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    (GMT+08:00) 2005-04-18 14:22:15    
    La Chine nouvelle entre en scène à la conférence de Bangung

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    Le 18 avril 1955, la première conférence afro-asiatique s'est tenue à Bangung en Indonésie. Cette conférence marque un nouveau point de départ de l'histoire mondiale et constitue également un jalon pour la Chine nouvelle sur l'arène internationale.

    Bandung réserve une place à la Chine nouvelle

    Taiwan et « l'action 01 »

    Dértournement d'avion

    Dans l'après-midi du 22 janvier 1955, le Premier ministre chinois Zhou Enlai a reçu une lettre invitant la Chine à participer à la Conférence de Bandung, remise par l'ambassadeur indonésien. Ce courrier revêt une signification importante pour la Chine nouvelle.

    Lorsque cette nouvelle arrive aux oreilles du grand maître de l'espionage, Allen Dulles, directeur du FBI américain, un complot destiné à tuer Zhou Enlai est fomenté... Ce plan d'action secret, qui a reçu le soutien du bureau d'Extrême-Orient du FBI, est connu sous le nom « action 01 ». Il est discrètement mené par Mao Renfeng du Bureau des informations du Parti Guo Mindang de Taiwan. Le 11 avril 1955, l'avion « la princesse de Kashmir» loué par la délégation chinoise participant à la Conférence asie-afrique, a été bombardé et s'est écrasé entre Hongkong et Djakarta. 15 personnes, dont 8 membres de la délégation et journalistes chinois, ont alors trouvé la mort. Ce drame a étonné le monde entier. Mais le complot de Mao Renfeng a échoué. Sous le commandement du ministre chinois de la Sécurité publique Luo Ruiqing, un groupe dirigé par Zhou Enlai et Chen Yi est parti de Kunming et est arrivé en Indonésie via Rangoon à bord de l'avion « despote de l'air ». La délégation a ainsi pu participer à la Conférence à la date prévue.

    La conférence commence à changer de ton

    La Chine nouvelle isolée

    Zhou Enlai répond avec sérénité

    Dans la matinée du 18 avril 1955, le bâtiment d'Indépendance de Bandung, l'ancien club des colonisateurs néerlandais interdit aux Indonésiens locaux, a accueilli de nombreuses personnalités dirigeantes de divers pays. Ils représentent plus de la motié de la population mondiale.

    La fameuse allocution prononcée par le président indonésien Sukarno intitulée « Que naissent une nouvelle Asie et une nouvelle Afrique » a levé le rideau de la Conférence de Bandung. Mais c'est que personne n'attendait, c'est le contrepied irakien : le représentant irakien, dernier à prendre la parole, a tourné le dos aux objectifs initiaux de la conférence et jeté une « bombe anti-communisme ». Il a affirmé ouvertement son opposition au communisme. Dans la matinée du lendemain, les représentants pakistanais et philippins ont respectivement repris la parole et ont aussi attaqué le communisme. La vague anti-communisme devenait de plus en plus forte. Une division est ainsi apparue au sein de la Conférence, et la Chine nouvelle risquait d'être marginalisée. Dès que la conférence de l'après-midi fut commencé, Zhou Enlai a décidé de ne pas lire le texte initialement prévu pour son allocution et il a demandé de prendre la parole. Evidemment, le Premier ministre de la République voulait répondre aux propos anti-communistes pour faire entendre au monde entier la voix de la Chine. Des représentants et des journalistes participant à cette conférence ont bien compris que cette réponse de Zhou Enlai allait influencer toute la conférence et revêtait une importance cruciale.

    4h45 de l'après-midi... après les discours des représentants syrien, thaïlandais et turc, Zhou Enlai, en costume gris de Zhongshan, est monté doucement sur la tribune. Il a dit avec calme et tranquillité : «La délégation chinoise est venue ici pour chercher l'unité et non la discorde ». Il a exposé avec sincérité, et d'un ton doux, trois problèmes particuliers : l'idéologie, la croyance et la liberté religieuse. Ce discours spontané, bref et énergique a duré 18 minutes. Et il s'est conclu par un tonnerre d'applaudissements et a aplani les vagues et les troubles qui se faisaient jour au sein de cette conférence. Zhou a ainsi imprimé un nouvel essor à la conférence de Bandung tout en rectifiant le tir... finalement, il aura rapproché la Chine nouvelle du reste du monde. Le principe dit «Chercher des points communs tout en laissant de côté les divergences » est devenu le terme majeur de la conférence de Bandung et a été reconnu par la communauté internationale.

    Le première épisode diplomatique de la Chine nouvelle : la coexistence pacifique s'est répandue dans les quatre océans

    Le 20 avril, la conférence désormais tenue dans le Bâtiment du Drapeau rouge et blanc a lieu à huis clos. Mais le 21 avril, justement au moment où la conférence touchait à sa fin, sir John Kotelawala, de Ceylan (Sri Lanka aujourd'hui), a lâché la plus puissante « bombe anti-communisme ». S'est alors ouvert une lutte acharnée entre les deux grandes tendances, « la tendance proche de l'Occident » et « celle du neutre ». La conférence se trouvait de nouveau dans un impasse. En fait, Zhou Enlai, dirigeant du Parti communiste chinois était le personnage central de cette lutte. Son talent diplomatique et sa capacité à saisir les opportunités au bon moment, avaient atteint leur perfection. Pendant cette conférence, il a su se contrôler lorsque, les nerfs à vif, il devait monter à la tribune comme une star, selon le journaliste américain Barnett. Au cours de cet autre discours d'une heure et demie, Zhou Enlai a souligné encore une fois, la principe de coexistence pacifique, et il a proposé des motions émises par la délégation chinoise. Il a également conclu des intérêts communs, en sept principes, enrayant ainsi le chemin pour l'aboutissement final d'un accord. Ensuite, la conférence a finalement adopté « les dix Principes » issus de tous les contenus des cinq Principes de la coexistence pacifique, qui a été écrits dans le « Communiqué public commun de la conférence afro-asiatique », devenant ainsi le contenu de base de la « Déclaration pour la promotion de la coopération et de la paix du monde ». Zhou Enlai « a imprimé un nouvel essor » à cette conférence. Incitant un journaliste de l'Agence Reuters à écrire : « On a tous reconnu que la suprême aptitude de Zhou Enlai a dominé la conférence »...

    La conférence de Bandung a ouvert une porte à la Chine vers le monde.

    Elle a également ouvert une porte permettant au monde d'entrer en Chine. Elle a fait entendre au monde entier la voix la plus autoritaire qui provient de la Chine.