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    (GMT+08:00) 2005-04-19 16:56:59    
    L'impulsion essentielle de Deng Xiaoping sur l'échiquier des relations internationales

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    Vers la fin des années 70, Deng Xiaoping, le dirigeant-phare de la seconde génération d'hommes d'Etat de la Chine nouvelle, a guidé le parti sur la voie du repentir et de la réparation. Comme aux prémisses de la Chine nouvelle, la diplomatie chinoise faisait face à une tâche cruciale: créer un environnement paisible et stable afin de se concentrer sur la construction.

    Pour cela, Deng Xiaoping a respecté l'héritage diplomatique de Zhou Enlai, en recherchant les points communs tout en laissant de côté les divergences. Selon Deng Xiaoping, de nouvelles relations doivent être nouées avec d'autres pays à partir des intérêts stratégiques de la Chine dans ce nouveau contexte. Il fallait développer les coopérations amicales avec tous les pays et mettre en application la politique d'ouverture tout en laissant de côté les différences de systèmes et divergences d'idéologies et les griefs de l'Histoire. En décembre 1995, Qian Qichen, membre du Bureau politique de l'époque, indiquait ainsi la ligne de conduite à suivre par les diplomates chinois : rechercher la vérité à partir des faits, convaincre les autres par la raison, ne pas avoir une haute opinion de soi-même et ne pas avoir peur des diables... voilà ce que Deng Xiaoping demandait aux diplomates chinois. Ce sont les principales caractéristiques du style diplomatique de Deng.

    Deng Xiaoping n'a pas seulement suivi l'héritage diplomatique de Zhou Enlai. Il l'a adapté et fait évoluer en fonction de l'époque.

    Premièrement, il a mis en application une stratégie d'ouverture. Selon Deng, dans un monde où les liens économiques entre les différents pays sont de plus en plus étroits, il n'est pas possible de se développer en fermant la porte. Aux débuts de la Chine nouvelle, Mao Zedong et Zhou Enlai avaient pour but d'importer les techniques modernes et les expériences des pays étrangers. Mais l'attitude de certains pays envers la Chine et les propres erreurs chinoises ont retardé la mise en pratique de cet objectif. Deng Xiaoping a quant à lui souligné la nécessité d'une ouverture totale. Sans le choix de suivre l'idée diplomatique de Zhou Enlai, il n'y aurait pas eu d'ouverture possible. Sous Deng, la modernisation de la Chine s'est accélérée et la puissance nationale a été renforcée. La Chine est davantage capable de lutter contre les perturbations venant de l'extérieur.

    Deuxièmement, Deng a poussé au développement de relations amicales avec tous les pays sur la base des cinq principes de la c?xistence pacifique. A la fin des années 80 et au début des années 90, des changements ont brusquement réorienté la situation internationale. Les pays occidentaux, avec les Etats-Unis à leur tête, ont entrepris de sanctionner la Chine. Tenant compte de la situation dans son ensemble, Deng Xiaoping a indiqué que malgré les changements dans le monde, la Chine devait développer ses relations amicales avec tous les pays dans la sérénité. Et qu'il fallait profiter de cette occasion pour travailler encore plus, en attendant l'heure. La Chine ne devait pas chercher à devenir la figure de proue des pays en voie de développement ni le porteur du drapeau du communiste international. Deng Xiaoping préconise une souplesse dans les relations avec les autres pays. Le gel des relations extérieures a été ainsi brisé.

    Troisièmement, un pays deux systèmes. « Un pays deux systèmes » est un plan conçu par Deng Xiaoping pour résoudre les problèmes hérités de l'histoire. « Un pays » signifie la République populaire de Chine dont font partie Hong Kong, Macao et Taiwan. « Deux systèmes » signifie que le système socialiste est appliqué dans la partie continentale de Chine et que c'est le capitalisme qui fait loi à Hong Kong, Macao et Taiwan après leur retour dans le giron de la patrie. Ce plan illustre aussi l'idée selon laquelle il faut rechercher les points communs et laisser de côté les divergences. Le point commun est le pays, synonyme de souveraineté. La différence est la cohabitation de deux systèmes de société. Le retour de Hong Kong et de Macao dans le giron chinois a concrétisé l'idée de Deng Xiaoping. L'ancienne Premier ministre britannique Margaret Thatcher l'a appelée « une création géniale sans précédente ».

    Quatrièmement, mettre de côté les divergences et engager une exploitation en commun. Il s'agit d'une nouvelle idée de Deng pour résoudre les contentieux frontaliers en recherchant les points communs et en laissant de côté les divergences. Lors de sa visite au Japon vers la fin des années 70, Deng Xiaoping a formulé cette idée au sujet de l'île Diaoyu. Il a dit qu'au lieu de se disputer encore sur la souveraineté de l'île, la Chine et le Japon pourraient concevoir ensemble le plan de l'exploitation. Pendant la deuxième moitié des années 80, Deng Xiaoping a repris cette idée lors de sa rencontre avec les Philippines. Pour le problème des îles Nansha de la mer du Sud, la Chine préconisait les quatre idées suivantes :

    1) la souveraineté des îles est à la Chine

    2) au moment où les conditions de règlement final n'ont pas encore été réunies, les deux côtés pourraient mettre de côté les différends

    3) engager une exploitation en commun dans les eaux proches des îles

    4) le but de l'exploitation en commun est de créer des conditions favorables au règlement final des contentieux frontaliers

    Cette initiative a suscité un vif intérêt dans les pays de l'Asie du Sud-est. Lors de l'entretien avec les ministres des Affaires étrangères de l'ASEAN, Qian Qichen a présenté la position de la Chine sur les contentieux frontaliers. Au nom des sept pays de l'ASEAN, le ministre indonésien des AE de l'époque aavait salué cette vision chinoise. La réalité a prouvé que cette idée de Deng Xiaoping, de mettre de côté les disputes et d'engager une exploitation en commun, peut fonctionner.