Après la publication par sept départements gouvernementaux chinois d'une circulaire conjointe ce mois-ci destiné à stabiliser les prix du logement en Chine, Shanghai et Hangzhou, où les prix du logement ont connu la hausse la plus importante, ont vu leurs prix baisser de plus de 5%.
En revanche, les prix du logement à Beijing n'ont pas évolué. Le prix moyen au mètre carré à Beijing lors d'une récente exposition sur le logement dans la capitale s'élevait à 9 512 yuans (1 146 dollars. En 2004, le prix moyen a atteint 5 005 yuans (600 dollars) par m2, selon les chiffres recueillis par la ville de Beijing.
Il semble que les prix du logement à Beijing n'aient pas été considérablement affectés par la nouvelle politique, a déclaré Yang Qing, secrétaire du conseil d'administration de la Beijing Real Estate Development Company.
"Leur taux de croissance pourrait se ralentir, mais les prix du logement ne reculeront pas dans un avenir proche", a ajouté Yang.
En vertu de cette nouvelle politique, les logements privés qui ont été occupés pendant moins de deux ans après avoir été vendu doivent être taxés selon le prix de vente global du logement. La circulaire a également demandé que les départements administratifs immobiliers locaux fassent connaître les demandes de prix et la superficie des logements avant de donner la permission d'utiliser les terrains, soulignant qu'il fallait réduire les coûts de construction des logements abordables et limiter les profits des constructeurs à 3%.
Yang et d'autres spécialistes ont attribué le maintien de la hausse des prix du logement à la forte demande et à une offre insuffisante.
Au cours des quatre premiers mois de l'année, seulement 7,3 millions de m2 de nouveaux logements ont été fournis sur le marché, en baisse de 30% par rapport à l'année précédente, a déclaré Duan Meiyuan, directeur général de la Beijing Dadi Real Estate Consulting Company.
Beijing compte le plus grand nombre de fonctionnaires d'Etat, d'employés étrangers, de cols blancs, de professeurs, de chercheurs et d'artistes dans le pays. Ceci a causé l'énorme demande de nouveaux logements et la hausse des prix actuels, a précisé Dong Fang, professeur à l'Ecole normale supérieure de Beijing.
Par rapport à Shanghai, les prix du logement de Beijing ont été stables pendant une longue période. Il y a eu beaucoup moins de cas de spéculation dans la capitale chinoise, a relevé Lin Zengjie, de l'Université du Peuple de Chine.
A Shanghai, le prix moyen du logement au m2 au centre et en banlieue a dépassé 10 000 yuans (1 207 dollars) en 2004. Le prix de certains appartements a augmenté de 20% en quelques mois, tandis qu'à Beijing, le prix moyen était de 5 000 yuans au m2 l'année dernière.
Lin a également attribué cette hausse des prix dans la capitale au taux de profit élevé des constructeurs immobiliers. Le taux de profit de l'industrie immobilière de Beijing est supérieur à 15%, mais dans certains pays étrangers, ce taux est limité à 5%, aux dires de Lin.
Malgré des mesures de macro-contrôle prises par le gouvernement central, les hommes d'affaires engagés dans l'industrie immobilière chinoise figurent parmi les groupes les plus riches du pays.
94% des 500 personnes les plus riches en Chine sont issus du secteur immobilier, selon une récente liste rendue publique par le magazine "New Fortune" basé à Guangdong.
Bien que la Chine ait lancé une nouvelle politique visant à stabiliser les prix du logement, ces derniers augmenteront de 5 à 8% cette année, et le taux de croissance de Beijing pourrait dépasser 8%, a conclu le professeur Dong.
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