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Les représentants de 29 pays d'Asie et d'Afrique ont participé du 18 au 24 avril 1955 à la première Conférence afro-asiatique tenue à Bandung, en Indonésie. Agha Shaan, un diplomate très expérimenté et ancien ministre des Affaires étrangères pakistanais a participé à cette Conférence en tant que secrétaire général de la délégation pakistanaise.
Dans le cadre du 50ème anniversaire de la Conférence de Bandung, notre correspondant au Pakistan Zhao Qiao a rendu visite à M. Shaan et lui a consacré un reportage spécial. Ecoutons maintenant ce sujet sur cette conférence à la signification lointaine.
M. Shaan a plus de 80 ans cette année. Mais, il conserve une grande vivacité d'esprit. Il nous rappelle qu'avant la Conférence de Bandung, beaucoup de pays d'Asie et d'Afrique gagnaient juste leur indépendance. Ces pays avaient la volonté très forte de s'unir et de parler d'une seule voix sur la scène internationale. Ils ont pu s'engager dans cette voie à la première Conférence afro-asiatique qui s'est ouverte le 18 avril 1955 à Bandung.
M. Shaan souligne que la Conférence de Bandung revêt une signification extraordinaire. Pour deux raisons : c'est d'abord la première fois que les pays d'Asie et d'Afrique prennent l'initiative de se réunir sans les pays coloniaux occidentaux, ce qui reflète les aspirations anti-impérialistes de ces peuples afro-asiatiques nouvellement indépendants. Ensuite, la Conférence de Bandung est la première grande scène internationale où est montée la Chine nouvelle. Ecoutons Agha Shaan l'évoquer : « La Conférence de Bandung correspond à la première apparution de la République populaire de Chine sur la scène internationale après sa fondation en 1949. La Chine commençait à être reconnue par les autres pays. Le Premier ministre défunt Zhou Enlai a conduit la délégation chinoise à cette Conférence et il y a prononcé d'importants discours, exposant la politique étrangère de la Chine basée sur les Cinq Principes de co-existence pacifique. Ce qui a suscité de vives réactions. »
Agha Shaan indique que grâce aux efforts déployés par la Chine et la plupart des pays participants, la Conférence de Bandung a adopté le «Communiqué final de la Conférence de Bandung », dans lequel elle a avancé les dix principes pour les relations internationales basés sur les 5 principes de Co-existences pacifiques et pour accélérer la paix et la coopération du monde. Agha Shaan estime que ces dix principes ont jeté de solides bases pour la co-existence pacifique et la coopération entre Etats. Avec toujours autant de vitalité aujourd'hui. Agha Shaan poursuivi à présent :
« Les pays fonctionnent selon des systèmes sociaux différents. Tous doivent règler leurs affaires intérieures selon leur propre situation et les demandes de leur peuple sans aucune ingérence étrangère. Nous devons régler tous les litiges sur la base de la co-existence pacifique et par la négociation pacifique, et éviter d'arriver à une guerre. »
Agha Shaan estime en outre que la Conférence de Bandung a fermement ancré les relations amicales entre la Chine et le Pakistan. Au cours de cette Conférence, le Premier ministre pakistanais de l'époque, M.Mohammad Ali, a eu un entretien cordial avec son homologue chinois Zhou Enlai. C'était le premier contact approfondi entre les dirigeants chinois et pakistanais. Agha Shaan se souvient qu'à ce moment-là, le Pakistan voulait adhérer à l'alliance militaire occidentale. Mohammad Ali a expliqué au Premier ministre Zhou Enlai que le Pakistan voulait ainsi garantir la sécurité de son pays. Et il a assuré que son pays ne participerait jamais à aucune action contre la Chine. Zhou Enlai a aussitôt dit comprendre la position du Pakistan à ce propos. Cela a constitué la base des relations amicale d'entente mutuelle entre la Chine et le Pakistan. Agha Shaan déclare que l'amitié sino-pakistanaise était un exemple en matière de relations amicales entre Etats de différentes idéologies sociales.
Agha Shaan souligne que l'idée maîtresse de la Conférence de Bandung est la lutte contre l'impérialisme, le colonialisme, l'hégémonisme, et la défense du concept d'indépendance autonome, de co-existence pacifique, et de développement en commun. Il explique qu'avec la fin de la guerre froide, la structure mondiale a profondément changé. La structure bi-pôlaire n'existe plus. Les Etats-Unis espèrent établir leur propre pôle unilatéral et pratiquer l'hégémonisme dans l'ensemble du monde. Dans cette circonstance, l'esprit de Bandung n'est pas encore périmé. Au contraire, il doit toujours jouer son rôle. C'est l'avis d'Agha Shaan :
« Autrefois, dans le monde, il y avait deux superpuissances. Maintenant, il n'en reste qu'une. La structure bi-pôlaires est-ouest n'existe plus. Dans cette situation, l'esprit de la Conférence de Bandung doit donner une nouvelle impulsion pour accélérer la multipolarisation, et empêcher l'émergence d'un monde unilatéral, et enfin régler tous les conflits internationaux par la voie pacifique. »
En conclusion, Agha Shaan indique que l'établissement d'un nouvel ordre international doit se baser sur l'esprit de Bandung : à savoir non-ingérence dans les affaires intérieures des pays ; co-existence pacifique en mot d'ordre central, respect mutuel et consultations impartiales sur le plan politique, confiance mutuelle, avantages réciproques et égalité, sur le plan de la sécurité, promotion mutuelle et développement commun sur le plan économique, reconnaissance et respect des différences culturelles sur le plan culturel.
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