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Du 18 au 24 avril 1955, les représentants de 29 pays indépendants d'Asie et d'Afrique se sont réunis à Bandung en Indonésie pour discuter de projets capitaux : renforcer la coopération, lutter contre le colonialisme, sauvegarder leur indépendance, et contribuer à la paix dans le monde. Cette conférence marquait la fin d'une longue époque : celle où seules quelques puissances coloniales dominaient les pays asiatiques et africains. Ces jours-là étaient à jamais révolus. La « Déclaration en dix points de Bandung » adoptée unanimement lors de la conférence a été rédigée sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique. On peut également dire qu'elle est un développement de ces cinq principes.
Du 28 avril au 2 mai 1954, les premiers ministres de l'Inde, du Pakistan, de la Birmanie, d'Indonésie et du Ceylan (Sri Lanka d'aujourd'hui) ont appelé, lors d'une réunion à Colombo, capitale du Ceylan, à réaliser immédiatement un cessez-le-feu en Indochine, et ils ont aussi proposé de tenir une réunion afro-asiatique. Lors de la réunion tenue du 28 au 29 décembre de la même année à Maou en Indonésie, les premiers ministres de ces 5 pays ont décidé d'inviter 25 pays d'Asie et d'Afrique à participer à une gande conférence afro-asiatique prévue pour le printemps de 1955 à Bandung en Indonésie. Cette décision a été bien accueillie par les pays invités. D'après la décision du comité permanent de l'Assemblée populaire nationale de Chine, le président Mao Zedong a nommé le premier ministre du Conseil des Affaires d'Etat chinois Zhou Enlai chef de la délégation chinoise pour la conférence de Bandung. Cette délégation était composée par Chen Yi, Ye Jizhuang, Zhang Hanfu et Huang Zhen.
Le gouvernement chinois a donc loué un avion charter de type C-69 d'Air India, le « Kashmir Princess » pour transporter la délégation chinoise en Indonésie. Le 11 avril 1955, cet avion qui reliait Hong Kong et Bandung, en Indonésie, a explosé au-dessus de l'Océan Pacifique, tuant les 11 passagers qui se trouvaient à son bord.
Des documents rendus publics montrèrent plus tard que l'explosion du "Kashmir Princess" avait été causée par une bombe à retardement posée par les services secrets taïwanais, lesquels projetaient d'assassiner le Premier ministre chinois Zhou Enlai. Zhou, devait prendre cet avion pour se rendre à la Conférence de Bandung, mais il avait dû modifier son emploi du temps à cause d'une opération de l'appendicite et avait ainsi échappé à cet assassinat. La 16 avril 1955, la délégation chinoise conduite par zhou Enlai arrive néanmoins juste à temps à Jakarta. Cet attentat n'a donc pas influencé la détermination et le courage de la délégation chinoise dans sa lutte contre l'impérialisme. Le 17 avril, la délégation chinoise emmenée par le premier ministre Zhou Enlai reçoit un accueil triomphale de la part du public à Bandung. Un journaliste signalait dans son reportage que les acclamations et les applaudissements retentissaient partout où Zhou Enlai passait. Un journaliste américain n'a pu s'empêcher de s'exclamer devant les scènes de liesse : « Tout le monde est fou de lui. ».
Le 18 avril 1955, la conférence afro-asiatique s'est ouverte à la date prévue à Bandung, et 340 représentants des gouvernements de 29 pays africains et asiatiques y ont participé. A la cérémonie d'ouverture, le président indonésien Sukarno a déclaré : « Laissons venir au monde la nouvelle Asie et la nouvelle Afrique ! » L'ordre du jour de la conférence comprenait 5 grandes parties, à savoir : la coopération économique ; la coopération culturelle ; les droits de l'homme et l'auto-détermination ; les problèmes des pays dépendants et la promotion de la paix à l'échelle mondiale.
Au cours de la conférence, la plupart des représentants participants ont souligné qu'il fallait renforcer l'union des pays afro-asiatiques dans la lutte contre l'impérialisme et le colonialisme. Ils ont également hautement apprécié les cinq principes de la coexistence pacifique. Mais, ayant des systèmes et des idéologies différentes, sans parler des malentendus comme la guerre coréenne, certains pays alliés des Etats-Unis demeuraient hostiles à l'égard de la Chine. Quelques représentants de ces pays ont donc exprimé leur opposition à la coexistence pacifique et au communisme en prenant la parole lors des débats de la conférence. D'autres ont déclaré que « la coexistence pacifique » était une idée des communistes, et ils mettaient en doute la sincérité de la politique chinoise. Face à cette situation, la Chine se devait de réagir immédiatement.
Pour énergiquement réfuter ces rumeurs calomnieuses, le premier ministre chinois Zhou Enlai a minutieusement préparé son texte d'allocution. « Nous ne sommes pas venus pour nous quereller. » Voilà les premières paroles de son discours prononcé lors de la conférence. Il a poursuivi : « Bien qu'il existe des différences de système politique entre les pays participants, la délégation chinoise est venue ici pour rechercher des identités de vue, et non des divergences. Existe-t-il une base pour parvenir à la recherche de nos identités de vue entre nous ? Je crois que oui. La plupart des pays asiatiques et africains ont tous vécu des catastrophes et des douleurs causées par les colonialistes. Si nous essayons de trouver une base commune dans la lutte contre l'impérialisme, il sera alors facile de se connaître, de se respecter et de se soutenir mutuellement. Je crois que le but de cette conférence est de rechercher les identités de vue tout en laissant de côté les divergences, » a souligné Zhou Enlai.
Mais deux jours après, le chef d'une délégation posait le problème de Taiwan à la conférence en estimant que cette île devait obtenir le statut d'un pays indépendant. Il a également déclaré qu'il était difficile de vivre en paix avec un pays communiste. Face à ce nouveau défi, le premier ministre Zhou Enlai restait impassible. Il a indiqué qu'il n'était naturellement pas d'accord avec l'opinion de ce représentant, mais qu'il ne voulait plus discuter de cette question à la conférence. Lors d'une pause de la conférence, Zhou Enlai est allé en discuter seul à seul avec ce repésentant pour lui faire comprendre la position de la Chine sur le problème de Taiwan. Le 23 avril 1955, le premier ministre Zhou Enlai a publié une déclaration émanant du gouvernement chinois sur la question taiwanaise. Il est dit dans ce communiqué que les peuples chinois et américains sont amis. Le gouvernement chinois est désireux d'entamer des négociations avec les Etats-Unis sur la détente de la tension en Extrême-Orient, et notamment dans la région du détroit de Taiwan. Cette déclaration qui mènera plus tard à des négociations au niveau des ambassadeurs améliora considérablement les relations sino-américaines.
Au cours de la conférence de Bandung, le premier ministre Zhou Enlai a affirmé à plusieurs reprises le rôle et le sens des cinq principes de la coexistence pacifique. Ses paroles sur ces principes ont été, dans l'ensemble, bien accueillies par les participants. Lors de la conférence, on a finalement abouti à un consensus et on a adopté le 24 avril le « Communiqué final de la Conférence de Bandung ».
Sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique, la conférence a également vu l'adoption de la « Déclaration sur la promotion de la paix et de la coopération internationale », dans laquelle ont été fixés les 10 principes de la coexistence pacifique, à savoir :
1) Respect des droits humains fondamentaux en conformité avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ;
2) Respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de toutes les Nations ;
3) Reconnaissance de l'égalité de toutes les races et de l'égalité de toutes les Nations, petites et grandes ;
4) Non-intervention et non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays ;
5) Respect du droit de chaque Nation de se défendre individuellement ou collectivement conformément à la Charte des Nations Unies ;
6) Refus de recourir à des arrangements de défense collective destinés à servir les intérêts particuliers des grandes puissances ; refus par une puissance quelle qu'elle soit d'exercer une pression sur une autre ;
7) Abstention d'actes ou de menaces d'agression ou de l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un pays ;
8) Règlement de tous les conflits internationaux par des moyens pacifiques, tels que négociation ou conciliation, arbitrage ou règlement devant un tribunal compétant, conformément à la Charte des Nations Unies ;
9) Encouragement aux coopérations d'intérêt mutuel ;
10) Respect de la justice et des obligations internationales. (...)
En avril 1955, lors de la Conférence afro-asiatique tenue à Bandung en Indonésie, le premier ministre chinois Zhou Enlai avait apposé sa signature sur le "Communiqué final de la Conférence afro-asiatique" (Déclaration de Bandung). Dans le communiqué, les signataires exprimaient leur soutien total aux principes fondamentaux des droits de l'homme définis dans la Charte des Nations-Unies, en faisant de ceux-ci le premier des dix principes de la coexistence pacifique. Au mois de mai de la même année, lors de la réunion élargie du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, Zhou Enlai avait souligné que la "Déclaration en dix points de Bandung" stipule également le respect des droits fondamentaux de l'homme et celui des objectifs et principes de la Charte des Nations-Unies. Il s'agit là de quelque chose que le peuple chinois a toujours préconisé et respecté la Chine depuis toujours.
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