• Département français
  • Radio Chine Internationale
  • China Radio International
    Infos Chine
    Infos Internationale
      Eco & Finances
      Culture
      Sci & Edu
      Sport
      Divers

    ECONOMIE

    CULTURE

    GUIDE

    SOCIETE

    TOURISME

    SPORTS

    SCI-EDU
    (GMT+08:00) 2005-07-15 11:10:37    
    Histoires des victimes chinoises des armes chimiques de l'armée japonaise

    cri
    Pendant la 2e guerre mondiale, la guerre chimique déclenchée par l'armée japonaise a infligé au peuple chinois des désastres sans précédant.

    Li Qingxiang, âgé de 78 ans, habite au village de Beitong dans la province du Hebei, en Chine du Nord. Quatre membres de sa famille ont péri le même jour dans les gaz toxiques lancés par l'armée japonaise, il y a 63 ans. A l'évocation de ce souvenir, ce vieillard est sombre dans un air grave et une profonde mélancolie. Il nous a raconté qu'un matin de printemps, des coups de fusil l'ont réveillé.

    C'était un ratissage organisé par les troupes japonaises. La plupart des villageois étaient partis se cacher dans des souterrains construits à l'avance pour éviter d'être massacré. Mais contre toute attente, les militaristes japonais ont lancé des gaz et allumé des feux dans les passages souterrains. Li Qingxiang se rappelle douloureusement que c'était la panique et que tout le monde couraient partout dans les gaz. C'est comme ça que ses parents sont morts.

    « Les japonais ont cherché les entrées des passages souterrains, et puis ils nous ont gazé. J'étais à bout de souffle et mes yeux n'arrivaient plus à s'ouvrir à cause du gaz. Ma s?ur aînée et mes deux frères se sont séparés de moi, lorsque ma petite s?ur m'a dit «Frère, je ne peux plus marcher. » Ma s?ur aînée, mes deux frères et ma petite s?ur sont tous morts empoisonnés. En plus les japonais ont brûlé notre maison de 9 pièces. »

    Ce vieillard nous a cité davantage de noms de victimes : Li Yunhu, Wang Xincheng, Li Ju, etc. Selon certains documents, il y avait plus de 800 personnes dans le village de Beitong, tous morts dans les gaz toxiques japonais le même jour.

    En effet, les attaques chimiques lancées par l'armée japonaise étaient fréquentes. Bu Ping, professeur de l'Académie des sciences sociales de Chine, se dévoue depuis longtemps aux recherches sur la guerre chimique menée en Chine par l'armée japonaise. Il a indiqué que de 1939 à 1945, l'armée impériale nipponne a très souvent utilisé les armes chimiques dans les combats.

    Selon des statistiques incomplètes, l'armée japonaise aurait utilisé les gaz toxiques plus de 2000 fois rien que sur l'armée chinoise, le chiffre réel est probablement supérieur. Mais ses atrocités ont échappé aux jugements à cause de la protection des Etats-Unis. Ces criminels n'ont pas été jugés comme il le fallait, ce dont le Professeur Bu Ping s'indigne au micro de RCI :

    Les victimes des attaques chimiques ont subi de graves blessures, mais la plupart sont mortes sans avoir obtenu de réparation. C'est parce que le Japon n'a pas avoué ses responsabilités dans sa guerre d'agression et qu'il n'a pas payé ses crimes après la guerre.

    La fin de la 2e guerre mondiale a apporté une aurore pour les peuples qui ont subi des tortures. Mais le péril des armes chimiques japonaises ne s'est pas pour autant éloigné du peuple chinois. Un soir d'automne 1974, un mécanicien du nom de Li Chen était en train de désenvaser avec des collègues sur le fleuve du Hei Longjiang, nord-est de la Chine, quand soudain, la pompe à eau fît un cliquetis. Quelque chose semblait la coincer. La pompe s'est alors éteinte. Li Chen se présente à notre micro :

    La pompe est tombée en panne. Quand nous avons levé le couvercle de la pompe, une odeur nous a piqué le nez. J'ai touché le truc en fer en forme de projectile qui était coincé dans la pompe. Il s'est cassé dans la pompe, et celle-ci était remplie d'un liquide noir. Le liquide collait sur mes mains. Et c'est alors que le cauchemard a commencé : j'avais mal au coeur, je vomissais, j'avais les yeux qui n'arrêtait pas de pleurer, j'avais l'impression que ma tête allait exploser, j'ai cru que j'étais en train de mourir.

    Le projectile que ces travailleurs ont découvert est en fait l'un des nombreux objets abandonés par les militaristes japonais après la Guerre. Le liquide qui remplissait ces obus était du gaz moutarde, nom populaire pour une sorte de gaz toxique qui infecte directement les cellules, en causant des inflammations, la nécrose de la peau et des muqueuses. Il pénètre par la peau, les yeux, les bras, les jambes, bref par toutes les parties du corps, endommage irrémédiablement la peau, et conduit à l'empoisonnement total.

    A cause de ce liquide, Li Chen a maintenant des ampoules de toute taille sur la tête, les bras et les jambes. Ces ampoules sont remplies de pus noir. Li Chen est donc obligé d'aller à l'hopital régulièrement. Aujourd'hui encore, il souffre des séquelles : il crache du sang, il a du mal à respirer, et entre les doigts il a des choses ressemblant à des palmures.

    Pourquoi peut-on encore trouver des armes chimiques japonaises datant de la Deuxième Guerre Mondiale ? D'après le Professeur BuPing, avant de capituler, le Japon a enterré et abandonné une foule d'armes chimiques pour cacher ses crimes. Après la guerre, le Japon a très longtemps nié qu'il avait développé et abanbdonné des armes chimiques. Jusqu'en 1991, où sous la pression de la réalité et de l'opinion publique internationale, le Japon a enfin reconnu l'existence de certains des faits.

    Néanmoins, les projectiles toxiques abandonnés par les militaristes japonais demeurent un danger latent. Les tragédies, comme celle Li Chen ne cesse malheureusement pas. En 1946, 4 paysans de DunHua, une ville de la province du JiLin, sont contaminés par un autre projectile toxique abandonné, ils finiront tous mutilés. En 1980, dans la ville de Shuang Cheng de la province du HeiLongjiang, QiZhengbing, qui a également touché imprudement ce genre de projectile, voit sa peau partir en lambeaux.

    L'accident le plus grave a eu lieu le 4 août 2003, à Qiqihaer, une autre ville du HeiLongjiang. Dans un chantier de construction, on a trouvé cinq tonneaux métalliques, dans lesquelles dormaient des gaz moutarde. En évacuant ces gaz toxiques, 44 ouvriers ont été empoisonnés, et l'un d'entre eux est mort. Cette affaire a sucité les vifs mécontentements de tous les milieux chinois contre le fait que le gouvernement japonais décline toujours ses responsabilités historiques. Mais cette fois-là, les choses ont été un peu différentes, puisqu'après plusieurs démarches du gouvernement chinois, les japonais ont accepté de payer 300 millions de yen d'indemnisation pour cette affaire. Wang Cheng âgé de 26 ans, gravement blessé, nous a dit que quand il inspire profondément, il a du mal à continuer de respirer. Il a perdu 10 kg. Bien qu'il ait reçu une indemnisation économique de la part du gouvernement japonais, mais il a l'air perdu quand il pense à l'avenir.

    Quand j'ai reçu cette somme d'argent, ça n'a pas enlevé ma colère. Parce que l'ombre de la blessure restera toujours dans mon coeur. Je devrait toujours aller à l'hôpital pour me faire faire des examens.

    Selon des statisitiques, à ce jour plus de 2000 chinois ont été blessés à cause des armes chimiques abandonnées par l'armée japonaise. En 1997 la Chine et le Japon ont participé à la Convention de l'interdiction des armes chimiques de l'ONU. D'après cette convention, le Japon doit trouver et détruire, avant 2007, toutes les armes chimiques qu'elle a laissées en Chine. Mais ce travail avance lentement.

    Une victime de l'affaire du « 4 août » Mme Niu Haiying a dit au journaliste qu'elle souhaitait du fond du c?ur que le Japon connaisse les douleurs des victimes chinoises à cause des armes chimiques japonaises :

    Nous espérons que les japonais pourront détruire toutes les armes chimiques qu'ils ont abandonnées pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de rendre à la population chinoise le droit de vivre en sécurité.