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« La recherche des points communs pour laisser de côté les divergences » consiste à la fois en une pensé et une méthode radicale pour identifier les questions et résoudre les contradictions. Elle est la concrétisation du principe de l'unité entre le général et le particulier. Les « points communs » sont l'aspect du caractère général de la contradiction ; les « divergences » sont l'aspect du caractère spécifique. Sur le plan du traitement des relations entre les pays, « rechercher les points communs » c'est s'efforcer de chercher et d'élargir les points communs entre les deux parties ; « laisser de côté les divergences » c'est regarder en face et permettre l'existence des caractères particuliers de l'autre partie. Deux entités peuvent alors s'unifier. D'un côté, « rechercher les points communs » est l'objectif de « laisser de côté les divergences », et de l'autre, « laisser de côté les divergences » est la condition sine qua non pour « rechercher les points communs ». Le soi-disant « rechercher les points communs » qui ne permet à aucun caractère spécifique d'exister, n'aboutit qu'à une politique de force inégale et ne peut qu'élargir davantage les divergences.
Zhou Enlai formula la pensée de la « recherche des points communs pour laisser de côté les divergences », et l'a mis en application tout au long de sa pratique diplomatique afin de répondre à des questions de principe importantes. Il rendit cette pensée pleine de vivalité et d'énergie grâce à son approche empirique.
Premièrement : répondre aux questions de principe sur la « recherche des points communs pour laisser de côté les divergences » entre Etats fonctionnant sous différent système. En ce qui concerne les relations entre les pays, Zhou Enlai préconise que tous les Etats doivent rechercher leurs points communs tout en laissant de côté leurs divergences. « Rechercher les points communs » c'est respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'autre, la non-agression mutuelle, la non-ingérence dans les affaires intérieures, et l'égalité et avantages réciproques. « Laisser de côté les divergences » c'est laisser de côté les contradictions entre deux systèmes différents. Rien qu'avec cela, on peut atteindre la coexistence pacifique. « Laisser de côté » implique de ne pas provoquer la controverse vis-à-vis du régime et de l'idéologie dans ses relations avec autrui ; ne pas imposer son système et son idéologie aux autres, car le but de la diplomatie est de faire avancer les relations entre pays, pas d'exiger qu'ils fonctionnent tous sous le même système. A propos du système social, le socialisme et le capitalisme ne sont pas monolithiques. En étudiant la formation du marxisme, Zhou Enlai indiqua que certaines théories bourgeoises comportaient des facteurs raisonnables et déclara que les pays socialistes devaient étudier les avantages du capitalisme. Ainsi les différents pays pourraient se compléter les uns les autres pour triompher ensemble dans une compétition pacifique.
Deuxièmement : adopter une façon d'agir selon les circonstances, et créer diverses manières de « rechercher les points communs tout en laissant de côté les divergences ». Telles que « la recherche des importants points communs tout en laissant les petites divergences », « la recherche des points communs tout en maîtrisant les divergences », « la recherche des points communs dans les divergences » et « laisser de côté les divergences tout en traitant les points communs ». Citons l'exemple des pays asiatiques, africains et latino-américains qui ont connu le même sort que la Chine dans le passé et qui ont dû lutter contre l'impéralisme et contre le colonialisme pour plus tard développer pacifiquement leur économie respective. Lors des conférences afro-asiatiques ou de ses visites dans ces pays, Zhou Enlai soulignait toujours que la Chine avait davantage de langage commun avec ces pays, malgré des avis différents, et que ces divergences ne devaient pas influencer l'aspiration nationale. En général, nous devons « rechercher les importants points communs et laisser de côté les petites divergences ». Nous maintenons la coexistence pacifique avec les pays occidentaux sur le plan politique, l'égalité et les avantages réciproques sur le plan économique, et les études mutuelles dans les domaines scientifique, technologique et culturel. Cependant, nous dévoilons et critiquons leurs façons d'agir au sujet de la sauvegarde de leurs intérêts colonialistes et de leurs ingérences dans les affaires intérieures d'autres pays. En ce qui concerne ces pays, nous préconisons la « recherche des points communs tout en maîtrisant les divergences ». Pour les Etats-Unis, nous pratiquons la politique dite de « recherche des points communs dans les divergences ». Citant le « Communiqué de Shanghai » en exemple : les parties chinoise et américaine sont parvenues à des accords sur la base de la recherche des points communs, mais sans esquiver les divergences ni exiger l'uniformité.
Troisièmement, Zhou Enlai excellait dans l'art de coordiner les différents avis de tous les aspects sur n'importe quel sujet, et dans celui de la recherche de l'uniformité dans la contradiction complexe. Citons un exmple, lors de la première conférence de Genèves en 1954, le problème de l'Indochine consistait dans la démarcation des zones de concentration des troupes des deux belligérants vietnamien et français. Le Viet-Nam s'en tenait à 16° de latitude comme frontière, et la France à 18°. Les deux partie ne cédaient ni l'une ni l'autre et les négociations entraient dans l'impasse. Les Etats-Unis tentaient de faire escalader la guerre afin de s'immiscer en Indochine. Sous la pression des deux peuples qui demandaient la paix et devant la réalité des échecs de ses opérations militaires, le gouvernement français de Mendès France, tout juste entré en fonction, voulait absolument résoudre le problème indochinois au plus vite. Zhou Enlai analysa la conjoncture et proposa d'installer la frontière au 17° de latitude. Il consultait, d'un côté les représentants français, et de l'autre les représentants vietnamiens. Enfin, il persuada les deux parties de faire des concessions et de parvenir à un accord de paix en Indochine. Ainsi, il fit échouer la tentative américaine. Citons un autre exemple, lors de la conférence afro-asiatique en 1955, Zhou Enlai assouplit les contradictions et rectifia l'orientation de la conférence grâce à deux discours vis-à-vis de « la rencherche des points communs tout en laissant de côté les divergences ».
En ce qui concerne les accords de la conférence, Zhou Enlai fit preuve de sa capacité à résorber les contradictions. Il proposa au monde entier de suivre les cinq principes de la coexistence pacifique. Quand certains représentants officiels ont estimé que la coexistence pacifique était une appelation du Parti communiste, Zhou la remplaça par « exister dans la paix », ce que la Charte de l'ONU adopta ; et lorsque certains ont manifesté leur désaccord sur l'expression et le nombre des principes de la coexistence pacifique, Zhou déclara : « Nous pouvons réviser l'expression des cinq principes de coexistence pacifique, ainsi qu'augmenter ou réduire leur nombre, car ce que nous recherchons, c'est tomber d'accord sur nos souhaits communs afin de favoriser la sauvegarde de la paix collective ». Grâce aux médiations de Zhou Enlai entre diverses parties, la conférence aboutit finalement aux dix principes de Bandung fondés sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique.
Quatrièmement : transformer les divergences en points communs sur la base de l'équité et de la rationalité par voie de consultations, de conpréhension et d'arrangements mutuellement avantageux. En général, les intérêts économiques des Etats conditionnent leur politique extérieure. Les intérêts des différents Etats ont naturellement des points communs et les divergences. Zhou Enlai estimait que l'attitude correcte était de considérer ses propres intérêts tout en respectant ceux des autres. Ainsi, on peut rechercher les points communs tout en laissant de côté les divergences, et s'efforcer de réaliser un compromis en transformant les divergences en points communs. Ce genre de compromis est fondé sur une base équitable, raisonnable, et est réalisé par voie de consultations et d'arrangements mutuels. Zhou Enlai préconisait qu'il fallait savoir rechercher les points communs et qu'il fallait ?uvrer pour trouver un compromis entre deux parties adverses.
Après la conférence de Genèves, lors d'un entretien informel, Zhou confia avec émotion que la conférence aurait pu durer beaucoup moins longtemps, et que le problème résidait dans le fait que les ministres des Affaires étrangères américain et soviétique ne voulaient céder ni l'un ni l'autre. Le ministre soviétique répondait tout simplement de manière négative à n'importe quelle question Les Américains ont d'abord présenté un projet, il a dit « non ». Les Anglais ont ensuite voulu servir d'intermédiaire entre les deux parties, il a également refusé. Tout était « non », et le ministre russe n'éprouvait pas la nécessité de s'entretenir ou de dialoguer. Envers ses amis, il faut uniformiser les intérêts majeurs et savoir régulariser les conflits pour préserver ces intérêts. De la conférence de Genèves à celle de Bandung, des négociations sur la frontière sino-birmanes à celles concernant l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis, tout indique que Zhou Enlai était un grand maître de la diplomatie, et qu'il excellait à transformer les divergences en points communs et à solutionner les problèmes difficiles.
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