Xiao Shu, ce grand peintre chinois est spécialisé dans les paysages : les montages, les rivières et les déserts sont ses sujets de prédilection. Il aime aussi reproduire les grands événements historiques. Xiao Shu a su imposer originalité et tradition auprès des amateurs d'art chinois ou étrangers.
C'est dans son bureau situé au rez-de-chaussée d'une résidence à l'est de Pékin que notre journaliste a rencontré Xiao Shu. Flanquée d'une lourde porte protégée par une grille de fer noir sur laquelle on peut lire en chinois sur une plaque de marbre sculptée, « Bureau de Xiao Shu », la pièce est décorée d'une longue table étroite, de style traditionnel chinois. C'est là que Xiao Shu réalises ses oeuvres. Autour de la table, se dressent plusieurs chaises fabriquées en bois chinois. Et les murs sont couverts de peintures et calligraphies de Xiao Shu. Ces objets paraîtront certainement anodins pour beaucoup, mais ce sont pourtant des antiquités très précieuses, aux dires de Xiao Shu.
Avec ses costumes de style chinois, ses cheveux grisonnants et ses yeux expressifs, M. Xiao nous donne une impression d'élégance presque surnaturelle. Agé aujourd'hui de plus de 70 ans, Xiao Shu est né dans un quartier au sud de Beijing. Il n'a jamais connu ses parents, morts quand il n'était qu'un enfant. Il vit alors avec sa mère adoptive, une brodeuse hors pair. Les scènes folkoriques de Beijing qu'elle reproduit au fil et à l'aiguille inspireront le petit Xiao Shu toute sa vie.
En voyant son goût pour la peinture, la mère adoptive de Xiao Shu lui procure un professeur de peinture chinoise. Les études coûtant trop cher pour les revenus modestes de la famille. Intelligent, le petit Xiao Shu maîtrise très reapidement les techniques de base du dessin. Il se fait artiste de rue pour survivre. Xiao Shu nous évoque cette période :
« A l'époque, on aimait faire des lanternes vénitiennes, donc j'en ai utilisées beaucoup comme supports, puis j'ai dessiné sur des eventails, les mar ques pages etc... C'est comme ça que j'ai fini aux Beaux-arts. »
En effet, Xiao Shu quitte le métier d'artiste de rue et entre un peu plus tard à l'école des Beaux-arts de Beijing. Une fois diplômé, il travaille au musée national de Chine. A ce moment-là, il se consacre aux oeuvres d'arts consacrées à l'Histoire. On peut citer entre autres « perspective de la navigation de Zheng He », la plus célèbre de toutes. Ce dessin nous évoque les exprériences du navigateur chinois Zheng He, durant la dynastie des Ming au 15ème siècle, qui, à la tête d'une flotte, a traversé 7 fois l'Océan Indien et débarqué sur la côte orientale de l'Afrique. M. Xiao nous explique quelles raisons l'ont poussé à choisir ce sujet :
« C'est un grand événement historique. Pour bien le traduire, à part les archives écrites, on a besoin également d'archives illustrées. C'est plus facile à faire accepter. Pour réaliser cette oeuvre, j'y ai consacré plusieurs mois. »
Longue de 13,8 m sur 0,58 m de largeur, il aura fallu à Xiao Shu, de nombreuses recherches historiques, pour peindre cette toile sur laquelle on peut y voir les activités commerciales de la flotte chinoise avec les pays de l'Asie du sud-est.
Dans les années 60, Xiao Shu travaille dans une ferme de la Région autonome du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Et c'est aussi à cette époque qu'il traverse trois fois les déserts à pied. Autant d'expériences qui lui ont permis de forger son propre style. A son retour à Beijing, il dessine une série de paysages naturels du désert. Les chameaux, les costumes et instruments de musique des ethnies du Xinjiang, les montagnes de style rustique... sont ses autres sources d'inspiration. Pu Xiyang est un calligraphe chinois. Il nous dit ce qu'il pense de Xiao Shu :
« M. Xiao est un peintre qui a connu la dureté des déserts. Il a vécu aussi d'autres expériences assez spéciales. Il n'a peint que des déserts et des montagnes enneigées. Ses peintures sont très précieuses. Xiao Shu a un statut particulier dans l'histoire des Beaux-arts de Chine. »
Par leur charme, les oeuvres de Xiao Shu ne peuvent laisser indifférent. Wang Guangjun est un fervent admirateur des peintures de Xiao Shu. Il nous explique l'attrait qu'exercent sur lui les oeuvres de Xiao Shu :
« Pour comprendre les oeuvres de M. Xiao, il faut d'abord le connaître. Il est sincère et confiant. Ses peintures sont à son image. Le caractère surnaturel de ses images me fascine toujours. Ses oeuvres ont une grande portée et une vitalité débordante. Elles reflètent un charme artistique durable et une simplicité antique. »
Xiao Shu a remporté de grand succès dans le milieu des Beaux-arts en Chine. Plusieurs de ses oeuvres ont été offertes à l'étranger. Il a également présenté ses peintures et calligraphies au cours de plusieurs centaines d'expositions en Chine et à l'étranger.
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