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    (GMT+08:00) 2005-04-18 09:32:07    
    La Conférence de Bandung, un événement faisant date

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    La Conférence de Bandung s'est tenue du 18 au 24 avril 1955 à Bandung

    Devenue du fait une capitale afro-asiatique. Il s'agissait de la première conférence internationale historique rassemblant des pays d'Asie et d'Afrique. La cérémonie d'ouverture s'est déroulée solennellement dans la matinée du 18 avril dans la Salle d'Indépendance de Bandung. Plus de 304 représentants venus d'Afghanistan, de Birmanie, du Cambodge, de la République Populaire de Chine, d'Egypte, d'Ethopie, de Côte d'or (le Ghana aujourd'hui), d'Inde, d'Indonésie, d'Iran, d'Irak, du Japon, de Jordanie, du Laos, du Liban, du Libéria, du Népal, du Pakistan, des Philippines, de Ceylan (Sri Lanka aujourd'hui), d'Arabie Saoudite, du Soudan, de Syrie, de Thailande, de Turquie, de République démocratique du Viet Nam, du Viet Nam du Sud, et du Yémen ont participé à cette Conférence.

    Parmi les chefs de délégations, se trouvaient 13 Premiers ministres ou dirigeants d'Etat de niveau équivalent au Premier ministre, 3 vice-Premier ministres et 4 ministres des Affaires étrangères. Les représentants de certains partis politiques nationalistes des pays d'Asie et d'Afrique et qui luttaient pour l'indépendance de leur pays ont assisté à cette conférence en tant qu'observateurs. Le discours inaugural prononcé par le président indonésien Sukarno « Que naissent une nouvelle Asie et une nouvelle Afrique » traduisait explicitement l'appel des peuples afro-asiatiques. Il a appelé les pays d'Asie et d'Afrique à s'unir pour lutter contre le colonialisme et le racisme. Il a souligné que le moment où les pays d'Asie et d'Afrique devaient intervenir sur l'arène politique mondiale était arrivé. « Nous ne voulons pas établir un groupe d'opposition, juste trouver notre propre voie vers la paix pour les pays afro-asiatiques et toute l'humanité . La paix mondiale et la coopération entre les différents pays sont des conditions nécessaires pour la construction d'une justice et d'une prospérité sociale. La Conférence a adopté à l'unanimité les résolutions suivantes : 1. la coopération économique ; 2. la coopération culturelle ; 3. le respect des droits de l'homme et le droit à l'autodétermination ; 4. les Etats dépendants ; 5. la promotion de la paix et de la coopération mondiale. Les problèmes de la Palestine, de la Tunisie et du Maroc étaient également au centre de la discussion.

    Après la cérémonie d'ouverture, la conférence a été divisée en deux phases. La première phase, était l'Assemblée générale. L'après-midi du 18 et toute la journée du 19 avril, les représentants de 22 pays ont pris la parole à l'Assemblée générale. A l'époque, la plupart des pays afro-asiatiques étaient sous domination coloniale, leurs peuples étaient oppressés et exploités. C'est pourquoi lutter contre le colonialisme, conquérir et consolider l'indépendance nationale, s'opposer à la guerre, sauvegarder la paix mondiale, et sur cette base, promouvoir l'unité et la coopération conformément aux principes d'égalité et des avantages réciproques étaient alors les aspirations communes aux peuples afro-asiatiques. Pourtant, la conférence de Bandung ne s'est pas déroulée sans heurts, cela principalement à cause des interférences causées par les pays impérialistes. Ceux-ci semènt autant que possible la discorde parmi les participants dans le but de provoquer des conflits et finalement saper cette conférence. Ils s'attaquent à la Chine en la calomniant et en semant la discorde entre elle et certains pays participants.

    En effet, dans leurs allocutions, les représentants de certains pays attaquent directement la Chine. S'ils agissent ainsi, c'est parce qu'ils y avaient été incités, ou qu'ils avaient des préjugés envers la Chine, ou encore qu'ils ne voyaient pas la vérité. L'atmosphère de la conférence devient alors de plus en plus tendue. Les particpants et les journalistes fixent leur regard sur le Premier ministre Zhou Enlai et attendent sa réponse. Zhou Enlai décide sur le champ de distribuer le texte de son allocation rédigée avant de rejoindre Beijing et d'en rédiger un autre en tant que complément. Il corrige personnellement ce nouveau discours.

    Lorsque le Premier ministre Zhou Enlai monte sur la tribune, toute l'assistance reste silencieuse, et retient son souffle.

    Il commençe son allocation ainsi : « La délégation chinoise est venue ici pour travailler à l'unité et non à la discorde. Nous sommes venus pour identifier des points communs et non pour marquer nos divergences. »

    Dans son allocation, le Premier ministre chinois insiste sur le principe de « recherche des points communs tout en laissant de côté les divergences », principe qui allait devenir très célèbre. Il explique la position et la politique de la Chine en ce qui concerne le système social, l'idéologie, la croyance religieuse ainsi que d'autres problèmes ; en affirmant que ces questions ne doivent pas empêcher les pays afro-asiatiques de parvenir à une unité et de trouver des points communs. Il souligne l'importance qu'il y a d'appliquer les Cinq principes de la co-existance pacifique entre les pays d'Asie et d'Afrique, ainsi qu'au niveau international.

    Le ton de Zhou Enlai était doux et soutenu, et le raisonnement qu'il a développé était basé sur les faits. A peine eut-il terminé son discours que toute la salle fut ébranlée par des tonnerres d'applaudissements. Le Premier ministre indonésien, M. Ali Sastroamidjojo, les Premiers ministres Nehru et U Nu, qui présidaient la conférence, ainsi que de nombreux délégués, quittèrent leurs sièges pour aller serrer la main du Premier ministre chinois ou lui donner l'accolade. Même les représentants qui avaient attaqué la Chine vinrent lui serrer la main.

    Avant de conclure, le Premier ministre Zhou Enlai invite spontanément les participants à se rendre en Chine, et plus particulièrement , dans les régions côtières du Sud-Est et les provinces limitrophes du Sud. « Il n'existe pas de « barrière de bambou » en Chine, dit-il, mais il y a des gens qui ont créé un « rideau de fumée » entre nous. Le président de la Conférence, M. Ali Sastroamidjojo et certains autres participants considèrent le discours de Zhou Enlai comme le tournant qui fît de la conférence un succès.

    La deuxième phase de la Conférence du 20 au 24 avril, marque l'entrée dans la discussion des problèmes spéciaux.

    La séance de clôture de la conférence commençe avec quellques heures de retard sur le programme. Ceci est dû aux divergences surgies au cours de la discussion menée par la Commission politique sur le communiqué commun de la conférence. La controverse se concentrait sur la façon de rédiger le paragraphe concernant le «colonialisme » dans le communiqué. Certains représentants s'opposaient à la mention de « colonialisme » dans le communiqué, tandis que la plupart y tenaient, estimant que, si l'on omettait de montrer le colonialisme comme principal obstacle à l'élevation du niveau de vie des peuples afro-asiatiques, le communiqué ne serait pas compris par ces derniers. Le représentant de la Chine soutient ce point de vue. Plus tard, les représentants qui s'étaient opposés à la dénonciation du colonialisme changent d'avis, mais demandent que le mot « colonialisme » soit complété du terme « sous toutes ses formes ». Terme qui, selon la propagande de l'Occident, comprenait les pays socialistes, la Chine y compris. A l'issue des débats, sur la proposition de l'Inde et du Pakistan, il est entendu que si l'on veut ajouter « sous toutes ses formes », ola rédaction se fera de la façon suivante : « La présence du colonialisme en Asie et en Afrique ». Or, pour confirmer que son pays n'est plus un pays colonialiste depuis la Seconde Guerre mondiale, un certain représentant demande que la formule soit rédigée ainsi : « dans beaucoup de régions d'Asie et d'Afrique ».

    Les opinions étaient , certes, très partagées, mais personne n'impose à la sienne aux autres. On procéde à des consultations amicales, toujours prèts à accepter les propositons positives, pour parvenir à un accord général. A la fin, tout le monde se met d'accord sur cette forme de rédaction : « la Conférence afro-asiatique prend note de l'existence du colonialisme dans beaucoup de régions d'Asie et d'Afrique, quelle que soit la forme qu'il puisse prendre, (...) toutes les manifestations colonialistes sont des maux qu'il faut déraciner rapidement... » De toute évidence, l'expression finalement adoptée dans le communiqué est beaucoup plus précise que la formule « le colonialisme sous toutes ses formes ».

    Car la Conférence a connu plusieurs crises, et c'est grâce aux efforts inlassables de Zhou Enlai ainsi que son art diplomatique remarquable que la conférence a finalement été un succès. Aucun ne croyait, au cours de l'élaboration de la déclaration de paix que la « coexistence pacifique » était un terme du langage communiste, Zhou Enlai a suggèré de le remplacer par « vivre ensemble dans la paix », expression figurant dans la Charte de l'ONU. Quand on s'opposa à la formulation des cinq principes et à leur nombre, il dit que leur formulation pouvait être modifiée, et que le nombre pouvait être augmenté ou diminué, que l'essentiel était d'affirmer la volonté commune, afin de garantir la paix collective. Même ceux qui s'opposaient aux opinions de Zhou Enlai sont alors impressionnés par sa haute vertu politique, sa sincérité, sa courtoisie et sa perspicacité.

    La conférence de Bandung est une conférence internationale d'une grande complexité. Pour qu'elle puisse obtenir le plus de succès possible, le Premier minitre Zhou Enlai a non seulement entrepris des négociations sincères sur un pied d'égalité, mais aussi et surtout, il a profité de toutes les occasions pour prendre des contacts, s'entretenir avec les délégations en dehors des négociations, et afin de renforcer la compréhension et de résoudre les problèmes avant même d'entamer les négociations officielles. Cela a permis non seulement d'éviter de nombreuses contradictions et disputes qui auraient pu éventuellement surgir en raison d'incompréhensions mutuelles, mais aussi de partager un maximum de connaissances.

    Citons un exemple. Au moment où la conférence afro-asiatique allait prendre fin, des gens ont soulevé le problème de Taiwan, dans le but de provoquer une polémique, et que la conférence ne puisse donc pas se terminer dans de bonnes conditions. Etant donné que le Premier ministre Zhou avait exposé aux dirigeants de l'Inde, de l'Indonésie, de la Birmanie et de certains autres pays, la juste et ferme position de la Chine vis-à-vis de Taiwan, et bénéficié de leur sympathie et de leur soutien, ce problème a été résolu très facilement durant la réunion des chefs des délégations des huits pays dont l'Inde, l'Indonésie et la Birmanie. Le Premier ministre Zhou a déclaré solennellement : « Le peuple chinois et le peuple américain sont amis. Le peuple chinois n'a pas l'intention de se battre contre les Etats-Unis. Le gouvernement chinois est prêt à engager des négociations avec le gouvernement américain afin de voir comment la tension en Extrême-Orient peuxt être appaisée, notamment dans la région de Taiwan. » Cette brève déclaration a eu un impact fort sur les participants, permettant ainsi d'aplanir le dernier obstacle placé par certains, d'adopter un communiqué commun ayant pour contenu central un principe en dix points , et de couronner de succès la conférence afro-asiatique.

    Le 24 avril dans le soir, s'est tenue la dernière réunion générale de la conférence. Aux son des applaudissements, les délégués participant à la conférence ont adopté unaniment la résolution de la conférence. C'est « le communiqué final de la Conférence afro-asiatique ». Un sentiment de victoire envahit toute la salle de conférence. Les représentants de 19 pays y compris la Chine ont pris la parole durant la cérémonie de clôture. Ils ont fait l'éloge du succès de la Conférence, ainsi que de la grande contribution apportée par cette conférence dans la promotion de la paix et de la coopération internationale. Dans son discours prononcé à la cérémonie de clôture, le président de la conférence Sastroamidjojo a déclaré : « Aujourd'hui, nous savons tous que nous avions besoin de tolérance. Nous devons vivre ensemble dans la paix comme des voisins amicaux. C'est la seule vraie fondation de la prospérité de l'humanité. J'espère que nous continueront à avancer sur la voie que nous avons choisie ensemble, et espère que la Conférence de Bandung deviendra le phare qui guidera l'avenir de l'Asie et de l'Afrique ».