zhou Enlai critiqua sérieusement Xiong Xianghui en lui disant :

    - « Tu as parlé trop fort et tu ne dois jamais recommencer ! Montgomery a ses idées, à quoi bon les réfuter ? Il a présenté trois principes pour rester en paix, c'est digne d'éloges ! Tu dis que tu t'occupes de diplomatie alors que tu ne sais même pas laisser de côté les divergences pour pouvoir rechercher les points communs ? Tu penses vraiment avoir triomphé ? »

    Ensuite, Zhou Enlai, voulant absolument connaître les goûts du Maréchal Montgomery, téléphona immédiatement aux services concernés. Il exigera que soit enlevé du programme d'une autre soirée préparée pour distraire Montgomery une pièce nommée « Mulan s'engage dans l'armée » qui révolterait à coup sûr le militaire britannique. Il ajouta alors tout simplement des acrobaties et des imitations vocales, car il savait que Montgomery adorait ça. C'était une véritable marque de respect envers le Maréchal Montgomery, ainsi qu'envers sa nation. Cela restera gravé dans les mémoires de Montgomery.

    Citons un autre exemple, en 1972 lors du banquet de bienvenue en Chine du Premier ministre japonais Tanaka Kakuei, Zhou Enlai demanda à l'orchestre d'interpréter une chanson folklorique du pays natal de Tanaka. Et ce dernier en fût ému presque jusqu'aux larmes. Les preuves de l'art diplomatique de Zhou Enlai ne manquent pas, et ont permis à ce dernier d'avoir un certain charisme devant ses hôtes étrangers. Ce charisme est né de son talent, de son expérience, et surtout de sa magnanimité hors du commun qui lui fît rechercher les points communs en laissant de côté les divergences tout au long de sa vie.

    La formule : « Rechercher les points communs tout en laissant de côté les divergences » demeure une pensée diplomatique grandiose sur le traitement correcte des relations internationales et des affaires communes, ainsi qu'une arme idéologique, à la lumière de laquelle, les pays du monde s'unissent au sein d'alliances de plus en plus larges, solutionnent efficacement les contradictions et les divers conflits afin d'?uvrer pour le progrès de toute l'humanité. Les cinq principes de la coexistence pacifique et la pensée diplomatique visant « la recherche des points communs pour laisser de côté les divergences » jouent un rôle important dans l'établissement et le développement des relations amicales entre la Chine et les autres pays, dans la sauvegarde de la paix du monde et dans la création d'un environnement international favorable à la construction intérieure de chaque pays. Cette pensée revêt toujours une importance majeure dans l'époque actuelle où la Chine a entrepris « la réforme et l'ouverture » ainsi que la modernisation socialiste.