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    (GMT+08:00) 2005-08-01 15:32:21    
    Gehong et la montagne Luofu

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    L'humanité a toujours rêvé de voler librement dans les airs. Mais ce rêve n'a été réalisé qu'à l'époque moderne. Le livre Baobuzi, écrit sous la dynastie des Jin, mentionne un jouet ancien appelé « libellule de bambou ». Ce jouet s'est répandu au 14ème siècle en Europe. On dit qu'il posait le principe de la rotation des ailes, comme celles d'un hélicoptère. L'auteur de ce livre est Ge Hong.

    Ge Hong avait Yachuan pour prénom social et Baobuzi était son surnom. Il a consacré toute sa vie à la pratique de la médecine. Il est connu comme le célèbre théoricien taoïste, alchimiste, et pharmacologue de la dynastie des Jin de l'Est. Cette peinture Wang Meng de la dynastie des Yuans montre le départ de Ge Hong vers le Mont Luofu dans le Guangdong. Il partit avec toute sa famille après avoir démissionné de son poste et réalisa dès lors des travaux d'alchimie.

    Lai Baorong, vice-président de l'Associations des taoïstes de Chine nous a dit :

    Dans son livre Baobuzi, Ge Hong considère le mont Luofu comme une montagne féerique, l'un des dix sites sacrés du pays. Dans le taoïsme, il y a 10 grandes sphères supérieures. Le temple taoïste de Chongxu est classé au 7ème rang. C'est ainsi qu'il est un lieu merveilleux.

    Le mont Luofu que certains appellent Dongqiao, se situe dans le district Boluo de la province du Guangdong. C'est un site célèbre du taoïsme chinois classé au rang de 7ème sphère supérieure et de 32ème paradis. On dit aussi de lui qu'il est le « premier monde au sud des Cinq Chaînes ». Dès les dynasties des Qin et des Han, le Mont Luofu est devenu un paradis élu par les Immortels.

    Dans l'histoire chinoise, presque tous les empereurs ont imaginé régner dix mille ans. Ils témoignaient ainsi de leur aspiration au pouvoir suprême et à la longévité. C'est sans doute pourquoi l'alchimie a une longue histoire en Chine. Pendant la période des Royaumes combattants aux 3ème et 4ème siècle avant J-C, des alchimistes mirent au point des remèdes pour ceux qu'une vie éternelle tentait. On raconte que le premier empereur de la dynastie des Qin aurait envoyé Xu Fu et plusieurs centaines de jeunes filles et garçons vierges au lieu féerique Penglai pour y rechercher le remède. L'empereur Wudi de la dynastie des Han était, lui aussi, particulièrement superstitieux. Il a dépensé de grosse sommes pour célébrer dignement le culte des dieux et des Immortels. Le trésor public en fut vidé de toute ressource et le peuple se trouva appauvri.

    Le mont Luofu se situe au niveau du tropique du Cancer ; il appartient à la zone climatique subtropicale. Les précipitations y sont abondantes, ce qui est favorable à la croissance des plantes. On compte ici plus de 3 mille espèces de plantes, dont 1200 sont utilisées en médecine. L'un des dépôts de plantes médicinales traditionnelles a attiré un grand nombre d'empereurs et d'alchimistes de toutes les dynasties. L'obsession de l'éternelle jeunesse et la peur de la mort les y réunissaient.

    C'est à cette époque-là que Ge Hong aurait utilisé ce genre de four pour élaborer son remède d'immortalité. On brûlait du cinabre dans un four installé sur un trépied. Le remède était préparé selon une méthode presque similaire au processus d'épuration et de distillation de la chimie moderne. Si la pilule d'immortalité ne fut jamais produite, on découvrit en revanche qu'après crémation, le cinabre se transformait en mercure et qu'après d'autres manipulations, il redevenait du cinabre. C'est la plus ancienne expérience menée sur la décomposition et la recomposition dans l'histoire de la chimie mondiale.

    Yang Huaiyu, Ecrivan du district Luobo de la province du Guangdong a dit :

    Extraire le mercure du cinabre et le faire fondre pour qu'il redevienne du cinabre : c'est bien ce que l'on nomme une décomposition chimique. Le processus de décomposition s'achève par le retour de la matière à son état d'origine. Ge Hong fut surpris de sa propre expérimentation ; ce fut lui le premier qui réussit à extraire du mercure à partir du cinabre. Le docteur Joseph Neetham, un scientifique britannique, a déclaré que Ge Hong était un précurseur dans l'histoire de la chimie.

    Pour pratiquer son art de l'alchimie, Ge Hong se fournissait en plantes médicinales sur les flancs du mont Luofu. Aujoud'hui, la chirurgie traditionnelle chinoise fait encore usage de médicaments issus des expériences chimiques de Ge Hong.

    Ge Hong avait compris que le traitement des maladies courantes était le prémisse de la longévité. Il rédigea, dans le but de diffuser ses connaissances, un traité des « prescriptions médicales urgentes de Zhouhou ». Les générations successives consultèrent ce traité et y virent une excellente brochure pour s'initier à la médecine traditionnelle. « Zhouhou » signifie en chinois « derrière le coude » : cela indique que le livre pouvait se transporter dans la manche derrière la coude. Ge Hong avait imaginé l'usage qu'en feraient les médecins, sortis précipitamment pour une visite d'urgence. Au début du livre, l'auteur décrit une méthode de secours d'urgence : il s'agit de presser le sillon labial du patient avec le pouce lorsqu'il se trouve dans le coma.

    Dans les dernières années de leur vie, Hong Ge et son épouse ont pratiqué une vie pieuse et retirée aux abord du mont Luofu. Cette montagne compte 5 temples taoïstes dont le temple antique de Chongxu qui est sans doute le plus beau. Ce temple recèle encore beaucoup de vestiges de Ge Hong. Ce site est connu dans le monde pour abriter les trois merveilles. La première, ce sont ces grandes arbres qui enserrent la Grande Salle. Leurs feuilles ne tombent jamais sur le toit de cette Salle principale. La deuxième merveille, c'est que le temple n'est jamais envahi par les toiles d'araignée. Enfin, on raconte que l'eau du puits peut apporter à celui qui la boit la longévité. On dit que ces trois merveilles sont liées à la promesse d'éternité et de paradis que le remède d'alchimie contient.

    Lai Baorong, vice-président de l'Association des taoïstes de Chine nous a dit : « Dans les annales du taoïsme, nous avons découvert que ce puits a été utilisé par Ge Hong pour préparer le remède d'immortalité. Nous avons transporté un échantillon de cette eau dans un laboratoire de Sichuan pour l'examiner. Le résultat montre que cette eau contient 14 éléments chimiques qui sont profitables à la santé des gens, notamment le zinc. »

    Bien que l'alchimie ait échoué dans sa recherche de l'immortalité, les avancées réalisées dans le domaine de la chimie par les alchimistes chinois sont des étapes importantes de notre histoire scientifique et technique. On raconte qu'à sa mort, le corps de Ge Hong ne changea pas de couleur et restait mou : son remède avait dû produire quelques effets. Les gens de son époque ne sont pas parvenus à expliquer un tel phénomène. Selon eux, il n'était pas mort ; il est devenu immortel. Dans la tombe de Ge Hong, on n'a enterré que ses vêtements et son chapeau. Ce tombeau ne contient que les effets personnels de Ge Hong. Depuis lors, le mont Luofu est connu de tous. Il laisse une bonne impression à ceux qui le visitent. Il est devenu un lieu sacré du taoïsme du sud de la Chine.