|
Aujoud'hui, nous vous emmenons à Changsha pour vous y faire découvrir la vie qu'on y mène dans le chef-lieu de la province du Hunan, au sud de la Chine.
La première impression qui se dégage de Changsha, c'est son atmosphère détendue. Le soir de notre arrivée, mes collègues et moi-même avons flâné dans la principale rue piétonne de la ville : la Rue « Huangxing », le long de laquelle on peut voir des statues de bronze représentant d'anciens métiers de l'artisanat et des bancs pour se reposer. Les gens qui se promènent, le plus souvent avec leur chien, ne semblent pas se préoccuper de la pluie fine qui tombe ce jour-là. On dit de Changsha que le temps'écoule plus lentement que dans les grandes métropoles chinoises.
L'une des spécialités de Changsha reste les cures de pieds. On y trouve ainsi plus d'un millier d'établissements du genre dans toute la ville. Les pieds sont plongés dans l'eau chaude à laquelle on y ajoute des plantes médicinales. Puis un masseur vous frictionne les pieds. Cela dure à peu près une heure et coûte en moyenne 50 yuans. Les locaux ont l'habitude d'aller se faire masser les pieds après le travail, entre amis.
Mlle Zhang est masseuse. Elle nous présente son travail :
« Je travaille comme masseuse depuis plus d'un an. Chaque mois, j'ai une centaine de clients environ. Les mois les plus calmes, je tourne autour de 80 clients. Les cures de pieds sont bonnes pour la santé. »
Outre les cures de pieds, on n'a que l'embarras du choix, au niveau des divertissements : bars, cyber-cafés, discothèques et karaokés... le plus souvent bondés jusqu'à l'heure de la fermeture, à 1h ou 2h du matin. Les revenus des habitants de Changsha sont inférieurs à ceux de Beijing. Evidemment, les prix des consommations à Changsha sont proportionnels. M.Yu est de Changsha. Quand on lui demande comment on y passe le temps, il répond :
« Les jeunes filles sont coquettes, branchées. Elles cherchent toujours les vêtements dernier cri. Elle aiment passer leurs soirées dans les bars. Quant aux hommes, ils sont aussi attirés par les grandes marques. Ils aiment aller dans les salons de massage ou à la pêche. »
La cuisine du Hunan fait partie de l'un des huit grands courants culinaires de Chine. Le piment y est omniprésent. Sans doute parce qu'il permet de transpirer et donc de mieux supporter la chaleur humide du climat. « Le doufu puant frit » est l'une des spécialités culinaires de Changsha. De couleur noir, ce plat, comme son nom l'indique, sent très mauvais, mais est délicieux, une fois en bouche. Servi chaud et avec du piment, il est encore meilleur, et ouvre l'appétit. On peut sentir les fumets de ce plat partout dans les rues de Changsha.
Changsha est aussi une ville qui a une longue histoire et une culture riche. Durant la dynastie des Songs, elle était déjà l'un des lieux de la région les plus développés au niveau de la culture et de l'éducation. C'est là que l'école confucéenne « Huxiang » s'est ouverte. C'est là aussi que l'on trouve, aux pieds du Mont Yuelu, l'Ecole « Yuelu », l'une des plus grandes écoles à l'époque dans l'Histoire chinoise. De nombreuses personnalités sont nées à Changsha : des hommes politique des dynasties Ming et Qing comme Wang Fuzhi, Zeng Guofan, Zuo Zongtang et Tan Sitong, des révolutionnaires comme Huang Xin, Cai E, Chen Tianhua Song Jiaoren, etc... qui ont joué un rôle important dans la mise en place de la République. Les principaux fondateurs de la République populaire de Chine comme Mao Zedong et Liu Shaoqi y ont même fait leurs études.
La veille au soir de notre départ, nous avons vu un spectacle au Théâtre « Tian Han », une des attractions touristiques incontournables de la ville. De 21h à minuit, nous avons vu plusieurs numéros : ballet, claquettes, danses et chants folkoriques chinois, chants populaires, opéra de Pékin, dialogue comique, etc... La salle était pleine à craquer : les 1200 places du Théâtre étaient toutes occupées et des sièges supplémentaires ont même dû être ajoutés. Et on n'était pourtant que mardi. Mais cela n'a pas toujours été le cas. En effet, le spectacle d'origine n'avait pas autant de succès auparavant. Le directeur général du Théâtre « Tian Han » nous a expliqué comment il l'a réadapté pour Changsha :
« Ce programme a été lancé le 1er mai 2002. A Beijng, il y avait un spectacle intitulé 'le romantisme dans l'avenir'. Après l'avoir vu, j'ai pensé qu'il pourrait marcher aussi à Changsha, à condition de le rendre moins sérieux pour davantage captiver les spectateurs. On a donc gardé les meilleures parties et on les a adaptées à la culture locale de Changsha. C'est comme ça qu'est né le spectacle actuel. De plus, tous les six mois, on renouvelle le programme dans son ensemble, et on apporte au spectacle des petites modifications une ou deux fois par semaine. »
Notre séjour à Changsha a été de courte durée. Mais nous avons beaucoup aimé la ville, moderne et décontractée à la fois. Les habitants locaux sont à son image : ils profitent de la modernité sans se soucier de ses inconvénients, comme les embouteillages, la pollution ou le stress. Ce sont des gens qui savent profiter de la vie.
|