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Les Africains et les Asiatiques sont de plus en plus animés d'un "désir sincère de renouveler leurs contacts culturels et de créer de nouveaux cadres de réflexion et d'action dans le prolongement des bases posées à Bandung il y a un demi-siècle", a affirmé lors d'une interview accordée vendredi à l'agence de presse Chine Nouvelle, Edem Kodjo, ancien secrétaire général de l'OUA et ancien Premier ministre togolais, à l'occasion de la célébration, du 22 au 23 avril, du 50ème anniversaire de la conférence de Bandung en Indonésie.
"L'Afrique et l'Asie sont deux continents qui ne se sont pas encore exprimés bien qu'ayant été les berceaux de grandes civilisations qui ont enrichi d'autres cultures et d'autres civilisations. Ces deux pôles importants de l'humanité auront au moment venu beaucoup de choses à dire tant sur les plans économique, militaire, culturel, scientifique que spirituel de même que l'ont fait les pays occidentaux d'origine européenne," a indiqué M. Kodjo.
Plus tôt en 1955, les participants à la conférence de Bandung ont déjà compris la nécessité de créer un pont entre l'Asie et l'Afrique. Ils ont étudié le rôle de l'Asie et de l'Afrique et ont examiné les moyens grâce auxquels les peuples des pays représentés peuvent réaliser la coopération économique, culturelle et politique la plus étroite.
Aujourd'hui, "en cette ère de globalisation, la coopération sud-sud constitue pour un petit pays comme le Togo et un continent structurellement fragile comme l'Afrique, un rempart, un impératif et non une option", a souligné l'ancein Premier ministre togolais, avant d'ajouter que la coopération entre les deux continents signifie aussi une solidarité entre les versants les plus prospères de l'humanité et ceux qui fournissent beaucoup d'efforts pour s'éloigner du sous-développement.
"Je pense que si tout ce qui en chantier actuellement est poursuivi avec persévérance, le voeu de la nécessité urgente d'encourager le développement économique de la zone afro-asiatique exprimé à Bandung sera exhausté", a-t-il poursuivi.
Selon M. Kodjo, il n'y a de meilleure proposition que de demander la stimulation de toutes les entreprises déjà en cours, en vue l'établissement du nouveau partenariat stratégique de coopération entre l'Asie et l'Afrique. Egalement, il demande une présence plus active de pays comme la Chine dans la mécanisation de l'agriculture africaine, de pays comme la République de Corée, la Malaisie, l'Inde pour aider l'Afrique à concevoir à moyen terme un plan stratégique d'industrialisation et de fabrication de machines outils.
"Les sphères comme l'hydrologie, les communications, l'informatique, la prise d'images par satellites. Les sources d'énergies renouvelables sont des domaines dans lesquels ces pays ont aujourd'hui accumulé suffisamment d'expériences pour être en mesure d'aider l'Afrique à faire un grand bon en avant", a-t-il dit.
Il faut enfin souhaiter que les deux zones, dans leur développement et leur expansion, ne se neutralisent et ne deviennent des concurrents, ce qui annulerait le dynamisme de ce processus prometteur, a-t-il conclu.
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