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    (GMT+08:00) 2005-06-30 09:05:14    
    Les efforts déployés par des artistes chinois et étrangers pour redresser l'opéra de Kunqu

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    Il y a peu de temps, le Groupe de représentation de la province du Jiangsu a investi une grosse somme pour faire appel aux artistes réputés chinois, japonais et sudcoréens et mettre en scène « L'éventail aux fleurs de pêchers », une pièce classique de l'Opéra de Kunqu, dans l'espoir de donner une nouvelle vie à cette vieille forme d'art, et surtout de la réactualiser. 

    L'opéra de Kunqu est l'un des plus anciens opéras locaux chinois, il a une histoire longue de plus de 600 ans. Il se dinstigue par la richesse de son répertoire, l'élégance de ses textes et la beauté de sa danse. L'opéra de Kunqu est une forme d'art très complète qui regroupe le chant, la danse, des dialogues et des mouvements. En outre, l'opéra de Kunqu a toujours exercé une grande influence sur la génèse et le développement de beaucoup d'autres opéras locaux, tels que l'opéra de Beijing, l'opéra du Sichuan, l'opéra de Yue et l'opéra de Huangmeixi. C'est ainsi que l'opéra de Kunqu est considéré par beaucoup comme l'ancêtre de tous les opéras chinois. Hélas, à partir du début du 19ème siècle, l'opéra de Kunqu, s'éloigne peu à peu de la vie au quotidien et s'oriente vers l'esthétique absolu. Ce qui entraine la détérioration de l'opéra de Kunqu. En mai 2001, l'opéra de Kunqu a été le premier à être classé sur la liste du « Patrimoine culturel oral et immatériel » de l'UNESCO. Depuis quatre années se sont écoulées. Les artistes chinois déploient de gros efforts pour protéger cet art qui était encore en voie de disparition il y a peu de temps, et remportent de remarquables succès.

    Dans le milieu artistique chinois, le fait de protéger l'opéra de Kunqu tel qu'il est ou de l'actualiser constitue depuis toujours un important sujet de débat pour les professionnels. Dans le pays natal de l'opéra de Kunqu, la province du Jiangsu, les artistes estiment que l'opéra de Kunqu doit être rénové, mais sur les bases de la tradition. Il n'y a qu'ainsi qu'on peut attirer des spectateurs aujourd'hui, et protéger l'opéra de Kunqu pour qu'il perdure.

    C'est pourquoi, récemment, le Groupe de représentation de la province du Jiangsu s'est mise à répéter une nouvelle version de la pièce « L'Eventail aux fleurs de pêcher ». Pour mettre toutes les chances de son côté et garantir la réussite cette pièce, autrement dit, pour que le public d'aujourd'hui s'y intéresse, le Groupe a fait venir des artistes chinois, japonais et sudcoréens. Nous allons maintenant écouter Gu Xin, le directeur général du Groupe de réprésentation de la province du Jiangsu : « L'opéra de Kunqu est une très vieille forme d'art, s'il n'est pas accepté et aimé par le public d'aujourd'hui, il disparaitra tôt ou tard. C'est pourquoi nous avons décidé de mettre en scène cette nouvelle pièce, comme ça nous pouvons espérer regagner des spectateurs. »

    La Compganie d'opéra de Kunqu est l'une des meilleures institutions relevant du Groupe de représentation de la province du Jiangsu. Ces dernières années, la compagnie a formé une quantité d'artistes talentueux, ce qui lui permet de mettre en scène une myriade de pièces d'opéra de Kunqu, classiques ou modernes. « L'Eventail aux fleurs de pêchers » a d'ailleurs déjà obtenu un grand prix au niveau national.

    « L'Eventail aux fleurs de pêcher » est un chef-d'oeuvre de Kong Shangren, un grand dramaturge chinois du 17ème siècle. Il nous raconte une histoire d'amour entre un lettré et une courtisane. Cette histoire se passe sur fond trouble, car en effet au début du 17ème siècle, la dynastie des Ming s'effrondre.

    Selon Gu Xin, directeur général du Groupe de représentation de la province du Jiangsu, pour donner un aspect neuf à la pièce « l'Eventail aux fleurs de pêcher », son Groupe a investi plus de 6 millions de yuans pour faire venir Yu Guangzhong, un célébre poète taiwanais, Tian Qinxin, une metteuse en scène chinoise très avangardiste, Sohn Jin Chaek, un autre illustre metteur en scène sud-coréen et Emi Wada, une grande styliste japonaise. Gu Xin nous confirme que cette coopération a pour but de chercher une nouvelle forme de représentation pour l'opéra de Kunqu, afin que cette forme d'art puisse s'épanouir en Asie, et pourquoi pas dans le monde.

    En ce qui concerne le théâtre en Chine, Tian Qinxin, est considérée comme l'une des metteuses en scène les plus avangardistes. Nombre des pièces de théâtre qu'elle a mis en scène, comme par exemple « l'Orphelin de la famille Zhou » ou « Scène de vie et de Mort », font ressentir le nouveau souffle dû à la fusion entre le classique et le moderne. Notamment dans le traitement de l'espace sur la scène, elle adopte une méthode très originale. Tian Qinxin estime que l'opéra de Kunqu se caractérise par sa finesse et sa simplicité. Lors de la présente mise en scène, elle gardera ces spécificités pour la pièce « l'Eventail aux fleurs de pêchers », il n'y aura donc pas de changement en ce qui concerne le chant et la représentation. Elle cherche par contre à donner une nouvelle image à l'art du Kunqu sur le plan visuel et plastique. Tian Qinxin s'exprime au micro de RCI : « Cette fois-ci, des artistes asiatiques de poids prennent part à notre création. Personnellement, j'espère réaliser une percée sur le plan visuel, c'est-à-dire essentiellement l'espace scénique et la structure. Nous allons adopter le meilleur de la culture asiatique. Nous nous efforcerons aussi d'aider l'Eventail aux fleurs de pêchers à récupérer ses vieux airs perdus. »

    En tant que l'un des metteurs en scène les plus réputés de Corée du sud, Sohn Jin Chaek s'efforce d'harmoniser la culture classique et la culture moderne sud-coréennes. A propos de sa présente coopération avec ses collègues chinois, il nous confie avec modestie qu'il n'est qu'un élève, il vient en Chine pour se perfectionner. Sohn Jin Chaek explique que lors d'une rencontre entre metteurs en scène de pièces de théâtre, qui s'est tenue en début d'année en Corée du Sud, il a fait la connaissance de Tian Qinxin et a été convaincu par son talent. C'est ainsi qu'il a décidé de venir en Chine pour prendre part à la création de la pièce de l'Opéra de Kunqu « l'Eventail aux fleurs de pêcher », pour étudier avec Tian Qinxin la question qui consiste à hériter d'abord pour recréer ensuite, et surtout pour découvrir quelque chose de tout à fait nouveau. Nous allons maintenant entendre Sohn Jin Chaek :  « Comparé au théâtre moderne, l'opéra de Kunqu est relativement simple. C'est pourtant un art traditionnel très moderne. J'espère donc que grâce aux présents échanges, on pourra trouver des points communs aux art traditionnels coréen et chinois, intégrer la conception de l'art moderne dans la création de l'art du Kunqu et finalement créer une nouvelle vision scénique. »

    Actuellement, on est en train de répéter la nouvelle version de la pièce de l'opéra de Kunqu « L'Eventail aux fleurs de pêcher ». Sa première représentation est prévue pour décembre prochain.

    (Yannine)