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    (GMT+08:00) 2005-09-12 15:17:16    
    Gravure sur bois chez les Zhuang de la préfecture de Wenshan au Yunnan dans le sud-ouest de la Chine

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    Dans la région reculée des hautes montagnes du sud-ouest de la Chine, plus précisément dans la préfecture autonome des Zhuang de Wenshan, les villages du district Maguan abritent nombre d'habitants de l'ethnie des Zhuang. Celle-ci continue de respecter dans les villages où elle est présente des éléments culturels appartenant à ses anciennes traditions. Cependant, un nouveau village, du nom de A'e, se révèle quelque peu différent puisqu'on y trouve des gravures sur bois de style moderne. Les auteurs de ces tableaux sont des paysans ordinaires du lieu. Ici, cette gravure sur bois a déjà derrière elle une histoire vieille de trente ans.

    Au centre du village, s'ouvre une salle d'exposition réservée aux gravures sur bois de taille moyenne. Sur ses quatre murs, sont suspendues une dizaine d'?uvres sur bois créées par des paysans locaux. Leur réalisation a commencé il y a une trentaine d'années et s'est perpétuée sans interruption jusqu'à nos jours. Ces ?uvres nous racontent l'histoire de trente ans de gravure sur bois dans le village A'e, en reflétant les changements survenus entre-temps dans la vie des habitants.

    Aujourd'hui, le nouveau village A'e baigne dans une ambiance de fête. Dès le matin, les femmes sont très occupées. Après avoir terminé leur maquillage, elles s'en vont cueillir des fleurs et des herbes dans la montagne. Elles les lavent et les écrasent pour préparer le « riz aux fleurs ». Il faut une journée entière pour préparer ce plat.

    Le riz aux fleurs est un aliment traditionnel que les Zhuang préparent à l'occasion des fêtes ou pour honorer leurs hôtes. Comme aujourd'hui n'est pas un jour de fête, il est évident qu'on s'apprête à acceuillir des hôtes.

    A midi, un vieillard est entré dans le village A'e. Il s'appelle Wang Dingrao. Voilà l'hôte distingué que tous attendaient ! C'est grâce à lui que le village a commencé à se livrer à la gravure sur bois. Wang Dingrao nous rappelle la situation qui existait alors.

    Selon le peintre Wang Dingrao, en 1974, lorsque nous avons commencé d'enseigner la gravure sur bois aux paysans du district Huxian, l'idée nous est venue de développer cette technique artistique dans toute notre préfecture. Pour cela, j'ai donc choisi de me rendre dans le district Maguan, où l'ethnie des Zhuang est fortement représentée, et plus précisément au village A'e.

    A l'époque, Wang Dingrao a choisi A'e, non seulement à cause de ses beaux paysages, mais aussi parce que les gens du lieu ont l'esprit vif et la main adroite et qu'ils aiment beaucoup tout ce qui est beau, ainsi que le prouvent les articles tricotés réalisés par les gens du village. Là, les hommes peignent les fleurs, tandis que les femmes les tricotent. Depuis des générations, tous éprouvent amour et sensibilité pour les motifs floraux et les couleurs. Cette qualité particulière des habitants du village A'e a beaucoup surpris Wang Dingrao.

    La façon qu'a Wang Dingrao d'enseigner la gravure est particulière. Il l'a nommée le « moyen d'enseignement par des allumettes ». Il a précisé: "J'ai utilisé les allumettes pour mettre en évidence la composition du corps humain et les différents types de gestes humains. C'est simple. On ne s'occupait que des lignes principales. À l'aide de ces bûchettes, je pouvais décrire des gestes humains, comme la course. Une autre disposition représentait une autre action, le labour au champ. À la vue de ces « schémas », les gens se rendaient compte qu'ils pouvaient imiter tous les gestes. Si l'on coupe et plie l'allumette, on fait apparaître la courbe de la main. Cette courbe-ci va représenter le pied. Cela ne tient pas encore compte des véritables proportions. Mais en leur montrant ainsi les divers gestes, on leur fait comprendre que ce n'est pas une chose difficile à réaliser."

    La démonstration à l'aide d'allumettes a permis aux habitants d'A'e de comprendre comment décrire par des lignes les mouvements du corps humain. À leur tour, ils ont donc essayé d'utiliser cette technique pour obtenir le même résultat. Cette méthode s'est maintenue jusqu'à aujourd'hui.

    Les gens de A'e ont montré un grand intérêt pour les petites allumettes. Par la suite, Wang Dingrao a pu constater que les beaux paysages de cette région, riche en forêts, fournissent une excellente matière première pour la gravure sur bois, qu'il aime profondément. C'est ainsi que les gens du lieu ont noué des liens étroits avec cette forme d'art.

    Trente ans après, Wang Dingrao est revenu dans le village A'e. Ses anciens élèves de la gravure sur bois l'ont invité à visiter la salle d'exposition, une fierté pour eux. Devant ces ?uvres, Wang Dingrao a manifesté une grande surprise.

    Au début, Wang Dingrao ne voulait enseigner qu'à quelques jeunes du village. Mais, à sa grande surprise, dès le début presque tous les villageois ont voulu devenir ses élèves. Et mieux encore : les cadres du villages ont encouragé les villageois à apprendre la gravure sur bois.

    Les villageois se sont mis à aimer de plus en plus l'art de la gravure sur bois. Ils ont apporté des plaques de bois pour les découper et en faire des planches à dessin. Ils ont fabriqué aussi des couteaux. Pour la première fois, ces paysans sans formation professionnelle ont pu tracer dans le bois des lignes pas encore très fluides. Sur les planches, ils ont gravé leurs rêves et leur monde.

    Le village A'e, habité de longue date, est le monde de ces gens. Le contenu de leurs ?uvres se concentre sur les événements et les habitants du village. Quant à la technique, ils ne font pas trop attention à la théorie, ni aux règles de l'art. Ils ne cherchent pas à assimiler les théories de la gravure sur bois, mais celle-ci leur a apporté une grande joie de vivre. N'est-ce pas suffisant ?