Au nord du district Pulan, dans la région de Ngari, se trouve le lac Mabanyongcuo ou « lac saint ». C'est là, au nord de ce lac, sur le Mont Gandise, que 54 étudiants apprennent la médecine tibétaine. Tous sont handicapés, orphelins ou enfants issus de familles et obligés d'avoir interrompu leurs études.
Dans cette zone touristique qui attire des milliers et des milliers de visiteurs chinois et étrangers chaque année, sortant d'un édifice de style tibétain construit à flanc de montagne, la voix d'un enfant qui lit se fait entendre. On se rapproche alors du bâtiment... Et là, sur une plaque en bronze, on lit, en tibétain, en chinois et en anglais «école de médecine tibétaine du Mont Gandise ». Nous avons rencontré M.Cidanduoji, directeur de cette école. Il nous présente son établissement : « Notre école a été construite pour pallier au manque de médecins et de médicaments dans la région agricole et pastorale de Ngari, mais aussi pour recueillir les orphelins et les enfants issus de familles pauvres et les aider à poursuivre leurs études. Cette école a pu être construite grâce aux efforts de Tibétains de Chine et d'outre-mer.»
C'est ainsi qu'il y a 10 ans, Zhabalangjie et d'autres Tibétains résidant en Suisse sont retournés dans la région de Ngari, leur pays natal. Ils ont rendu visite à Danzhenwangzha, considéré comme un bouddha vivant, directeur de l'hôpital tibétain de la région Ngari et célèbre médecin tibétain. Ensemble, ils ont parlé de la création d'une école de médecine tibétaine. En 1994, Danzhenwangzha, un autre saint homme, Zhabalangjie et d'autres Tibétains de Suisse, ainsi que le gouvernement local se sont entièrement consacrés à la construction de cette école.
En 10 ans, les Tibétains de Suisse ont donné plus de 5 millions de yuans pour construire l'école. Et chaque année, ils envoient plus de 200 000 yuans pour les frais scolaires et la vie quotidienne des élèves. Danzhenwangzha a été nommé directeur d'honneur de l'école. Malgré ses 84 ans passés, il emmène chaque année ses élèves dans les montagnes pour cueillir des plantes médicinales. Et il continue de leur enseigner la pharmacologie tibétaine tout en leur transmettant la pensée de la médecine tibétaine.
L'école de médecine tibétaine du Mont Gandise compte 4 enseignants. Les 54 élèves qui se répartissent en plusieurs classes, ont tous au moins le niveau CM1, et sont tous exemptés de frais de scolarité et de frais quotidiens. Grâce au soutien du gouvernement et des départements sanitaires locaux, cette école secondaire spécialisée fonctionne de mieux en mieux. Le directeur de l'école Cidanduoji nous explique maintenant le contenu de la formation : « Nos élèves étudient principalement les bases de la médecine tibétaine. Ils apprennent également le chinois et l'anglais. Notre école a pour objectif principal de former des médecins tibétains et d'améliorer les conditions sanitaires locales. »
L'école de médecine tibétaine adopte une méthode pédagogique bien adaptée à la situation des enseignants et aux différences de niveau des étudiants, comme les cours privés ou la possiblité de redoubler. Si on estime qu'un élève n'a pas le niveau pour être diplômé, on lui fait refaire une classe jusqu'à ce qu'il ait le niveau requis. Par ailleurs, l'école invite souvent des enseignants, des professeurs et des experts d'autres facultés de médecine, y compris de l'hôpital de médecine tibétaine de Ngari, à faire des interventions.
Sur les 40 élèves de la promotion 2001, la première de l'école, 10 ont été admis à la Faculté de Médecine tibétaine du Tibet ou à l'Université de Médecine traditionnelle chinoise de Chengdu. Aujourd'hui, les diplômés de l'école médicinale tibétaine du Mont Gandise ont en général atteint le niveau technique spécialisé secondaire répondant aux exigences d'un médecin de régions agricoles et pastorales.
Durant l'interclasse, nous avons bavardé avec les étudiants de cette école. Luosang nous raconte justement les raisons pour lesquelles il est entré à l'école de médecine tibétaine du Mont Gandise : « Je suis issu d'une famille pauvre du canton de Menshi, dans le district de Pulan. Cela fait 3 ans que j'étudie dans cette école. Je suis maintenant en classe supérieure. Grâce au soutien du gouvernement local, des Tibétains d'outre-mer et à l'encadrement de notre école, j'ai de bons résultats. Après mon diplôme, je ferai tout mon possible pour entrer à la Faculté de médecine tibétaine du Tibet. Je veux devenir un bon médecin pour pouvoir servir au mieux nos compatriotes tibétains ».
Gongjue est un des camarades de classe de Lusang. Il fait partie de ceux qui ont dû interrompre leurs études dans le district de Gaize, dans la région de Ngari. Il nous parle de son parcours et de ses projets : « J'ai été obligé d'interrompre mes études en première année d'école secondaire parce que ma famille était trop pauvre. J'ai été si heureux de pouvoir poursuivre mes études dans cette école. Et je m'y donne à fond. Plus tard, je veux étudier à la Faculté de médecine tibétaine à Lhassa. Et après, je retournerai dans mon pays natal. Je veux être un bon médecin tibétain et rendre service aux gens de mon pays natal. C'est la moindre des choses à faire pour remercier la société et les Tibétains d'outre-mer, de leur gentillesse. »
L'école médicinale tibétaine du Mont Gandise se trouve, comme nous l'avons dit plus tôt, au bord du « lac saint ». Chaque année, plus de 8000 personnes de Chine ou de l'étranger y viennent en pèlerinage ou en voyage. En 2002, année du cheval selon le calendrier lunaire des Tibétains, le nombre de visiteurs a dépassé les 30.000. Beaucoup de touristes et notamment des Tibétains d'outre-mer originaires de Ngari, se sont rendus dans l'école médicinale tibétaine du Mont Gandise. Certains sont même allés voir les médecins ou les enseignants de cette école. Un bon moyen pour les élèves d'entrer en contact avec l'extérieur et d'élargir leur horizon.
De son côté, Cidanduoji, directeur de l'école médicinale tibétaine du Mont Gandise nous a dit qu'il continuerait sur la lancée pour adapter l'enseignement aux conditions locales, pour que les étudiants élargissent encore plus leurs connaissances et apportent leur propre contribution à la médecine et aux médicaments tibétains.
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